‹ Physiologie du parterre, types du spectateurChapitre 20 sur 20 · IIS · texte numérisé non relu

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retiré chez le bon duc de Bourgogne, égayait de ses contes, tant soit peu égrillards, les solitudes du château de Gennapes.

Henri 111, qui unissait étroitement dans ses amours Dieu et les femmes, disait son chapelet de (éles de morl non-seulement le long des rues, mais il le marmottait encore jusque dans ses parties de débauche, et le nommait en riant le foucl de ses grandes hn- 'juenées.

On sait par cœur les histoires galantes de Louis Xll, de François T' et de Henri IV, et nos grands-pères se souviennent des aventures du comte d'Artois.

Montesquieu se reposait de VEspril des Lois en rêvant les douces fantaisies du Temple de Gnide.

Charles de Saint-Denis, seigneur de Saint- Évremond, retiré à Londres, qu'il ne voulut plus quitter à cause de la loupe monstrueuse qui lui était venue entre les deux sourcils, a composé pour son portrait, son

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buste 011 son tombeau, ce ([uatrain rempli d'iifïe pbilosopbie anacréoiUique :

Ji' suis poil sévère, mais sage ; Philosophe, mais amoureux.

Mon ait est de me rendre heureux ; .1 y réussis; en faut- il davantage?

L'n prédécesseur et un rival dangereux de Carême, est M. Montucla, qui appartient à la république exacte des savants par son Histoire des mathématiques, et à la friande tribu des tournebroches par son Dictionnaire de géographie gourmande.

Enfin, pour ne plus choisir qu'un exemple entre beaucoup d'autres, l'un des plus graves et des plus célèbres professeurs de l'Ecole de Droit, M. Berriat Saint-Prix, que vous rencontrez sur les quais ou dans les paisibles allées du Luxembourg, poudré à frimas, avec la culotte courte, le mollet rebondi et le bas de soie des petits abbés du dernier siècle , M. Berriat Saint-Prix est

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l'auteur d un roman qui compte presque autant de volumes que la Clarisse de Richardson.

Brillât-Savarin servant d'excuse traditionnelle à tous les physiologistes, je n'en parlerai point.

Ce n'en est pas moins un travail de Sisyphe que l'enfantement d'une physiologie. La physiologie est très-facile en projet; c'est une charmante petite ombre qui incessamment vous tend les bras et vous berce. Cherchez-vous à l'étreindre, la douce apparition échappe à vos embrassements , comme l'àme du père Anchiseaux pieuses caresses d'Énée :

Ter conatus ibi collo daie biacliia circula : Ter frustra coinprensa uianu> cffugit imago.

Je partage tout à fait les idées de M. de Balzac écrivant dans l'introduction de sa Physiologie du Mariage :

« Ainsi tant que l'auteur s'interdisait de penser au livre quil voulait faire, le livre

se trouvait écrit partout. — Il en trouvait une page sur le lit d'un malade; une autre sur le canapé d'un boudoir. Les regards des femmes, quand elles tournoyaient emportées par une walse, lui jetaient des pensées; un geste, une parole fécondaient son cerveau dédaigneux.

« Le jour où il dit : — Cet ouvrage qui m'obsède se fera !.. — tout a fui... »

La Physiologie pu Gant m'a donné 1(^ cauchemar pendant six semaines; mes insomnies étaient abominables ; mon oreiller était rembourré de gants à dix-neuf sous '

La médecine est venue à mon secours, et quoique le docteur Debout, phrénologiste distingué, ne soit pas homéopathe, il ma ordonné pour tout remède de combattre le mal par le mal.

.l'ai pris la plume, et, en composarit ce livre, je me suis guéri du même coup de mes vilains songes et de la rage de fabriquer des pliysiologies.

Mil

Aàie^.;

N-IREN TE-DEiX. MX- t'en î —

le ne te dédierai pas l'invocatiori qn'Horace adressait au navire portant son antii Virgile -^ aux rivages grecs :

On me prendrait pour un rédacteur du Constitulionncl.

Que m'importe que Tlapyga te soit ou non propice; ce n'est pas à l'Adriatique que je confie tes feuillets timides: les tristes

lîyailes s'en feraient dc^ papillotes et U Notiis me rirait au nez.

Tu m'as conté plus <le soins que tu n'e> gros, mon petit livre, et cette paternit*' difficile ne m'encourage guère à t'aimer.

Va donc au hasard, à l'aventure, à la grâce du Dieu des gens de lettres, Dieu sournois et malingre, qui met rarement le nez à sa lucarne pour savoir comment on se comporte dans son bas monde.

Ta connais l'Odyssée de ces jeunes mendiants piémontais, qui, au premier rayon de soleil qui fait fondre les pics neigeux, descendent de leur montagne de Parme dans les vertes prairies de France. — Je te sourirai peut-être si tu réussis; — je ne pleurerai certes pas à ton convoi, si tu succombes.

Dans ce monde où tu vas te perdre , des fortunes diverses t'attendent.

Si tu échois aux mains d'une jeune fille, remplis son âme du suave parfum des fleurs, du chant des oiseaux lorsque point l'aube, du murmure de la fontaine qui bruit entre les lys humides et les cailloux d'or.

Si le vent du soir te porte là-bas, dans ce noble château qui s'abrite derrière les chênes et les ormes hospitaliers, qu'une douce voix te lise, que des bouches roses sourient, tandis que du fond de la vallée, entre les teintes mourantes du jour et les premiers voiles de la nuit, la lime, majestueuse reine

a ia longue robe d'argent, montera aux cieux entourée de sa cour d'étoiles.

Passe comme un souffle, comme une apparition, comme un rôve. — Ne laisse après toi ni pensée mauvaise, ni repentir. — Que

! un t accueille ou que l'on te repousse, garde toujours, ô mon petit livre, ton insoulance heureuse et ta riante figure.

Mais va-t'en bien vite , par la porte ou par la fenêtre. — J'entends d'ici les arbres (pii frémissent , le ciel est bleu, l'air est chaud, l'été revient pour dorer nos vendanges... Ne vois-tu pas, in-trente-deux maudit, que tu me couvres de ton ombre? IMjysiologie, retire-toi de mon soleil !

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