DÉTERHINATION GRAPHIQUE DES MOUVEMENTS DE L'AILE
une plume, les mouvements qui tracent une lettre ou un mot, cette lettre ou ce mot sont inscrits par le levier récepteur. La pointe du levier traceur décrit, autour d'un joint de Cardan
vis. SI.
comme centre, des figures qui ne sont inscriptiblos qu'à la surface d'une sphère creuse ayant pour rayon la longueur du levier. Une disposition sp<5cialc', qui permet au levier de petits chan-
I. La solution la plus simple consiste à terminer le levier traceur paru» ressort qui sert de pointe écrivante. La lifjure iii représente, au bout du le-
vier, le ressort en question: il est large à sa Lase, alin de résister à toute tendance aux déviations latérales sous l'inlluence des frotlemenls. Celte
^^^B 108 I,E VOL DES OISEAUX. ~ ^^^^ ^^^M gements de longueur, rend la trajectoire inscrjptible 5ur uiiu ^^^1 surface pliiin.'.
^^H g 74. Trajectoire qu'un point de l'aile d'une Buse décrit au- ^^^1 tour de l'articulation de l'épaule. — Four adaptor sur l'oiseau ^^^1 les lieux tambours rectaiigulairement conjugués sur lesquels ^^^H agit le levier explorateur, ou a disposé ces pièces sur un léger ^^^P bâii de bois qu'une sorte de corset fixait sur le dos de l'oiseau. ^^^1 Les deux tubes de caoutchouc servant à la transmission peu- ^^^1 datent librement et accompagnaient l'oiseau dans son vol. ^^^1 Uno forte Buse adulte fut munie de cet appareil et. dans un ^^^H vol d'une dizaine de mètres, donna la iigure 'V.i. Lu h-ajectoire de
^^^^ d'uni! InuiiLilinn
^^^H l'aile a éié recueillie sur une plaque enfumée, animée d'un ^^^B mouvement de translation uniforme, afin que les courbes suc- ^^V cessives ne se confondent pas entre elles.
^^^^ base est implanl^o sur une pièce coudée faite d'aluminium creiii et dont on ^^^H comprend la fonction. Supposons que le levier s'élève et prenne la position ^^^1 indiquée par une ligne ponctuée, sa pointe écrivante, grâce à l'élasticité ^^^1 du ressort, garde son contact avec la glace qui reçoit le tracé. ^^^P 1. Il était asseï dirilcile de fixer à l'aile le levier du pantographe explora- ^^V leur et de le rendre solidaire de tous les mouvements qu'elle exécute. C'est ^^M à l'aile bâtarde (§11) que j'ai flïé ce levier; mais comme ce point s'approche ^^H ou s'éloigne de l'épaule suivant que l'aile se plie ou s'étend, il a fallu laisser ^^H b ces mouvements la liberté de se produire. Pour cela, une pince de métal ^^H Tixëe à l'aile bâtarde portait un anneau dans lequel passait le levier explo- ^^H rateur. Enfin, comme ce levier, pour ne pas altérer la forme du mouve- ^^^t nient, devait être parallèle au rayon du membre, j'ai dû recourir à un ^^B parallélogramme articulé dont on trouvera la description et la figure {Jf(i- ^H chim animote, p. 250).
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Si Ton tient compte du déplacement de la glace qui recevait le tracé, on trouve qu'à chacun de ses battements, Taile suivait une trajectoire à peu près elliptique. On a pu, du reste, s'en assurer en recueillant les tracés sur une glace immobile.
§ 75. Inscriptions séparées des oscillations des ailes dans le sens vertical et dans le sens horizontal ; reconstitution de la trajectoire au moyen des deux courbes ainsi obtenues. — Sur des oiseaux de petite taille, il n'est guère possible d'établir
Fig. 54. — Pigeon attelé au manège et muni de tamboun ù transmission reetungulairement
conjugués.
un appareil aussi volumieux que le pantographe dont il vient d'être question. Une autre disposition (fig. S4) m'a permis d'obtenir la trajectoire de laile en inscrivant simultanément, d'une part, ses mouvements verticaux avec un premier style, et d'autre part, avec un second style, les mouvements qu'elle exécute dans le sensantéro-postérieur. La combinaison de ces deux courbes recueillies séparément reconstitue la trajectoire de l'aile de loiseau. Le point de l'aile que j'ai choisi dans cette expérience, pour en déterminer les mouvements, était l'extrémité de l'humérus qui avoisino l'articulation du coude. Deux fils, l'un vertical et
l'autre horizontal, sont attachés solidement à l'os qu'ils contournent, et se rendent chacun aulevier d'un tambour explorateur. Les mouvements sont transmis, par des tubes à air, aux deux tambours enregistreurs dont les styles {fig. 53) tracent l'un audessus de l'autre.
Les tambours explorateurs doivent être solidement établis à une distance constante de l'oiseau ; ils doivent, en outre, accompagner celui-ci dans son vol.
Ici intervient le procédé, déjà mentionné, d'attelage de l'oiseau au bras d'un léger manège qu'il fera tourner en volant. Ce bras de manège porte une sorte d'ellipse de métal EEE (fig. 5i), suspendue élastiquement. Un corset rigide, destiné à maintenir l'oiseau tout en laissant à ses ailes la liberté de leur mouvement, est fixé à l'are inférieur de cette ellipse sur laquelle sont solidement établis les deux tambours.
Le tambour 1 reçoit les fils qui transmettent les mouvements des ailes dans le sens vertical; d'autres fils communiquent au tambour 2 les mouvements que l'humérus exécute dans le plan horizontal. Enfin des tubes à air, partant des deux tam-
DETEKMINATION GRAPIUQUE DES MOUVEMENTS DE L'AILE. lll boiirs explorateurs et suivant l'es hvas du manège, envoient I tous ces mouvements aux appareiU iuscripteurs. Cc^s derniers I sout piact's au centre du sysième (fig. 55) et tournent avec lui. Quand l'oiseau ainsi attelé a pris sonvot et entraine te manège dans son mouvement tournant, l'opérateur, par la simple compression d'une poire en caoutchouc, amène les leviers traceurs en contact avec le cj'lindre ; alors les courbes s
Ces courbes ont été reportées (fig. ."Gi sur un papier (juadrillé, afin d'en faciliter l'i^tude.
On voit, au premier coup d'œil, que les mouvements de l'humérus sont beaucoup moins étendus dans le sens vertical que d'avant en arri(>re, ainsi qu'on pouvait déjà le présumer d'après la couturmation de la lète humérale. Au point de vue de la durée, lu phase d'arrière en avant et celle d'abaissement sont plus longues que leurs contraires.
Mais c'est en combinant les deux courbes qu'on ohtieni le renseignement le plus important, la trajectoire de reslrémilà cubitale de l'humérus, pendant un battement complet.
I. Pour le (Iiïtail lies appareils et des expériences, voir Marey, Vol des intectet et lien oiseaux. Anti. des sciences naturelles, 1869, t. XII, et Bibliothèque des Itautes-Ëtude^, 1871.
phase descendante se porte en arrière avant de remonter, et que ce mouvement rétrograde est l'acte le plus rapide du battement d'ailes^ car les points dont est formée la trajectoire sont plus espacés en cet endroit que partout ailleurs.
Cette rétrogradation de Thumérus tient probablement, en grande partie, à une flexion du coude qui précède la remontée de l'aile.
§ 77. La forme de la trajectoire est setisiblement elliptique^ ainsi que d'Esterno et Straus-Durckheim l'avaient supposé § 21 ; mais l'inclinaison du grand axe de cette ellipse n'est point en bas et en arrière comme le croyait d'Esterno ; elle se dirige au contraire en bas et en avant; enfin, elle s'approche beaucoup plus de l'horizontalité que ne le pensait Straus-Durckheim.
La trajectoire qui vient d'être représentée se rapporte non pas à un point de l'espace, mais à un point du corps de l'oiseau, au centre de mouvement de la tête humérale*.
1. Dans Texpérience faite sur la Buse, c'est Faile bâtarde dont on a déterminé la trajectoire ; sur le Pigeon, c*est Textrémité inférieure de Thumérus. Abstraction faite des différences que présente le type du vol chez des oiseaux d'espèces différentes, le fait, pour les deux trajectoires, d'avoir été prises sur deux parties différentes de l'aile doit leur donner des formes dissemblables. Dans la flexion de Taile, en effet, le coude se porte en arrière, tandis que le carpe et l'aile bâtarde se portent en avant. On voit par là que la connaissance des mouvements d'un point du squelette ne renseigne que bien imparfaitement sur les mouvements de Taile, ce qui montre l'importance de recourir à des méthodes donnant une notion plus complète des mouvements de l'oiseau. Il sera question de ces méthodes au chapitre prochain.
La figure 61, obtenue sur une Buse, se rapproche davantage du cercle, mais c'est encore une sorte d'ellipse dont le grand axe, dirigé aussi en bas et en avant, est toutefois très voisin de l'horizontalité.