X. Des vieilles Filles
DU
Peste soit qui premier trouva rinTention De s'affliger l'esprit de cette vision ! Et d'attacher l'honneur de l'homme le plus sage Aux cAoses que peut ûdre une femme volage !
C^0 ïfenx Matins.
— Serait- il bien indiscret , Mesdames , de vous demander de jeter un coup d'œil sur cette liste , disait M. de Rochebelle à sa femme et aux amies qui
l'aidaient à composer la liste d'un bal prochain.
— Vraiment , nous avons bien le projet de vous la soumettre , répondit la comtesse de Rochebelle d'un air craintif qui semblait étrange , après le ton si. doux qui avait accompagné la demande de son mari.
— Eh ! pourquoi la lui montrer ?
dit madame de Verrières , jeune étourdie que l'idée d'une condescendance conjugale mettait toujours en état de révolte; ne peut- il s'en rapporter à nous pour le choix des gens que vous devez inviter? A-t-il peur que nous l'exposions à recevoir chez lui de certaines personnes qu'on rencontre
trop souvent là oii elles sont déplacées? ce serait bien peu nous connaître. Ah ! nous savons trop bien vivre pour tomber dans une pareille faute. L'essentiel est d'avoir beaucoup de femmes élégantes, de jolis danseurs, de vieux ducs , de jeunes publicistes , un ou deux poètes , et Tolbèque avant tout.
— Mais dans tout cela , ma chère , dit la vieille marquise d'Orbesson , il y a les élémens d'une fort bonne et d'une fort mauvaise compagnie. Vous n'êtes pas dans l'âge où Ton sait composer un salon , et je vous engage à nous laisser ce soin. Ce n'est pas parce que je l'ai élevé ; mais , certes , mon neveu est connu pour l'homme de Paris
qui connaît le plus les convenances , et sait le mieux son monde.
— Vous me faites bien trop d'bon* neur , reprit M. de Rochebelle ; je n'ai pas assez profité de votre éducation ^ ma chère tante, pour atteindre au grand art de ne réunir que des gens qui se conviennent , et sur lesquels il n'y ait pas la moindre chose à dire.
— Vraiment, il faudrait que vous fussiez sorcier pour arriver à cela , interrompit madame de Verrières; et encore, Dieu sait combien une semblable réunion serait ennuyeuse !
— Nous avons tout simplement ajouté quelques noms à ceux des gens que nous voyons habituellement , et
DV RIDICUtE. 7
vouâ nous obligerez beduc6up de ndus dire s'ils soiit bien choisis, dit madame de Rochebeile en passant ÏA liste à son mari.
— Voilà de ces complaisances qui me sont odieuses, reprit madame de Verrières avec dépit. En vérité, ma chère Albine, si votre mari n'y met pas ordre , vous finirez par le rendre
ridicule , avec votre soumission exagérée, et ce ton triste et cette voix presque tremblante avec laquelle vous lui parlez ; si nous le connaissions moins , il ne tiendrait qu'à nous de le croire un second Othello,
— Ah , la bonne plaisanterie ! s'é«cria M. de Rocihebelle en riant du rire le moins communicatif ; de toutes les
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Peste 8oit qui premier troava l'invention De s'affliger l'esprit de cette vision ! Et d'attacher l'honneur de l'homme le plus sage Aux cKoses que peut faire une femme volage !
(HoLià^a, SfoMirelIfi, scène ^^t^.]
OBSERYATION.
t(B Irrtif MaxxB.
— Serait -il bien indiscret , Mesdames , de vous demander de jeter un coup d'œil sur cette liste , disait M. de Rochebelle à sa femme et aux amies qui
l'aidaient à oomposer la liste d'un bal prochain.
— Vraiment, nous avons bien le projet de vous la soumettre , répondit la comtesse de Rochebelle d'un air craintif qui semblait étrange , après le ton si. doux qui avait accompagné la demande de son mari.
— Eh ! pourquoi la lui montrer ?
dit madame de Verrières , jeune étourdie que l'idée d'une condescendance conjugale mettait toujours en état de révolte; ne peut- il s'en rapporter à nous pour le choix des gens que vous devez inviter? A-t-il peur que nous l'exposions à recevoir chez lui de certaines personnes qu'on rencontre
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trop souvent là où elles sont déplacées? ce serait bien peu nous connaître. Ah ! nous savons trop bien vivre pour tomber dans une pareille faute. L'essentiel est d'avoir beaucoup de femmes élégantes, de jolis danseurs, de vieux ducs , de jeunes publicistes , un ou deux poètes , et Tolbèque avant tout.
— Mais dans tout cela , ma chère , dit la vieille marquise d'Orbesson , il y a les élémens d'une fort bonne et d'une fort mauvaise compagnie. Vous n'êtes pas dans l'âge où Ton sait composer un salon , et je vous engage à
nous laisser ce soin. Ce n'est pas parce que je l'ai élevé ; mais , certes , mon neveu est connu pour l'homme de Paris
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n'a qu'un beau nom sans fortune ^ sans crédit, et M. Menival ne fait cas que de ses millions. Je ne crois pas qu'il ait jamais lu quatre pages d'histoire de France; vous descendriez en droite ligne de Pharamond , qu'il n'en aurait pas plus de considération pour vous.
Aussi rien n'explique lexcès de com* plaisance qui lui fait jouer un rôle si misérable: vraiment, j'en ai quelquefois pitié.
— De la pitié pour ce bon gros Menival, s'écria madame de Verrières; mais il est le plus heureux homme que je connaisse. Toujours content de lui , jamais d'humeur, se trouvant adorable, se croyant adoré , certain que l'argent donne tout, Fesprit, la grâce, le bon
DO RIDICntfi. i'^
ttm; qift'tin millionnaire ebt ttn*dteM> qu'on encense de toutes parts^; ^Wiè femme n'oserait tromper , et dont le maéde A'èaenit se moquer.
^ -^Ah ! vous ne mé ferez pas croire' qiie ses illusions atfleiit jusque-là, te^ prit la marquise : on lui rit au nez continuellement; enfin; à chaque bétisQ qu'il dit.... . ' ; ' '
•*- Et vDOs pensez qu41 s'en iiltquiète? Détrompez*iK)08; il met tout cela 9bt le compte de.l'envie. • ^
— Il n'est pas placé tellement haut, «léme par. sa forttane, pour devoir tant exciter l'envie, et vous le faites plus ncfae qu'il ne le paraît du juoins ,