PHYSIOrX>QIE
^9 ià. likiCre uaa^ du monde : vous ^voulez qtie*}e me donne à Vous les yeux lè'pkticuJe^de craindre un fat qui vous ftiit kl cour. Ah ! c'est aussi me supposer par^trop hônîble : ses soins affectes (leitirent vous compromettre , je yôtis en avertis; c'est mon devoir, le reste est votre affaire. On ne soupire aujourd'hui que pour les femmes qui le veulent bien ; témoignez'lui par un de ces dem^môte' que chacun sait comprentire quteï Stes flatteries vous déplaisent, et je réponds qu'il cbssérà bientôt de vbi» les- adresser ; mais prétendre vous éiviter fnétte. peine en me contraignant à l'éloigner de vous par une impolitesse ou une exclusion trop flatteuse, vbiià ce que vous ne sauriez obtenir de ma complaisance. »
Ainsi M. de Rochebelle, dévoré de jalousie, préférait le supplice de voir rhomme qu'il redoutait le plus admis chez lui, et par cela même autorisé à y revenir souvent , à la crainte de passer pour un mari qui a peur.
Laur^ lui domiait qoelquefois de l'humeur : malgré cehy on assure que le comte et lui vécurent toujours en très bonne intelligence
La chronique dit que mais je ne crois pas
1^ moitié de la chronique.
( liord I^Tiio* , Bfppa» )
OBSERTATI0N<
SLTIII*
A l'abri des tortures de la jaJloMâie , M. Meilival , qui vient de recevoir son billet d'invitation, s'informe auprès de tous les gens qui connaissent madame
!l8 l'bTSIOIiOGIE
l'histoire de France, omé4ie sentences et d'antithèses.
Comttie l'ouvrage ne présente rien de neuf , il ne donne matière à aucune contestation. Bercé par le retour des mêmes vime&.à' Aquitaine, decapitaine; de valeur, de malheur; de vertu, d'abattu; de mémoire et de gloire, l'auditoire se livre à ce demi-sommeil indulgent qui est , après l'enthousiasme perfide, la plus douoe illusion d'un auteur. M. Saint-Genrais se sentant si religieusement écouté, si délicieusement interrompu par les bravos de Menival y redouble de chaleur ; sa voix fait vibrer les nerfs des assistans. Ds ne croient pas qu'on puisse dire des choses ordinaires d'un accent si péné*-
ère; \e^ gestes de l'auteur, ses coups de poing sur la table où le verre d'^eau sacrée frissonne ^ sa voix émue, ses yeux brilla ns de larmes, enfin tout l'arsenal de lu déclamation produit son effet. On se récrie d'avance sur les applaudissemens qui attendent le chefd' œuvre, et M. Saint-Gervais , bouffi de son succès /est presque aussi heureux que son cher Menival
On lui demande s'il a mis beaucoup de temps à composer ce bel ouvrage»
ce Quinze jours , dit-ii ; il ne m'en faut pas davantage pour construire mon plan et dialoguer mes scènes. Si les acteurs du Théâtre-Français n'étaient pas si longs à monter une pièce, j'en aurais déjà vingt de représentées ; mais
3e PHTSIOLOOIB
M» gens^là ne cbm^reanentt rîeii à leura intëi*êli. Je leur ai dit oent foUt )K Que vous faut-il ? uoe tragédie , une bonne comédie ? £h bien , je m'engage à vous la fournir dans quinze jours \ mais vouft ne mettrez pas plus de tein|» à là jouer que je n'en aurai mid à la &ire ; sinon je vous abandonne à votra malheureux sort. » Eh bien, Mon^ sieur , ils aiment mieux consacrer trois mois à apprendre Touvrage d'un blancbec que de faire leur fortune aveic un des miens. »
Cette sortie modeste trouve^ bien quelques critiques , les plus polis vont en rire dans la chambre à côté ; mais , comme les plus traîtres restent pour approuver , rien n'altère la pureté des
DU HIiHCUl4B. ^t
transports de . ) aUt0br -^ . et pouptamft !'<)(}, s'eB moqu^, et Menival lilidoiêoîe ^ que l'amitië domina setti» raVèi^ki^, dit en lui-même : oc Ce gaiilard-Ià est d'un ^ui^ur -^ propre . foreeoé* » ' Eh ! qu'importent) ces réflexiosâ tacites y ces rire^ cachés ^ ces coups portés dan^ l'ombre à o^ui qi)e le ridicule, abrite.?.
Le jour du bal est aï*rivé : M. de Rochebelle avait consacré deux cents louis à cette fête ; mais la nécessité d'avoir le meilleur orchestre, les plus belles âeors , enfiii toutes les supério^ rites du genre., venait de l'obliger à ajouter à cette so^aime ; car on ne peut avoir ce qu'il y a de mîeuit d'un côté sans se créer le besoin du mieux de r^^fitre. Quoi de plus ridieule <|ue le
351 PtttSlOlOGîH
manque d'ensemble! £t, pour n'être point ridicule , on sait de quel sacrifice M. de Rochebelle était capable !
Ce joor-là sa femme était mise avec pins d'élégance encore que de coutume ; car le devoir des maîtresses de maison ne leur permet pas une riche parure, et il est rare qu'elles ne gagnent pas à la simplicité que l'usage leur impose; mais, malgré sa beauté^ ses gracieux sourires, il y avait une mélancolie profonde gravée sur le front de madame de Rochebelle ; sa grâce manquait d'abandon , et ses regards distraits semblaient fuir quelque objet dangereux.
Cette contrainte , cette défiance
PV AIDICUUU 33
d'eHe^méme . cette émotion dont elle ne se rendait pas compte , c'était Vo^ Trage de son mari : ayant qu'il ne lui fit tant de plaisanteries amères sur IV mour qu'elle inspirait à M. d'Ârthe^»
nay , elle n'avait pas le moindre soupçon ée cet amour ; ses manières avec lui étaient simples et d'une frandiise à déiooer tout projet d'intrigue; in«s depuis qu'Ole se savait épiée, depuis que le mot le plus insignifiant y un regard , la démarche la plus innocente pouvait être interprétée d'une façon criminelle , elle éprouvait un trouble , une sorte de terreur qui lui donnait un air coupable , et elle se reprochait déjà ses craintes comme une faiblesse ; or, dès qu'une Semme se fait un reproche injuste, elle est bien près de le mériter. II. 3
34 ' PJiniOLOGIB
t. Si: ML. ife ftocheboUe, eedant toUt Miitement' à sft yicurr conjw^»lg» aiv«k
«vhit eacouBagé sftifetnraadi^s&e d09^ «stttiidé* ne. plus se néneôotner . «yw ^. jeune !ft6âiiot6ur y il 63 1 probai^leque.,
djdbedè Aocfaebelle « Feût bieoitôt 0v(- <biié ;; mai» oh^ • eoL^geaît qu'eUe Je '. tvtt <Mi]0 cesse dans le 1 manda, qu'ette te mçût.dâm :» maîeèii «' qu'elle écoiitil: aes dédaratio^a funtiws ,iqu'^e taMiy»t le fol des66 fegfiKda>;et txwt cela, asmo^ .htildosner- deapoir*.. Le;eiel dèyaît pu- * rnir.uo tel exlcèsjd'inocin^équenee. : .
. : M.d'AriJàeii«y)éiaîttiK>p^tMen exercé • dans ' ) Wti de XconMiferéi et. de metthe .àjpvofii: les* obanoe^ ifarvorâbleftià «as
ou RIDiCtLË. 35
désirs, pour ae pas 's'apercevoir du trouble que sa présence faisait naître dans Fesprit de madame de Rochebelle :
un sot se serait (ïru adoré, mais l'amour-propre éclairé de M. d'Arthenay ne se méprit point sur la cause de ee trouble; il devii^ l'obligation qif'il en avait .9Lnx averti^semeià id'un jalouSé Connaissant la profonde horreur dé AL,.de HocfaiebeQe pour tout ce qui ppuyait jeter du ridicule sur un mari , ^1 sç promit bien de faire servir cette faiblesse i^ l'accomplissement de ses vœux, ce Elle n'a encore . que de la crainte, pensa-t-il, j'en ferai de l'amour; puis^ lorsque nous serons d'accord , je m'établkai si bien , près du monde, dans l'attitude d'un amant mallieureux , que le pauvre mari n'o-
sera jamais me chasser comme un rival /redoutable.
Ce plan arrêté, M, d'Arthenay en commença l'épreuve le soir même. Ija politesse exige qu'il danse avec la maîtresse de la maison ; elle le refuse une fois , deux fois ; mais enfin l'instant de la contredanse arrivé , il vient prendre sa ms^in , et sans plus de préambule qu'on n'en met aujourd'hui à parler de ce qui importe le plus , il dit , de l'air le moins ému , mais du ton d'un homme qui risque le tout pour le tout : a Pourquoi me traiter si mal ? pour me décourager ? c'est peine inutile; vous n'en ferez jamais autant que moi pour me détourner d'un sentiment dont je reconnais la folie ; mais puisqu'il est plus
fort que ma volonté , que la vôtre même n'y pourrait rien , eh bien , n'y prenez pas garde. »
Madame de Rochebeile, stupéfaite de cette singulière déclaration, reste quelques momens sans s'apercevoir que c'est à elle à commencer la figure.
L'obligation de traverser la dispense de répondre à M. d'Arthenay; cependant elle aurait voulu profiter de cette occasion pour lui déclarer que ses soins la blessaient, l'importunaient; mais, pour une âme élevée , le mensonge est un acte difficile , on s'y détermine lentement ; les mots n'arrivent point , on les trouve trop forts ou trop insignifians : c'est qu'aucun d'eux ne rend la pensée. £t le temps se passe , les oisifs
38 PHYSIOLOOIB DU RIDICULE.
viennent mêler leurs phrases à la traverse; le sujet qui préoccupe a déjà, subi trois ou quatre remplaçans. Le moyen d'y revenir? ce serait y donner trop d'impotttanee ; le mieux est de paraître l'avoir o^iblië; c'est ce que fit madame de Rochebelle.
N'importe, le coup avait porte; là rougeur subite dont son beau front s'était couvert eri apprenant qu'elle était aimée, i'afïeetation qu'elle mettait à regarder cet aveu cômmie une plai^santerie, une coquetterie VulgairieJ enfin toute cette gracieuse hypocrisie à l^usage de* jolies femmes ,' confirma M. d'Arthenay dans ses espérances.
•'..?.! il
> i« uîl
XiHé
D^ erreun de l^iviiuâiie espèce Dieu ^rant qae chacim ah aon lot.
Même an maateait da la tagetw La folie attache un grebt.
(BiaAiraBaf Cct^ltt.)
Mais quelle nimeiur dans le bal, pourquoi se préeipite-t-èn yen les fenêtres des salons qui donnent sur la cour? qui provoque tous ces rires?
4â PHYSIOLOGIE
C'est Tarrivée d'une carriole d^osier, que le concierge de Thôtel, aidé des gendarmes y n'a pu empêcher de parvenir jusqu'au grand perron, tant est la vitesse des chevaux attelés à ce bizarre équipage. Gomme la cour est illuminée par un grand nombre de lampions , on distingue facilement la carriole ; d'ailleurs , un jeune plaisant qui arrivait en même temps qu'elle, saute en bas de son tilbury pour venir plus tôt donner dans le bal l'avis de cette entrée triomphale ; on l'entoure, on l'écoute, ce Imaginezvous, dit-il, d'assez minces chevaux que des harnais de charrette attachent û mke ]^ttCe(bri«0l0|M9ÎntéIafl ^enf tonte giiilMr 0tte( dirldk|iféllèi^éifhiq)iM4t«r<^ grandes * i plumbs <lD|kinohès' , - làie ^dbi»* zatne d'épis d'or, et de9aigretlçsén>diah
mails ; 'enfin ^ fxwt Vâtûwual é'ime^cëif^ fîire de ffatu. Un gros homne^ driant *g«re à tue^'tètr , est' le I%itëton de^ée «haor élégant ^â le cùoAvk âeméitàé airecilne'€spèee deiAiaiAHnr.tim poirte BOA ^chapeau sdus Jfi'brû, pÊohibM^ BMnt par l'imposûbilité de« le pmfter autrement dans la cariole* Ce singulier trio était en train de mettre pied à terre quand je suis arrivé : la pauvre fentme faisait des cris affreux , et prétendait ne pouvoir sauter en bas de ce panier roulant sans courir le risque «fenseeasfièl* la jambe; ier^fcaMefcpre^ eommaAdait au grob hetaine de .imisàk tenir les dievaux ; édn/effra^^ p«r>yi laïkipioiXBr quîiAimaîeiit sods tewb 4ia^ semrx , - il» gambadaient et< u^naient à faire peur. J'avais bien envie d^aller
44 PHTSIOkX>GIB
o£Prir le seooun de mon bras à la dame lomplumée; oar, à traTers le burlesque de sa situation ^ elle m'a paru fort jolie; mais j'ai entendu le gros homme lui dire : « Prends bien garde en descen*dant, ma Minette. » Le fou rire m'a pris , et je l'ai abandonnée à son pér rilleux sort. »
Comme ces mots finissaient , on annonça M. et madame Menival ; le jeune homme s'écria : « Les voilà !» et les rires redoublèrent.
. ^Jevoisavecplaisirquel'ons'amuse ici y dit en entrant M. Menival sans se déconcerter; parbleu! j'ai donc bien fait de tout braver pour y venir. Savezrvous bien qu'un autre que moi y aurait renoncé , et qu'il m'a fiiUu forcer
DU RIDICULS, ^5
ma femme à m'acoompagner, elle qui aime le bal à la rage. Eh bien ! nous avions tant d'obstacles réunis à vain* cre , que son courage était à bout ; eUe allait se décoiffer et se mettre au lit, car mon cocher venait de rentrer saoul comme une grive ^ après avoir mis ma voiture en candie à la sortie de l'Opéra ^ où j'étais allé un moment. Voyant qu'il n'y a pas moyen de s'en servir, j'envoie mon chasseur chez deux loueurs de voitures ; mais à dix heures du soir, un dimanche gras , on ne trouve ni bêtes ni gens; enfin, pas mane de fiacre.
Dans cette extrémité, je me rappelle tout à coup la carriole que j 'ai achetée pour conduire mes domestiques à la campagne; elle est couverte, nous y serons à l'abri. Je n'hésite pas ; en cinq
46 »RTSIOIX>Gn
mitiQtes les chefMrx< sont attelés à k eamole; «nais letêifBcâe était d'y ùm^ inôiiftdr Minette aTeo ées diamans , ses plumes et sa robe daicrepe; elle s'en dé» fendait côaiiiie»u»'beau diable, n C'est par trop ridicule, disait elle; on nous liafouera : jamais je ne ononterai dans pn tel hrelihgo.y^ Bah! lui ai-'je dit{ quand <^eun se sera réerié une fins sur. notre manière d'arriver^ cela sera fini;. au bout^ducomptev tu n'en seras pas moins' madame • Menival y Xz robe »t( te&.dîamans n'en seiTont pas plus laids pour être venus en earriole; et tu vernas la fête, et tu t'amuseras, au lieu de rester chez toi à- pleurer de dépit ; sans compter que ce pauvre d'Aulerive , à qui nous avons donné rendez-vous au bal, serait d'une, inquiétude af&euse
BU RKBMUtE. 4^
b'jU Ht nov^ voyait j^'i «orriitèri ■^nfin > gcàca à.TOMK.éUMpiende^ieBe'^'èstakét'
MuMk. ; ;i.;v/ jil<i<( I'-».. >. ; . ' I. '•.•-<•
— C'est fort bien à vous d'avoir
employé toutes les ressources de votre
imagination dans une circonstance si
importante pour nous, dit M. de Ro-
chebelle d'un ton afTectueusèmént go-*
guenard. Vous avez deviné à quel
point .yptre présence était aécèfsaire à
npsy plaisirs ^ .et;:.]^: nç; aai|Jtai« vous eta
.^xprifni^r tpi|te> notre rQG4M^»ÎMafiO0^{
^jH» ifl»; reV?ijrn»n*( d». «pif; à» sla
femme : <c Madame de Rochehollej^
ajouta-t-il , ayez soin de M. Menival ;
veillez à ce qu'on arrange sa partie de
w^isk » ; et M, Menival , entouré , choyé ,
-QompUmaiitfi^.. passa ^ans le «salon où
48 • PHTMOLOOIB
l'on jouait , ravi des frais qu'mi fiusak; pour lui et de la résdluticm qm Tarait porte à tout braver pour venir prendre sa part des plaisirs de la fête.
— Voilà y saisis nul doute , Thomme le plus sage qui soit ici, dit le jeune comte de M..U. à la spirituelle duchesse de Na , car il se moque de la moquerie.
— Ah ! vous appelez cela être sage , dit en souriant la duchesse ; mais vous ne voyez donc pas avec qui sa femme danse en ce moment pour la troisième fois?
— Si vraiment ; c'est avec M. d'Aulerive.
— £h bien , quand son mari se se-
DU AIBICULB. 49
rak privé da plaisir de la oondaire ici en charrette pour la Yoircoqueter ainsi toute la nuit , il n'y aurait pas eu grand mal.
— Ah , mon Dieu ! dans quelle erreur vous êtes ! Le pauvre mari aurait passé une semaine cruelle : sa femme aurait été d'une humeur insupportable; elle aurait fait quelque scène de jalousie à d'Aulerive, pour s'être amusé à un bal oii elle n'était pas ; et Dieu sait ce qui s'en serait suivi. Croyezmoi y ce gros Menival est l'homme du monde qui arrange le mieux sa vie; je n'en veux pour preuve que son air satisfait.
— Il me semble que oe • bonheur-là n. 4
&0 misnMoiB
nt à 'la! portée db hnuBlepof) 4à igeis ; que n^eù e$»siyfà^woûst?
— Je le voudrais bien , vraiment ; mais ma stupide vanité s'y oppose : ne faut-il pas s'ennuyer comme tout le monde , aller bâiller aux Italiens , étouffer dans les raouts , sourire à ses
ennemis , vanter les sots à la mode ,
accepter des dîners d'apparat, répon- ^re à de fastidieuses agaceries , se confondre en reconnaissance pour d'in-
sipides fadeurs , leur en sacrifier de
p^ns douces ? et tout cela par ton , ou
plqtôt par lâcheté ; car , avec un peu plus de courage, on ferait^ comme M. Ménival , ce qui plaît le mieux , en dépit de Tusage et des ricanemens. »
" Cette conversation fut interrompue
MI aœifiiiiifi. &i
par le mattra de la siaison^, qoebs Icû de l'étiqvietté obli^saieiit. à s'oecilpcr particulièrement de k duchene ide N.... Il était pâle à faire peur; sa res^ piratkm était courte ^ sa Toix alfcerée; son souHre grima^tt, et sbn affecta^ tion à dire des choses flattenses^ >à paraître eachanté de ténnir tant de personnes distinguées , traJnsbaîC im malaise invinmbfe. Il* menait de £ûira
j^usieûPs robèrs contre Mémrol, et il les avait perdm ainsi que trbik pa*ris corisidérables ; car Méhival^ oon-' fiant dan» son ét6ile, jouait aussi gmk jeu qu'on voulait , ce qui lui procâurail souvent Tbonviear de faire la partie de grands personnages' : sans être à bean^ coup près aussi fort qiïeon y il les ga* gaait habitudUement^ tant Tabeorp-
âa. niYsioLOGiE
tion totale des plus minoes faculté»
peut remporter sur la plus riche intelligence distraite.
. Tout eh causant avec la duchesse de Nù.., M. de Rochebelle cherchait d^ jjteux sa femme; celle-ci, qui sent un Mgard ennemi s'appesantir sur elle, ^tte brusquement M. d'Arthenay pouf se rapprocher de son mari et de la duchesse de N..*. ; mais M. d'Arthe^ nay, fidèle à son système, la suit^ et vient se plaindre à M. de Roehebelle du refus qu'on fait de danser aveé lui te galop. <£ En vérité, dit«*il, madame m'aocable du dédain le plus humiliant pour un pauvre valseur, et j'ai recours à l'autorité conjugale pour faire valoir mes droits de premier inscrit ; on veujt
me sacrifier an petit L.... , et cela parce qu'il est affretix; C'est un titre comme un autre ; mais je ne mérité pas d'être immolé à cette grande puissance ; j'en &is jugé madame la duchesse.
— Gomment doncî répondit cette dernière , vous avez mille fois raison ; mais je trouve que vous vous plaigneie bien haut du tort qu'on veut vous faire:
^ Savez- vous, ajouta-t-elle d'un air malin, qu'à la place de M. de Rœhebelle j'en serais jaloux.
— En effet, dit M. de RochebeUe en souriant de la meilleure grâce ; je crois que je vous devrais de m'en inquiéter ; de semblables rigueurs sont ordinairement des préférences à Ten-^
64 I^HTSIOLOGIB
vers fort aiarmaiiteis. Mak que Toiiles^- VM»? je ile sais point me mévcdtxsr contre le
— Et Toilà oeiqull y a de dÀagréa^ ble, reprit M. d'Arthenay; que pouvons-nous tenter, nous autres pauvres asptrans ? Quand k mauvaise humeur d'un mari ne nous seconde pas , naos n'avons pluk de chance de succès.
— ^J'en suis vraiment désolé, dit M. de Rochebelle sans quitter le ton ironique ; mais je ne saurais me donner ce ridicule en votre Êiveur.
— C'est aujssi faire preuve d'une se** eurité trop dédaigneuse^ interrompîl; la duchesse ; cela m'indigne , et je passe
MT KIDUSULS. 55
à iannemi, je .vous «n prétiens; sî je poQVM l'aider à totts tourmenter un peu, l'en serai» «Mehantëe. Allons* ma ebère Albme, prêtes- vous de beme gtk4»k notre conspiration , et dernier- Aou» le lAâisir dcToir votre mari un mo- Mèqt jalouit ;.i^'èst un petit diâtiment qui est bien dû à.jK>n calme insolent. ».
Madame de Rochebelle savait à quoi s'en tenir sur ce calme affecté ; elle ne répondit que par un de ces sourires qui n'engagent à rien. L'embarras y fit succéder une petite toux, qui est la ressource ordinaire des femmes qu'un mot vient de déconcerter. Alors son mari prit la parole autant pour venir à son secours, que pour développer son système de philosophie conjugale ;
56 PHYSIOJUDGIE DU RIDICULE.
il mit tant de soin à prouver Tinutilitë de la surveillance et sa profonde iadiffërence des événemens que tant d'autres redoutent, qu'il laissa la duchesse de N«... convaincue de son inaltérable confiance en la. vertu de sa femme,. et M. d'Arthenay encore plus persuadé du parti qu'il pouvait tirer d'un orgueil si avantageusement placé.
La danaeiiie, eniTrée au tranaporti de la fête, Sème et foule en pasaant ks kouqaets de sa tÂle ; Au bras qui la soutient se lirre, et pâlissant, Tonme les yeux baisses sur un sein frémissant.
( ÀLvtu oa TievT, /# Bal. )
OBSKByATTON*
XXp
Le bal est un théâtre ob chacun joue un râk appris on improvisé, tùm deux également intéresfana pour le spectateur bénévole. La coquette y à^ bâte le sien à côté de rambitîeiix dont
6o PHYSIOLOGIE
tous les mots sont calculés ; la jeune personne n'y vient même plus pour le seul plaisir d'y danser, elle y vient pour s*y montrer, et les regards qu'elle porte sur li^;:vîeipQr fît^^ 5oéi|bataires dévoilent assez son but. Mais ces fins renards de la galanterie, retranchés derrière un rempart d'égoisme, sont à l'abri des pièges de l'innocence. Prodigues de sourires^ dé flatteries, de tendres soins , ils )>ornent là leur dévouement. Riches en souvenirs d'intrigues, ils savent le sort de tant de maris qu'ils n'ont pas envie de s'y exposer ; et > poartaht , ces maris sont mottis à plaindre qu'eux ; ils n'en smK pas réduits à payer Une maltresse pour n'être point seuls j et ne f uasenlnils entourés que des eôfans de leuvs femmes ,'
DV RIDfiCUUB. 6l
Us sont Bmn' d'être soigna , chérk'^ pëndaiit leur vieillesse , et pleuiés à leur mort.
' Dans ce siède de liberté, oe qui rend nçs fêtes plus brillantes qu'amusantes , e^est'le peu d^ cordialité qui y règne; on! ne s'y donne même pUis la peine de eachw sa malveillance «^ elle se Jitdane tons les regai(ds. Qu'une femme sbtt béUe ou non , elle se sent sous le joug d'une observation ennemie , ^^alement sévère pour ses agrémens ou pour ses dé&uts. Les plus courageuses se révoltent contre l'impression désagréable qui naît de cette certitude, et prennent les airs d'une gaifcé que démentent leurs éclats de rire forcés et leurs yeux inquiets ; car ellps les portent malgré elles
6Â raisioixiGtK
da obbi d'ckpsatentlè» traits l]a^elleè Kdouteût. Alors^ se Véngw flerla inai-' veilla nce en cherchant un moyen, d^exf' citer le dépit, l'envie, devient j'arrière- Pmaéègéaéï^eyàh b'a^te pour Hfire CfoÎDeipi'Oi^ s'^ammeVcm se donne Vap* parenee d'im trimhplie ^uaïui oh'd^ vère une hùmiliatîon ; enfin bn est plna ou itaoihs torturé pai mille petit» sùp« plEioes d'aiiÎDurtpropre , qui font de œt bals'pdmpeaic des soii^a et des miâts fort fcrîstès.' ••
• mm
* C*est surtoiit quand ' les ()remtèrs râyokis du' jour gKsaent à travers ieê totets , et font pâlir les histres ; quand la fiitigne se m^ à la tristesse d'ua plaisir qui s'éttsnt, qu'on s'tq>a[^çoit du vide ou du trooMe qiie œ pkiisir
DU fllDlCVUL Ç3
beik Toiait enfin de recevoir les adkuie vâooniiaisseQM des dermers diine^urs de son bal ; . elle se retrouvait sente dsnjs ses salons , où les meobles épars ^ les arbustes ) les flenrs saupoudrées . de
poiissièM 9 t^ntoigiKiîAit eneore de la foulé et du moU'V^meiit qui avaient proe? longé la iéee.
Qt moment de calme après le bfnit est ordinairement consacre k la réea-^ pitulation des Sensations qu'on a éprou* vées pendant la soirée, pn se demande si l'cin n^en a pas trdjp éoouté on trop dit , et il se passe alors un polit eombat entre la bonne foi du cœur et la ruse de l'esprit , dont la victoire reste longtemps inoertaine. Le souvenir d'un mot
que €6 brave cœur a compris tout de suite rémeut , l'inquiète , mais le malin eéprit lui prouve qu'il s'alarme à tort , (pie ricfn n'est plus ridicule que de se laisser aller à de semblables frayeurs, et que d'ailleurs la vertu sait affronttM* tous les dangers. Sorte de sophisme généraletnent bien accueilli des femmes. Albine s'y laissa prendre comme tant d'autres ; tout en s'avouant que l'espèce de roman que M. d'Artheilay conuneâçàit avec elle l'intéressait déjà vivement, elle se persuada que sa raison n'en serait jamais troublée , et cei> taine de rester sage , elle crut échapper au malheur.
Sans le défi de k duchesse de N....
avec M. de Rochebelle , et Tafifeetation
de celui-ci à inviter sans cesse M. d^Arthenay à venir chez sa femme y ce lo* man aurait fini à la première page; mais voir, écouter chaque jour uu homme qui plaît, s'accoutumer à ses soins y à l'autorité de son amour ( car quel amour n'est pas un peu despote ! ) , c'est livrer son cœur; aussi madame de Rochebelle ne fut-^Ue pas longtemps sans s'apercevoir de l'empire qu'elle avait laissé prendre à celui que son mari appelait en riant le plus distingué des adorateurs de sa femme.
Dès qu'il ne fut plus possible de se faire illusion sur le danger qu^elle couvrait, madame de Rochebelle prit la ferme résolution d'éviter M. d'Arthenay, autant que l'amour-propre de son II. 5
66 PHYSIOLOGIB
mari voudrait bien ie permettre. Elle fit plus: raffeetation que celui-ci mettait à redoubler d'iutimité avec M. d'Arthe^ rmy la détermina à le prier de venir moins souvent chez elle ; quelques pro*pos mëdisans lui servirent de prétexte:
M. d'Artbenay n'en fut point la dupe:
€ Ses devoirs l'emportent , penaa«t41 ; elle me sacrifie y moi qu'elle a converti à l'amonr ; elle ne craint pas de me dés^ espérer. Oh, si je pouvais lui causer autant de mal qu'elle m'en fait! » car voilà le cruel sentiment qu'entratoe à sa suite le meilleur des amours. Le despotisme ou la vengeance , c'est k devise des anians.
Charmé et blessé tout à la fois de trouver tant .de vertu dans la femme
0U RIBICULB. 67
quIA aitnait, M. d'Arth^iay ne peosa plds qu'à la rendre jalouse.
Madame Menival était jolie, on la rencontrait, partout; elle avait une bonne maison, où rien n'était plus facile que d'être admis. M. d'Arthenay jeta les yeux sur elle pour accomplir son dessein , et en moins de huit jours il fut si bien établi près d'elle y que tout le monde lui en fit compliment. Madame de Rochebelle elle-même ne put s'empêcher de l'en féliciter , le sourire sur les lèvres, et de grosses larmes dans les yeux.
Une seule personne osa le trouver mauvais : on pense bien que ce ne fut pas M. Menival; mais son ami d'Aulerive ne vit point, sans en prendre
d'ombrage, accueillir les soins d'un rival aussi dangereux que M. d'Arthenay ; il en témoigna de l'humeur : on rit de sa jalousie; les coquetteries redoublèrent , et M. d'Aulerive pensant qu'il ne gagnerait rien sur la volonté d'une femme accoutumée par son mari à n'être jamais contrariée, s'en prit tout simplement à M. d'Arthenay. Une discussion politique dans laquelle il changea d'opinion pour mieux combattre celle de son rival , lui fournit l'occasion de placer une de ces injures qu'on ne se pardonne point entre hommes comme il faut* La scène se passa au foyer de l'Opéra , presque sans bruit, mais devant assez de personnes pour être divulguée , . commentée et expliquée par chacune à sa manière.
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Uun de ces charmans étourdis dont l'inconsequaice souvent préméditée aime à répandre de loge en loge, de salon en salon, l'événement du soir, autant pour se faire écouter que pour surprendre une émotion délatrice , s'empressa de venir raconter à madame Menival ce qui venait de se passer dans le foyer entre M. d'Âulerive et M. d'Arthenay.
— Quelle. sottise! s'écria le bon Menival ; se quereller ainsi pour un malheureux projet de loi, une ordonnance, qui seront peut-être révoqués demain par un autre projet de loi , et «ne autre ordonnance ! C'est une extravagance que je ne soufïHrai pas , et je leur ferai bien entendre raison. •
yo PHYUOliOGUS
£n Asant ces mots , il sortit de la loge pour courir après son ami ; mais il n'était plus à TOpéra. Lorsque Meni^ val rerint près de sa feoune, il la trouva pâle et souffirante à tel point qu'il lui proposa de faire demander sa voiture.
On ne sait pas bien pour lequel dea deux madame Menival avait le pli^ d'inquiétude; cependant la supériorité d'un attachement sur une coquetterie ne pwmet pas de douter que M. d'Ankrive nie l'emportât en oette eiroon*stanoe; et puis il se mêlait un peu de lemm^ds à ce qu'dle éfurouvait Quelle firaome peut se croire la cause d'un duel sans ea é^t^ désespérée ! £h bien, ce que le regret, la crainte, le remords et l'amour même in&pi*
M} UDlGVbB. ^I
raient en œ raonmiit à. madame Menival, n'approctiak pas du dévùtÊcmmt paasionné dont VaTei^leiiieiit , l'aiiiîtîé , l'enthoimasme y rendaient son> mari capable envero son cher d'Aulerive* .
Le lendemain dès six heures dd matin , il était chez M. d'Arthenay , employant tonte son ëloqtMfice à lui prouver que ce qu'il appelait le petit mouvement de vivacité de son ami ne pouvait être regardé comme une insulte. Jamais un père , un frère, di^m^ tant au plus barbare préjugé la vie de ce qu'il aime le phis- au monde , ne mit autant de chaleur à défendte une cause, et plus de zèle à concilier une afFaire; mais M. d'Arthenay resta inébranlable.
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-!— En rérité , dit41 à ses témoins, qui Tenaient d'arriver, on doit être sûr de soi quand on a eu le courage d'écouter pendant une heure ce brave homme sans rire, comme je viens de le faire; il a si grand'peur que je ne tue l'amant de sa femme, qu'il me fait pitié. »
Espérant être mieux écouté de M. d'Aulerive, Menival courut chez lui ; mais il était déjà parti pour Saint- Mandé. Alors, décidé à tout tenter pour prévenir un malheur, il ordonne à son cocher d'aller à toute bride pour tâcher de rejoindre la voiture de M. d'Arthenay. Enfin , après bien des détours , Menival arrive au lieu du rendez-vous au moment où les témoins, réunis, aidaient à transporter.... hélas! le pauvre
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d'Aulerive blesse grièvement, et tellement affaibli par la perte de son sang qu'il avait perdu connaissance. M ..d'Arthenay, pâle, abattu, dans le profond accablement causé par un succès douloureux , lui prodiguait les soins les plus empressés; mais M. Menival, indigné de voir le bourreau soigner, la victime , passe devant lui sans nul égard, et s'emparant de sa place, il exhale sa colère et ses regrets sur le sein de son ami. <£ Prenez garde, Monsieur, lui disait-on ; vous pesez trop sur sa blés-» sure. y>
Menival n'entendait rien; il faisait des cris, des gestes, des trépignemens à faire frissonner un mourant.
— Ne nous empêchez pas de le secou-
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riri>, dit enfin M. d'Arthenay en Ikisaiit pirouetter le gros homme , et en l'obligeant à laisser approcher le chirurgien qu'on avait envoyé chercher.
Après avoir bandé la plaie , on pensa
à transporter le blessé chez lui.
— Non pas , non pas , Messieurs , s'écria Menival ; je ne souffrirai pas qu'on mène ce pauvre diable dans un appartement de garçon pour y manquer de tout, et être livré aux soins d'une vieiUe garde. J'ai toujours un appartement de libre dans ma maison pour y recevoir l'ami qui vient de ma province, je. n'en puis faire un meilleur usage que d'y installer ce malheureux blessé ; il y trouvera tout ce qui peut lui être nécessaire , et nous serons plus
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à portée de le secourir. Ma fettme est si bonne pour les malades \ -Ali , ixMp Dieu ! pourvu que nos sohis né soient pas inutiles ! y>
• M. d^Arthenay et tous ceux qui se trouvaient là savaient trop le bien qu'une semblable proposition pouvait faire au malheureux blessé , pour s'opposer à la volonté de Menival.
— Un moment , Messieurs , dit - il avant d'entrer dans la cour de sa maison ; il faut éviter ici de causer une révolution à ma femme dont elle pourrait mourir. Laissez-moi me montrer d'abord ^ afin qu'elle ne croie pas que c'est moi qu'on lui ramène ainsi; la pauvre petite en serait dans un ef-
froi... Restez là.... je retiens aussitôt que je Faurai préparée. Ah , mon Dieu !
quel événement!... 3>
Les situations les plus tristes n'empêchent pas de rire du ridicule ; c'est encore un de ses plus doux bienfaits.
Les témoins de M. d'Aulerive ne se refusèrent point cette petite consolation.
Quant à M. d'Arthenay, il ne se sentit pas. le courage de supporter les regards de madame Menival après ce qu'il venait de faire , il courut s'enfermer chez lui.
« Ne va pas t'inquiéter, Minette , dit M. Menival en ouvrant la porte de la chambre de sa femme ; d'abord y tu vois que je suis sain et sauf.
— Ah, mon Dieu! vous m'efKrayez,
repri^Hè avec Taccent de la terreur ; qu'est-îl arrivé ? Charles.... »
Elle n'en put dire davantage, et retomba sur son siège presque sans mouvement.
— Allons donc , sois raisonnable , reprit-il ; tu vois bien qu'il ne m'est rien arrivé, à moi, et pourtant j'ai failli me rompre le cou en sautant ces diables de fossés pour les rejoindre; mais enfin j'en suis quitte pour la peur et pour le chagrin d'avoir vu tomber ce pauvre d'Aulerive. »
Un cri déchirant s'échappa alors du sein de madame Menival.
oc Mais les chirurgiens ne nous ôtent
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pu tout espoir, continuart-il; et j'espère que no&soiûs*..».
— Il n'eat pas mort ? s'éçria-t-^e.
— Non vraiment; je le ramène avec moi : il est là-bas ; mais je n'ai pa& voulu que tu visses apporter cette triste litière sans t'avoir prévenue de ce qui
en ^t. ]>
Pendant qu'il achevait sa phrase, madame Meniyal avait déjà franchi ses appartemens pour aller au-devant du blessé. Il s'était ranimé à sa voix; la joie de la revoir, de lire sur ce front adoré l'inquiétude qu'il lui causait, le bonheur de se venger en l'afiBigeant, tant de sensations douces vinrent l'agiter que son sang se mit à circuler de
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nauY6au. La bleawre étail: grave ^. ma» le talent du célèbre D^ P. . devait en triompher. En moins de huit jours d'Aùlérivè fut hors de danger, et l'on ne saurait peindre le temps heureux de sa convalesoence. Cette douce langueur d'un retour à l'existence ^ cette joie mal dissimulée de madame Meni-* val en le voyant revenir à l'amour en même temps qu'à la vie, et cette grosse gatté du bon Menival en racontant tout ce qu'il avait fait pour hâter la guérison de son hôte ; c'était vraim^fit un tableau incomparable. H est si rare de voir une pareille félicité ne donner d'humf^ur à peiwnAe !
Pendant que l'amour, la paix, la confiance et la joie régnaient dans la
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maison de Meni val , celle de M. de Rochebelle était le théâtre de scènes con* tinuelles les plus pénibles. Ce qu'on disait dans le inonde de la rivalité qui avait amené le duel de M. d'Arthenay mettait bien Tamour-propre de M. de Rochebelle en repos , mais la pâ* leur qui avait couvert le visage de sa femme en apprenant cette affaire l'avait convaincu de son malheur imaginaire ; il se croyait trahi. En vain madame de Rochebelle avait rompu tous ses rapports avçc M. d'Arthénay; en vain l'innocence de sa conduite aurait dû lui être prouvée comme elle Tétait à tout le monde ; l'idée qu'il jouait un rôle ridicule s'empara de son esprit, et tout sembla confirmer ses craintes imaginaires.
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Le malhear Toulut que , dans ce temps même , sa femme devint grosse ; alors ses soupçons n'eurent plus de bornes : il devint furieux , «t les efforts qu'il fit pour dissimuler sa prétendue honte ébranlèrent tellement les fibres de son cerveau, qu'il fallut le confier au docteur ËsquiroL
Malgré ses cruelles injustices sa femme ne Va point quitté; et c'est dans un de ces asiles où la dé-»
mence se débat contre la médecine, que madame de Rochebellé vit renfermée, près d'un malheureux qui l'in*jurie, la calomnie sans cesse, et qui l'aurait déjà frappée mortellement si la vigilance des gardiens de la maison ne s'y était opposée.