X PRÉFACE
la connaissance des mouvements organiques. Elle a montré, par exemple, que la pulsation du cœur et le pouls des artères, qui ne se traduisent à nos sens que par des chocs presque imperceptibles, sont en réalité des phénomènes compliqués : certains appareils les enregistrent sous forme de courbes dont les inflexions variées ont pour le physiologiste un sens précis*.
Avec la chronographie^ les infiniment petits du temps n'échappent plus à nos investigations : on inscrit les vibrations d'un diapason, on en mesure la durée et les phases ; et cette durée, à son tour, sert d'unité pour mesurer les actes rapides. Le millième de seconde battu par un diapason remplace, dans ces mesures, les lentes oscillations du balancier d'une horloge. C'est d'après cette nouvelle unité qu'on a évalué le temps qu'une onde de sang lancée par le cœur met pour arriver à l'artère carotide, à la radiale ou à la pédieuse; le temps, bien moindre encore, que met la volonté pour parcourir une certaine longueur d'un nerf moteur. La chronographie permet donc de mesurer les durées et les rythmes de certains mouvements fort compliqués de la locomotion animale : la durée et les phases du coup d'aile d'un oiseau par exemple.
L'analyse optique revêt les formes les plus variées : tantôt, utilisant la propriété qu'a notre rétine de conserver pendant quelques instants l'impression qu'elle a reçue, elle nous montre, sous forme d'une ligne brillante, la trajectoire que parcourt la pointe de Taile d'un oiseau ou d'un insecte. Tantôt, à la lueur instantanée d'une étincelle électrique, elle nous fait voir immobile, dans Tune de ses attitudes successives, un animal qui exécute en réalité des mouvements très rapides. D'autres fois, à travers les trous percés dans un disque tournant, elle nous fait suivre les phases ralenties des mouvements périodiquesles plus compliqués.
1. Voir pour les applications diverses : La méthode graphique dans les sciences expérimentales. Paris, G. Masson, 1884.