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CHAPITRE Vin

DU COUP D'AILE

Torsion de Taile sous Tinfluence de la résistance de Tair. — Inscription de cette torsion dans ses rapports avec les différentes phases d'un battement d'aile. — Figure représentant Finclinaison de Taile aux divers points de sa trajectoire. — Des réactions verticales que le coup d'aile imprime au corps de l'oiseau; caractères de ces réactions dans les différentes espèces. — Rapport des oscillations verticales avec les phases du battement de l'aile. — Variations de la vitesse de l'oiseau aux différentes phases du battement des ailes. — Résumé des applications de la méthode graphique à l'analyse des phénomènes du vol.

§ 78. Torsion de Taile sous rinfluence de la résistance de Tair. — Quand Taile qui descend rencontre la résistance de Tair, cette résistance a pour effet de changer la courbure des rémiges et de tordre la surface de Faile. Prechtl a montré l'utilité de cette élasticité des rémiges qui emmagasinent, à la façon d'un ressort, une partie du travail moteur dépensé dans le coup d'aile, et restituent ensuite ce travail en reprenant leur forme première*.

Si les mouvements que l'aile décrit dans Tair, à chacun de ses battements, étaient parfaitement connus, il serait peut-être possible de prévoir à quel moment se produisent les changements de courbure des rémiges, les torsions et les détorsions de l'aile, mais, dans Tétat encore imparfait de nos connaissances, il vaut mieux déterminer expérimentalement les différentes flexions de l'aile par l'effet de la résistance de l'air.

1. C'est toujours par l'action de tissus élastiques que l'organisme utilise les forces motrices, essentiellement intermittentes, qui sont engendrées dans le tissu musculaire. On trouve dans la circulation du sang d'intéressantes applications de ce principe.

il4 LE VOL DES OISEAUX.

phase descendante se porte en arrière avant de remonter, et que ce mouvement rétrograde est l'acte le plus rapide du battement d'ailes^ car les points dont est formée la trajectoire sont plus espacés en cet endroit que partout ailleurs.

Cette rétrogradation de Thumérus tient probablement, en grande partie, à une flexion du coude qui précède la remontée de Taile.

§ 77. La forme de la trajectoire est sensiblement elliptique^ ainsi que d'Esterno et Straus-Durckheim Favaient supposé § 21 ; mais rinclinaison du grand axe de cette ellipse n'est point en bas et en arrière comme le croyait d'Esterno ; elle se dirige au contraire en bas et en avant; enfin, elle s'approche beaucoup plus de l'horizontalité que ne le pensait Straus-Durckheim.

La trajectoire qui vient d'être représentée se rapporte non pas à un point de l'espace, mais à un point du corps de l'oiseau, au centre de mouvement de la tète humérale*.

1. Dans Texpérience faite sur la Buse, c'est Taile bâtarde dont on a déterminé la trajectoire ; sur le Pifçeon, c'est l'extrémité inférieure de l'humérus. Abstraction faite des différences que présente le type du vol chez des oiseaux d'espèces différentes, le fait, pour les deux trajectoires, d'avoir été prises sur deux parties différentes de l'aile doit leur donner des formes dissemblables. Dans la flexion de l'aile, en effet, le coude se porte en arrière, tandis que le carpe et l'aile bâtarde se portent en avant. On voit par là que la connaissance des mouvements d'un point du squelette ne renseigne que bien imparfaitement sur les mouvements de l'aile, ce qui montre l'importance de recourir à des méthodes donnant une notion plus complète des mouvements de l'oiseau. Il sera question de ces méthodes au chapitre prochain.

La figure 61, obtenue sur une Buse, se rapproche davantage du cercle, mais c'est encore une sorte d'ellipse dont le grand axe, dirigé aussi en bas et en avant, est toutefois très voisin de Thorizontalité.

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