‹ Physiologie du mouvement. vol des oiseauxChapitre 22 sur 123 · Maurand, VAéronautey 1870, p · texte numérisé non relu

Maurand, VAéronautey 1870, p

PLUMES ET RËMIGES. fCt

Les rémiges primaires sont au nombre de 10, t>n {;r>i)éral; elles décroissent de longueur, ù partir ilv l'cxtri>mit«> de l'aile. Cette règle présente toutefois des exceplious : vlicz rorluins oiseaax, la rémige la plus longue est la première illirandelle de mer], chez d'autres c'est la seconde (Kaucon). la troisième (Engoulevent), laquBtriènie(Buse)ou même la rinqiiièmo (Goni'. Cela crée des difTérenees dans la forme des tiiles, dont I extrémité est tantôt pointue comme dans le Faucon, tantôt arrondie et obtuse comme chez les grands foiliers.

§ 46. HoQTementB des rémiges. — Suivant <pii- la main s'ouvre on se ferme, les rémiges primaires s'étalent ou se rosM>rrent et ces mouvements à leur tour sont solidaires de l'extension ou delaOexion des dîtrérenls rayons de l'nile.

Quand l'aile s'étend, la main, tirée par le muscle petit |ki1 maire. se courbe dans son ensemble, de telle sorte <|ue son bord posté-

rieur, sur lequel les rémiges sunl implantées, prend la l'ornu' ronvexe.Les rémiges primaires s'étaient aloi'sen rayonnant et s'écartent les unes des autres, autant une le pormcttrnl k's li^'ameuts qui règlent les dislances respectives de ces pUimes. (^)uimd l'aili; se reploie (fig. 3"»), la main se flérbit sur Tavaul-brHs et en même temps son bord postérieur devient concave. L'ufïet de ce cliun-

gement de courbure est de rapprocher les rémiges les unes des autres, jusqu'à ce que leurs tuyaux se touchent entre eux. Le fouet de Taile est alors fermé au maximum; cet effet se produit automatiquement par le retrait de certains ligaments élastiques dont nous aurons à parler.

Les rémiges secondaires ont aussi des mouvements, suivant que Taile se ploie ou se déploie. Dans le premier cas, elles glissent les unes sur les autres et se couchent obliquement le long du cubitus. Dans le déploiement, au contraire, elles s'étalent en se redressant sur le cubitus auquel elles deviennent presque perpendiculaires, quand Taile est complètement étendue.

Outre les glissements que nous venons de décrire, les rémiges ont encore la faculté de pivoter sur leur pointe. Ce mouvement change Torientation des lames et, suivant le sens dans lequel il se fait, produit soit l'ouverture soit la clôture des fentes en forme de soupapes que laissent entre elles les rémiges.

§ 47. Association des mouvements des rémiges avec la flexion et Textension de Taile. — Soit que Faile s'ouvre ou qu'elle se ferme, chaque rémige doit prendre sa place sans retard. Il y a, dans le déploiement comme dans le reploiement de l'aile, une série d'actes associés qui doivent s'exécuter avec une précision parfaite. Si des muscles spéciaux présidaient à chacun de ces actes, la bonne exécution de ces mouvements d'ensemble exigerait une admirable harmonie dans les actions musculaires. La Nature, dans les cas de ce genre, procède autrement : elle assure la coordination des mouvements, en la soustravant à l'action des muscles volontaires, et en la confiant à des ligaments élastiques toujours prêts à agir avec ensemble, aussitôt que le relâchement musculaire leur permet d'entrer en jeu.

§ 48. Ligaments élastiques des rémiges. — Peu d'auteurs ont étudié l'anatomie de ces ligaments. C'est à Pettigrew*, Alix S

1. Pettigrew, On t/ie Physiology of Wings (Transact. of the Roy. soc. of Kdinburgh, 1871).

2. Alix, Essai sur V appareil locomoteur dts oiseaux^ 1874. Paris, G. Masson.

PLUMES ET REMIGES. 67

Robin et Chabry* qu on en doit la desrription: encon*. ces anatomistes sont-ib divisés sur certains points de la structure de ces organes.

Pour donner une idée de la fonction des ligaments élastiques des rémiges, reportons-nous aux di^tails de la construction d un éventail, où 1 on a cherctié visiblement à imiter la structure de Taile. Au-dessus de 1 articulation des lames <le l'éventail, et àlorig^e de cbacune d elles, règne un ruban qui. adhérant à toutes les lames, les rend solidaires et en limite Técartement dans le déploiement complet. En outre, ce ruhan commande tour à tour le mouvement de chacune des lames. En etîet. si on écarte la première, dès que la partie du ruliaii qui l'unit «à la seconde est tendue, cette seconde lame suit le mouvement, puis tend la partie du ruban qui s attache à la troisièuie lame, celle-ci est entraînée k son tour, et ainsi de suite, jusqu'à la Jeniière: Téventail est alors entièrement ouvert.

Mais le ruban nest pas élastique: il agit successtremrnt sur la série des lames. Imaginons à sa place un lien de caoutchouc : le déplacement de la première lame se transmettra presque inniiédiatement à toutes les autres, et celles-ci s'écarteront toutes à la fois, de quantités croissantes, jusqu'à extension complète du caoutchouc. C'est par un mécanisme de ce giMire que se produit la solidarité des rémiges sous l'iniluencedu ligament qui en réunit les tuyaux.

Sur le bord postérieur de Taili?, n'^gno une première hande de tissu fibro-élastique percée d'une série de trous dans chacun desquels s'engage la pointe d'une rémige. C/est un mode d'implantation flexible, destiné à permettre les mouvements de chacune de ces plumes.

Parallèlement à ce ligament, on en trouve un second (jui règncî anssi tout le long de laile, faisant suite, du coté du corps, au tendon du muscle tenseur de la mcMiihrane axillaire et se perdant, par Tautre bout, dans le périoste de la main. Ce liga-

1. Robin etCliabry, OrgmiPr^ élastiqurs de Vaik des oiseaux (Journ. (!<» Tanat. et de laphysiol., p. 21il, 1884).

ment court sur la face inférieure ou palmaire des tuyaux dos rémiges, vers le milieu de leur longueur, et contracte des adhérences avec chacun d'eux. Dans la flexion de l'aile, ce ligament revient sur lui-même par son élasticité et, entraînant toutes les rémiges secondaires, les couche le long du cubitus. Mais, dans l'extension, la main qui s'ouvre et dont le périoste adhère à l'extrémité du ligament exerce sur celui-ci une traction qui se transmet simultanément à toute la série des rémiges cubitales et qui, d'inclinées qu'elles étaient, les redresse perpendiculairement à l'os sur lequel elles sont implantées. Les rémiges cubitales et les rémiges palmaires s'étalent de cette façon, pour former par leur ensemble la surface destinée à prendre son point d'appui sur lair.

Tout cela, avons-nous dit, s'accomplit automatiquement, sans intervention musculaire. Sur l'oiseau mort, on peut observer ces mouvements des rémiges, en ouvrant et fermant tour à tour les articulations de l'aile. On voit en outre que, dans la flexion de l'aile, les rémiges sont séparées les unes des autres en lames de persiennes, tandis que, sur l'aile étendue, ces plumes sont accolées entre elles, la courte lame de chacune s'appliquant avec force sur la large lame de la suivante. Un pivotement de la rémige s'est donc produit pendant les mouvements d extension et de flexion de l'aile. Ce pivotement, indépendant de toute action musculaire, est encore dû au ligament élastique dont nous allons compléter la description.

Quand on dissèque la face inférieure de l'aile d'un grand oiseau, d'un Cygne par exemple, on voit (fig. 36) que le ligament élastique envoie au tuyau de chaque rémige deux expansions obliques orientées en sens inverse l'une de l'autre. De ces deux bandelettes, l'une dirigée vers la racine de la plume contourne en partie le tuyau et y prend adhérence par son extrémité; l'autre, dirigée vers l'extrémité libre de la plume, contourne le tuyau en sens contraire et y adhère aussi.

A l'inspection de la figure, on comprend que si le ligament est tiré dans un sens, l'une des séries d'expansions obliques sera tendue et l'autre détendue. En tirant le ligament en sens

PLl'MES ET UEMniES.

contraire, on tendra les expansions (>l)li(|iies ([ui étaient detemlues tout à rheure, et inversement on détendra les autres. Or, eonune ces expansions contournent le tuyau de la n'Mnijre, elles «nit nécessairement pour effet de faire tourner eette plume sur son axe. Le sens de cette rotation changera suivant que le ligament sera tiré en dedans ou en dehors. Ainsi, dans le déploiement de Taile, la traction exercée par la main de Toiseau sur le ligament élastique fera pivoter les rémiges dans un sens; dans le reploiement de Taile, au contraire, le ligament élastique revenant sur lui-même fera pivoter les rémiges en scmis inverse.

Il est très important, pour rinlerprétation des phénomènes du vol, de savoir exaclemenl dans quel sens pivotent les réinijres/ suivant (|ue l'aile se déploie ou se reploie. D'après Pelti^nTW, le sens di» cette rotation est h» suivant : quand Taile se reploie, les n''mij::es se séparent les unes des autres et laissenl entre elles des inlervîilles qui livrent passage à Tair; dans le déploiement iliî l'aile au coniraire, les rémiges s'accoJent entre elles. Ce qu'on observe (mi maniant Taile dun oiseau mort concorde avec la tln^orii» de Petti^rew.

Mais tous les anatomistes ne s'accordent pas sur le sens de la rotation des rémiges. Alix soutient l'opinion coniraire à C(»ll(» de Pettigrew; quant à Kohin et (lliabrx , ils se boriKMil à (b'crire ces ligaments, sans en rechercher la fonction. Il est du reste f(»rl difficile, sur la plupart des espèces d'oiseaux, de se rendre compte par la dissection du rôle des lifiaments élasti(|ues; mais on verra que certaines expériences permettent de surprendri; le moih^ d'action de ces organes.

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