CHAPITRE XVI
Da spectateur en général^
et de celui de provinee en particulier.
Apothéose arnalienne.
Résumons la physiologie du spectateuF en quelques lignes.
De tous les parterres, le plus débonnaire est sans contredit le parterre parisien.
Un acteur qu'il aime suflSt pour lui faire oublier la maladresse des auteurs.
L'esprit est quelquefois fort maladroit.
Il n'en est pas ainsi du parterre de province.
Moins riche que Paris en talents dramatiques , il voit l'œuvre de l'auteur dans son inféconde nudité.
Que fait-il alors ?
Mon Dieu ! il use de son droit , il siffle !
Oui , l'audacieux ! il ose siffler ce que Paris a eu la bonhomie d'applaudir. Ainsi , tel ouvrage qui croyait faire son tour de Fraîice se trouve arrêté et mis en fourrière dès le premier relais.
Comme un coursier généreux, il a voulu prendre le mors aux dents , et dès la première étape son sang s'est glacé dans ses veines.
Il est mort. Respect à sa cendre î
Mort ! Et pourquoi est-il mort ?
Si vous l'ignorez , je vais vous l'apprendre.
C'est qu'Arnal n'était pas là pour le sauver!
Arnal , ce grand médecin des œuvres à î agonie, et que tous les docteurs du monde ne sauraient sauver, excepté Arnal.
Arnal î ô grand saint Arnal, priez pour nous î
Oui , saint. Et pourquoi non ?
Arnal, je te le prédis, tu seras canonisé, sous le double pontificat de Duvert et de Lauzanne.
Canonisé! de ton vivant» entendons-nous!
Toi mourir ! allons donc ! impossible.
Quand on se nomme Arnal , on est immortel.
Five saint Arnal!
Et Passé minuit I
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0 rideau! la farce est jouée. Le parterre a posé devant tes acteurs ; à tes acteurs maintenant à poser devant mon parterre I