‹ Physiologie du mouvement. vol des oiseauxChapitre 44 sur 123 · EXPLICATION DBS IMAGES CONTENUES DANS LA FIGURE · texte numérisé non relu

EXPLICATION DBS IMAGES CONTENUES DANS LA FIGURE

Le» silhouettes ont été groupées le plus souvent en séries représentant les attitudes des difTérentes espèces d'oiseau dans Tordre de leur succession naturelle.

Hibou» — En bas de la page, H* représente un Hibou au moment où il commence à abaisser les ailes; H^ et H" montrent des phases de plus en plusarancées de l'abaissement; H* les représente les ailes relevées. La forme sphérique de la tête de l'oiseau en rend la silhouette difficilement intelligible au premier abord ; une autre cause d'obscurité est l'inclioaison oblique du corps de l'oiseau.

Faisan argenté P. — Il est représenté au moment de l'essor et au milieu de l'abaissement de ses ailes ; l'oiseau est également orienté un peu obliquement.

Pigeon. — P> montre la fin de l'abaissement des ailes ; PS, le début de cet abaissement. L'animal représenté en P* est un Pigeon Montauban : cette espèce vole très mal ; p*. Pigeon paon tu obliquement au milieu de l'abaissement de ses ailes ; p^, le même à la fin de l'abaissement.

Mouette. — M représente une Mouette volant horixontalement à une faible hauteur. Les positions 1, 2, 3, 4, 5, correspondent à des degrés successifs de l'abaissement des ailes ; M6 est une Mouette planant et vue d'en haut; M?, Mouette vue obliquement dans un temps du vol plaué; M*, Mouette au début de l'abaissement des ailes.

Bécassine, — Bt et B^, Toiseau est vu presque de face ; B', l'oiseau est vu de côté et par dessous à la fin de l'élévation des ailes ; B^ BS, il se laisse glisser sur l'air avec les ailes demi-fléchies.

Grive. — G*, l'oiseau vu de dessous au début de l'abaissement des ailes ; G^, il tient ses ailes serrées et se lance comme un projectile jusqu'à un nouveau coup d'ailes.

Émouchet. — Planant presque immobile, le bec tourné contre le vent, l'oiseau reste en place sans coups d'ailes. C'est ce qu'on nomme aussi vol stationnai re. 11 semble que des courants d'air ascendants soient nécessaires pour ce genre de vol.

Canard. — G* C*, divers degrés de l'élévation de l'aile; C3, fin de l'abaissement.

Chauve-souris. •— Ch<, milieu de l'élévation de l'aile; l'animal est vu par dessous; ChS, fin de l'abaissement des ailes, vu d'arrière ; Ch^, début de l'élévation des ailes ; l'animal représenté avait perdu une partie de sa membrane inter-digitale du côté gauche ; l'avant-bras dénudé imprimait des mouvements étendus à la main encore pourvue de ses membranes.

très détaillées et très instructives. Les figures 69 et 70 sont obtenues au moyen des pellicules Balagny*.

-On peut reprocher avec raison aux images des fusils photographiques de ne donner que les attitudes de Toiseau et leur succession, mais de ne pas exprimer les positions de Toiseau dans l'espace, ni la vitesse de sa translation. En effet, par cela même qu'on suit Toiseau dans son vol en le visant comme ferait un chasseur, chacune des images doit se trouver au centre du petit compartiment qui lui est réservé sur la plaque sensible, et d'autant plus exactement dans ce centre que la visée a été plus juste*.

En outre, les images données par le fusil ne dépassant pas le nombre de 11 à 12 par seconde, sont insuffisantes pour exprimer les phases successives d'une révolution de l'aile. Sur le Goéland qui ne donne que 3 1/2 battements d'ailes par seconde en plein vol, on obtient, il est vrai, quatre attitudes différentes dans une révolution de l'aile ; mais sur les oiseaux dont les battements d ailes sont plus rapides, le nombre des attitudes est trop restreint. Il faut alors recourir à d'autres applications de la photographie.

1. Ces pellicules agglutinées par leur face non sensible sur des disques d'ébonile, puis taillées circulairement avec des ciseaux, s'introduisent dans le fusil à la façon des glaces sur lesquelles elles présentent plusieurs avantages : d'abord leur extrême sensibilité, puis leur légèreté qui fait que la pellicule et son support ont environ deux fois moins de masse que les glaces de la même dimension. Il s'en suit une plus grande rapidité dans la rotation de la plaque et Ton obtient ainsi un plus grand nombre d'images dans un battement d'ailes.

2. J'ai récemment construit un fusil ne donnant qu'une seule image, mais avec un objectif assez puissant pour que le temps de pose soit réductible au minimum. On obtient ainsi des images isolées, mais bien modelées et assez grandes pour qu'on y puisse saisir tous les détails de l'attitude de l'oiseau représenté. C'est sous cette forme que la photographie instantanée semble le mieux applicable à la détermination des attitudes que prennent les animaux à différents instants de leurs mouvements. Et c'est avec un instrument de ce genre qu'on aurait le plus de chances de recueillir des renseignements curieux sur le vol d'oiseaux qu'on ne peut pas élever en captivité.

Sur le même principe que le fusil photographique, je viens de réaliser un appareil qui donne jusqu'à 50 images distinctes par seconde et dont il sera question au chapitre prochain.

§ 90. Des photographies sur champ obscur. — Si un objet vivement éclairé est placé devant un fond obscur, et qu'on en prenne Timagc photographique, le moindre mouvement de l'objet pendant le temps de pose déforme Timage ; si le mouvement est étendu, Ton obtient sur la glace sensible une traînée plus ou moins longue qui reproduit fidèlement le trajet suivi par le corps lumineux. Réduisons à un point brillant le corps dont nous voulons avoir la trajectoire; celle-ci s'inscrira sur la plaque sensible sous la forme d'une courbe très pure qui reproduira les [)lus délicates inflexions du point brillant.

On conçoit que cette inscription ne puisse se faire que devant un champ absolument noir, de façon que la plaque photographique ne reçoive d'autre impression que celle du point brillant et garde toute sa sensibilité dans les parties que devra successivement parcourir l'image de ce point pendant son trajet. Or, toute surface noire émet encore une certaine quantité de lumière qui suffît, quand la pose est longue, pour voiler l'image obtenue. (Ihevreul a donné le moyen d'obtenir le noir absolu^ Tobscurité parfaite, en prenant une caisse percée d'un trou et noircie intérieurement. La lumière qui tombe sur la petite ouverture de la caisse n'étant plus réfléchie au dehors, cette ouverture est d'un noir intense à côté duquel tous les corps matériels, le velours noir lui-même, paraissent colorés, ce qui prouve qu'ils réfléchissent encore certains rayons lumineux.

Je me suis approché autant que possible des conditions signalées par Chevreul en construisant un hangar profond, noirci intérieurement, et tapissé au fond de velours noir. L'ouverture de ce hangar peut être plus ou moins rétrécie au moyen de rideaux et laisse un champ d'autant plus obscur qu'elle est plus étroite.

De petites boules de verre argenté, des boutons ou des tiges de métal poli sont les meilleurs objets à employer pour avoir

des trajecloircs bien iieltcs ; ou ies lixp sur le corps donl on veuJ connaître ]<• mouvement'.

ij 91. Photographies des trajectoires. — Une tlorneille noir fui munie au boul de Tuile, il'une petite bande de papier blanCj recourbée en anse et fortemt^nt lir?e à l'extrémité de la prï mière rémige. On fit voler l'oispau devant le champ obscur^

un appareil photoffraphique ordinaire fut tenu ouvert pendant cinq battements d'ailes de l'oiseau. La ligure 72 ainsi obtenue est la trajectoire du morceau de papier blanc attaché au bout de l'aile. Quant k l'oiseau lui-même, sa couleur noire le rendait invisible. La Irajoctoire de l'extrémité de l'aile de la Corneille se lit de droite à gauche, l'oiseau volait dans ce sens. On recon- ■ naît la périodicité des mouvements de l'aile et l'on voit qu'à partir de l'origine du vol, l'intervalle qui sépare deux retours périodiques d'un même mouvement va toujours en s'alloili géant, par suite de l'accroissement de la vitesse moyenne i l'oiseau.

La courbe décrite pur l'extrémité de l'aile de la Corneille diffèï sensiblemeat de celles que nous ont données, § 79 et § 75, l'a

1. H. L. Soret de Genève a modifié cette méthode eu employant com rorps lumineux de petites lampes â incandescence et en opérant la niijû

bâtarde de la Buse et l'oxlr<!^milé iiit^rioiiro do riuunérus du Pigeon. Outre les différences qui peuvent tenir au genre du vol de la Corneille, nous savons que la trajectoire du bout d'une rémige doit être différente de celle des autres parties de l'aile.

Un caractère commun à toutes les trajectoires que nous avons représentées, c'est qu'elles montrent Taîle se portant en avant dans sa phase d'abaissement. De petites flèches indiquent le sens du mouvement pendant toute la durée du premier coup d'aile.

On voit qu'arrivée au bas de sa course, la pointe de l'aile remonte en formant une petite boucle et en croisant, pendant im instant, le chemin qu'elle a suivi dans la descente.

Ce trajet assez compliqué, surtout quand le mouvement de translation générale s'accentue, n'est pas constant d'une expérience à l'autre, sur un même oiseau. Il n'est guère possible pour le moment d'en tirer grand parti pour l'explication du mécanisme du vol; mais plus tard, ces inflexions diverses prendront un sens, quand on aura vu les effets de la résistance de l'air.

Ce genre d'inscription photographique indique tous les points de l'espace que le bout de l'aile a parcourus, mais il n'exprime pas à quels moments l'aile a passé par ces points. En d'autres termes, la courbe qu'on vient de voir n'exprime que des relations d'espaces et non des relations de temps; elle ne fait connaître qu'une partie des éléments du mouvement. La photochronographie donne à elle seule l'expression complète du mouvement.

§ 92. De la photochronographie. — Pour introduire la notion de temps dans la trajectoire photographique d'un point lumineux qui se meut devant un champ obscur, il suffit de produire, à des intervalles de temps égaux entre eux et aussi courts (jue possible, des interruptions dans l'arrivée de la lumière à l'intérieur de l'appareil photographique, (^s éclipses successives se traduisent par des interruptions de la courbe, et celle-ci apparaît formée de points ou de traits juxtaposés, selon la vitesse du mouvement. La figure X\ représente une boule blanche qu'on a lancée devant le cbamp noir et qui décrit dans l'air sa Irajec-

LB VOL DES OISEAUX, tnire parabolique. Une ëchetle métrique, photographiée sur ta 1 plaque nit-me, pernift <i'psfimcr la longueur réelle du chemin 1 parcouru par le mobile , entre deux admissions successives de la lumière. II reste à régler exactement les durées de ces ioler- ^ valles et l'on aura 1b notion ^ complète de mouvement ■S du projectile, 5 Pour produire des iuter- I mittences régulières dans ' t les éclairements, on dis- , 1 pose, au devant de la plaque a sensible, un disque opaque ■^ présentnntdes fenêtres lon- I gués et étroites pereécs i suivani des rayons. Le dis- S que tourne avec une ra- -Q. pidité connue et d'un moug vement parfaitement uni- .g forme, grâce à l'emploi i d'un régulateur. D'aprfes .% In vitesse de rotation dn I. disque et le nombre des ^ fenêtres, on connaîtra le ^ nombre d'images qui se- ^ ront prises dans chaque seconde; d'autre part, d'aprôs l'espace angulaire que représentent les fenêtres, on saura la durée du temps de pose. Avec une bonne lumière on peut réduire ce temps à 1/101)0, à I/IOOOO de seconde, même à une durée plus courte encore, et obtenir de

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