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Physiologie du poëte

Il est fort possible que la poésie s’en aille , ou s’en soit déjà allée; je suis même assez de cet avis; mais à coup

sûr lés poêles arrivent.

Nous avons aujourd’hui les instruments moins l'inspiration, l'orchestre moins la musique.

Il est bien certain qu’en ce siècle de progrès où les wagons (tes chemins de 1er vont aussi

vile que les coucous, nous avons in veillé beaucoup de choses, les chartes, les religions, le bitume cl les fortifications de Paris; mais nous avons entièrement négligé de confectionner des poèmes comme la Divine Comédie , et des drames comme Hamlcl et le Cid. Il faut même dire pour être justes, que la colère de Phèdre et les plaintes (Y Iphigénie n’ont pas été entièrement étouffées par les hoquets de la muse nouvelle et les rugissements du drame moderne.

C’est un fait triste à constater, mais il existe. En revanche, nous avons des trottoirs de six pieds de large, des becs de gaz dorés, des bornes-fontaines eii abondance et des rues de plus en plus tirées au cordeau.

Si j’avais le moins du monde la prétention d’être un homme sérieux . j’intercalerais ici une tirade philosophique à effet sur les envahissements de l’industrie ; mais je ne suis pas encore assez laid et assez chauve pour cela.

Cependant, malgré le développement de l’industrie et de la politique, ces deux ennemis de l’art pur, les poêles se multiplient comme les pains de l’Evangile. Avec un poète, on en fait mille.

Il y a deux mille ans à peu près, Cicéron jeta

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