‹ Physiologie du poëteChapitre 9 sur 24 · MÉDITATION FLOTTANTE · texte numérisé non relu

MÉDITATION FLOTTANTE

Du soir quand Vombre solitaire A remplacé tes Teux du jour, Loin des rivages de la terre.

Mon âme monte plus légère Aux rives d*un autre séjour.

Comme une lyre cadencée Rend un son plus harmonieux.

Je sens renaître ma pensée Sur les nuages balancée Entre les mondes et les cieux ..

Je contemple dans l'étendue Ces horizons , flottants ilois , Qui semblent nager sur la nue Au sein du vide répandue Comme une ile au milieu des flots.

J'écoute alors dans le silence Le murmure mélodieux De la prière qui s'élance Comme un cantique d'espérance , Comme un soupir mystérietw.

MÉDITATION AMOURKUSE

A ELVIRE. A SILYIE OC A UHAÎSIi:.

Sur des jours écoulés pourquoi perler la vue? Pourquoi noyer toujours ton âme dans les j.leurs? Quand l*orage a cessé , vois resplendir la nue

D'une écharpe aui mille couleurs.

Le passé, c'est la mort; Vaxcu'ify'Vesperance: L'espérance^ rayon qui resplendit toujours, El qui brille pour toi comme un fanal immense

Sur l'océan lointain des jours.

Oh ! laisse-moi guider ta barque solitaire :

Nous voguerons tous deux vers ce ciel enchanté Où rame, en s'exilant des rives de la terre ,

S'abreuve d'immortalité.

\À nos jours couleront comme ces flots tranquilles Qui vont insoucieux se bercer sur les bords , Mollement ballotés dans leurs pmtes dociles ,

Au bruit douteux de leurs accords.

Oh ! viens , viens reposer ton âme sur mon âme ; Oh! viens, nous mêlerons les eaux de nos douleurs, Car je veux partager avec toi , pauvre femme :

A toi la joie, à moi les pleurs.

Quelquefois aussi le poëte Lnninrtinicn feint d'être en proie à des flots de réflexions, et débute ainsi :

Et je disais : laissons ma barque fugitive

Pauvre Alcyon poussé par le vent des hivers ,

Aller de rive en rive '

Se perdre au triste son de la vague plaintive Dans le gouffre écumant des mers , etc. etc.

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