PLUMES ET RÉMIGES
gaine membraneuse formée d^uu repli de la peau doublé <le ligaments; ces derniers maintiennent les rémiges ù leurs distances respectives et leur impriment des mouvements d'ensemble dont il sera question plus loin.
Fig, 32. — L'iic ii»mi>fi' d'uis«»au nimeur M'apri-'s l'n'rlitl;.
A la suite du tuyau, la tig(» s'étend en s amincissant jusqu'à l'extrémité de la rémige. Cett<? tige» est courbée en are dont la concavité regarde en bas et on arrière : elle est fornn'*e d'une substance blanche, élastique, renfermée dans un étui corné extréme-
Fîg. 33. — Courliun» dr l.i rôriiig*'. \uc <lc |irolil (d'apn's Pn'-'litri.
ment rigide et de forme quadranguhiire. La face inférieure de la tige présente sur toute sa longueur un sillon ni(>dian, tandis que la face supérieure ou rachis est convexe, (letlt» structure donne à la rémige une soliditi* et une légèreté que nulle autre substance peut-être ne possè<le à un degré semblable.
Sur les côtés de la tiL^c» s'étalent .. .,, ,. , ,. , les fomes', formées de harhrs, minces
lamelles cornées placées <le champ et serrées les unes contre les autres, comme les dents d'un peigne lin.
De chaque barbe se (b'»ta<'hent de pelit(»s franges ou harbulvs qui portent à leur tour des villositr^s mierosc()pi<|ues, les harhelles. Ces aspérités engrenc'es les unes dans l(»s autres font adhérer entre elles les barbes <le la plume. Quand un accidenta froissé le plumage de ses ailes, l'oiseau les frotte avec son bec, pour rétablir les adhérences rompues.
Les deux lames d'une rémige ne sont ni symétriques ni égales : Tune est trois ou quatre fois plus large que Tautre. En outre, les barbes de la lame large sont Implantées sur la tige sous un angle moins aigu que celles de la lame étroite : la somme de ces deux angles équivaut à 90° environ.
Dans chaque rémige, la large lame est tournée en dedans, c'està-dire du côté de Taxe du corps. Quant à l'ensemble des rémiges, il présente l'imbrication des lames d'un éventail. La première rémige, ou rémige externe, est la plus basse de toutes; sa large lame est recouverte par la courte lame de la deuxième rémige et ainsi de suite. Cette disposition donne à l'intervalle de deux rémiges consécutives l'aspect et surtout la fonction d'une soupape qui s'ouvrirait de haut en bas en livrant passage à l'air, tandis que, de bas en haut, cette soupape se fermerait. L'aile, dans son ensemble, serait donc perméable à l'air quand elle s'élève, imperméable quand elle s'abaisse.
Beaucoup d'auteurs ont donné à ce jeu de soupapes un rôle capital dans le mécanisme du vol.
Maurand* a développé cette théorie en l'appuyant sur quelques expériences. D'autre part, un grand nombre d'aviateurs ont proposé ou réalisé une disposition analogue dans la construction d'ailes artificielles. On verra plus loin dans quelles circonstances se produisent ces mouvements individuels des rémiges de l'oiseau.
§ 45. Classification des rémiges. — Les rémiges sont de trois sortes, suivant le segment de l'aile dont elles font partie.
Les rémiges prhnaires s'attachent à la main et forment le fouet de l'aile ; les secondaires ou cubitales occupent toute la longueur de l'avant-bras et s'implantent sur le bord externe du cubitus auquel elles laissent ordinairement des empreintes. Sur beaucoup de squelettes d'oiseaux, ces empreintes permettent de déterminer le nombre des rémiges que portait le cubitus.
Enfin les rémiges tertiaires s'échelonnent du coude aux flancs, en s'implantant sur la membrane axillaire.