LE POÈTE CAVA LIEU- RÉGENCE
Mais où donc éiiez-voiis, Marquis, ne vous déplaise, Quand nous dansions hier à l'ambassade anglaise? C'était beau, sur ma foi, Marquis, et les rayons Resplendissaient partout dans les vastes salons. Les Temmes nous ofTraient, dans leurs chaudesailurcs, Un ravissant coup d'œil de tières encolures...- Je fis trois tours de valse avec lady Brigton , Femme charmante, un beau profil, un très bon ton ; Elle descend, je crois, par son père lord Scosse, De Richard d'Arlington et des Stuarts d'Ecosse. Son aïeul, lord Nclly, dans le long parlement, ' Osa seul, à Cromwell, résister fièrement.
Ce n'est point un bas bleu. Mais là je vis encore La comtesse Uranie et le duc de Bigore.
Il me parla de vous, ce cher duc,*et très-bien. J*y vis aussi, Lowgard, le consul autrichien
Pardieu ! j'aurais donné cent louis sur ma téie Pour que Ton vous eût vu, Marquis, à celle fêle.
Tel esl ordinairemciil le ion Iranchani el sans façon du poète Cavalier II a loiijours Tair d'écrire avec son cure-denl. Son vers libre et indiscret vise au déshabillé aristocratique, et se fait fanfaron et coureur de ruelles. Le poêle Cavalier a bien soin de parler des personnages les plus répandus de la société parisienne, et surtout du faubourg Saint-Germain, pour faire croire qu'il les connaît autrement que de réputation. Il vous entretient à tout propos de son ami le prince deB..., de Mme la duchesse de C... , de ce cher vidamë de F... , et ainsi de suite. Il fait, à qui veut Teniendre, de scandaleuses confidences; il vous raconte ses petits soupers et ses bonnes fortunes; pour peu que vous lui prêtiez deux minules d'attention, il vous dira même qu'il a rossé le guet hier au soir dans la personne d'un caporal de la garde nationale. Il prend l'hôlel Bazancourt pour la Bastille, le boulevard des Italiens pour la place Royale ; il appelle la Chambre des Députés la salle des états-généraux, et il se promène le soir dans les jardins du Palais-Cardinal
lui n'a la préienlion de mener la vie des galan- U!S aventures .. llaun maiiieau couleurde muraille dans son aniicliambre el une échelle de
soie pendue eu sautoir à sa cheminée. Il s'écrit à lui-même des lettres satinées et parfumées, qu'il montre le lendemain à ses amis d'un air demi-mystérieux; el, s'il a im domestique, il lui donne cent francs de plus pour avoir le droit de le traiter à lout propos de maraud et de coquin. Il paie très-exactement ses fournisseurs, ce qui ne rempcclie pas de dire qu'il jette régulièrement tous les malins un cœancier par la fenêtre. En fait de jeux, il ive connaît ni la bouillotte ni Fécarté, mais il vante le pharaon et le lansquenet. A pari tous ses travers et son allure-régence, c'est un lK)n gix)s garçon qui a le malheur de ressembler beaucoup plus à un coifl'eur qu'à un jeune marquis de l'Œil-do- Bœuf.
Telle est la physionomie du poète Cavalier- Hégence. Mais il nous reste à parler du poêle Cavalier-Lara et Child-Harold , dont la lèvre sceptique ne sourit jamais qu'avec amertume.
1,E l'OtiTE CAVAIJER-LARA.
î poêle Cavaïier-Laiii rit
le tout , pbisante de
oui, cl se moque de loui
e monde, à commencer
|)nrscs lecteurs. Si vous
lui ilumiiiidez une dérmi-
lion de lii venu , il vous
ré[>Oitd qu'il ndore lu
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fou du iKirOeaus. Il a aussi l'ctronge préieuiion
d'avoir une vie iktieveléc cl de passer les nuils
dans les orgies ; pourtaitl il se coiiche répilière-
menl à dis heures du soir, el ne se (irise qu'eu
lliéiii'ic. S'il passe sur les boulevards, il sp tlonnp tiiio <l ■■ 1)1 ;i relie Incortninc el <Ips nlliirps
avinées; nuis persiitinc n'est dupe des arabesques vulotiluires que ses jambes décriveiit sur les iroitoirs, aussi irrégiilicreTncnl que possible. Ses .nmis disent en le voyant : Tiens, voilà un tel (|iii veiiL nous faire croire qu'il est ivre. Je parie qu'il a iHné à Ironte-deiis sons. Ses
héros ont lous une cxcenliicitc faclice, une origmalilédccontrcbaïule. Le poêle Cavalier- Lara professe pour les femmes le dédain !<; plus profond ; el cependant il soupire pendant trois mois aux pieds d'une Omplinle de TAmbigu ou de la Porle-Saint-Anloine, dont il célèbre dans ses vers les grâces el la beauté sous un poétique pseudonyme de fantaisie.
Il cultive plus parliculièrenicnl les poèmes en strophes de six vers; ces poèmes sont lous intitulés : Malgache , Bardoche ou Fran- {jipanr,