MÉCANISME GÉNÉRAL DES FONCTIONS GÉRÉBRO-MOTRICES
nerveux ; il démontrait l'existence de cette propriété en disant qne le cœur arraché de la poitrine d'un animal vivant continuait à battre ; il complétait cette démonstration en provoquant, par des excitations, la contraction d'un muscle séparé du corps. Ces expériences, au premier abord, paraissent assez probantes ; mais on peut leur opposer de nombreuses objections et la plus formelle est : celle-ci le cœur, ou tout autre muscle, renferme des nerfs et dans les expériences précédentes la contraction pouvait avoir lieu sous l'influence de ces derniers.
Depuis Haller on a beaucoup discuté sur ce sujet ; le microscope s'est mis de la partie et, en fin de compte, la contractilité musculaire est restée dans la science comme propriété physiologique sans que l'on soit plus avancé aujourd'hui qu'autrefois sur la signification précise qu'il faut donner au mot contractilité. Probablement cette question serait résolue depuis longtemps si, loin de se laisser absorber par l'étude du fait expérimental, on eût analysé, dans leur ensemble, les divers appareils de la ▼le, déterminé les lois de leur évolution, et dessiné enfin les liens h la fkveur desquels ils se communiquent les résultats de leur vie individuelle pour concourir à l'harmonie de l'ensemble. Ne cessons pas de le répéter : à chaque tissu spécial correspond une vie organique propre et une fonction spéciale qui est la vie organique en état d'activité dans un but déterminé. La vie organique continue son évolution sponte sua, h condition qu'on lui fournisse l'aliment nécessaire à son entretien. Le mouvement fonctionnel, au contraire, est essentiellement intermittent et a besoin pour s'effectuer d'une excitation spéciale qui lui est transmise par le système nerveux.
Dans cette action du système nerveux sur le mouvement fonctionnel, il faut se garder de ne voir qu'une^simple transmission : le système nerveux est lui aussi un tissu organique qui a sa vie propre et sa vie fonctionnelle ; et quand nous disons qu'il excite le mouvement fonctionnel de nos organes, il faut voir dans cette excitation ce qui est : le système nerveux en activité fonctionnelle mettant en rapport son mouvement fonctionnel (excitation) avec un ;autre organe. Dans les rapports du mouvement fonctionnel des nerfs avec la fibre musculaire, il n'y a pas seulement transmission de l'excitation : le muscle est vivant, il
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a un tissu propre, une vie organique propre et un mouverment fonctionnel spécial, de telle façon que, lorsque le système nerveux agit sur lui, ce n'est pas pour lui communiquer une propriété nouvelle, mais pour mettre en jeu les propriétés physiologiques qu'il possède déjà. Le muscle entre donc en fonction sous l'influence du mouvement fonctionnel des nerfs ; mais il n'emprunte rien à ces derniers, et dans l'eiTet qu'il produit, il n'emploie que sa fonction propre qu'il doit à la spécialité du tissu dont il est formé.
Suivons d'ailleurs le mouvement fonctionnel du muscle dans les effets qu'il produit et nous verrons qu'à son tour il agit sur les leviers osseux, ou sur les cavités qu'il circonscrit, de la même façon que le système nerveux a agi sur lui.
Le résultat de la contraction (fonction des muscles) est variable selon les attaches des fibres musculaires. Supposons que le muscle s'insère à l'extrémité d'un levier osseux. — L'os, obéissant à la contraction, changera de place ; dira-t-on que le système musculaire lui a communiqué la propriété de changer de place? Non certes. Ici encore nous trouvons le mouvement fonctionnel se communiquant à un autre mouvement fonctionnel : c'est la vie agissant sur la vie. Or quel est le mouvement fonctionnel des os? L'os est composé d'un tissu spécial qui constitue la vie organique ; il résulte de cette vie que l'os occupe une place dans l'espace avec une certaine forme, un certain volume, avec des extrémités articulaires favorables au glissement. La vie fonctionnelle n'étant que la vie organique mise en activité dans un but déterminé, la fonction des os consiste naturellement dans le mouvement des surfaces articulaires, et l'excitant spécial de cette fonction est la contraction musculaire. Toute fonction, en effet, requiert pour entrer en activité l'intervention d'un excitant spécial ; mais cet excitant est très- variable selon la nature de la fonction : pour le système nerveux, l'excitant est un mouvement variable (lumière, son, électricité, etc.), pour le foie, c'est l'introduction des aliments dans l'estomac; pour le muscle, c'est un mouvement dynamique ; pour les os, c'est un mouvement mécanique.
Les considérations qui précèdent^touchant les lois générales de la vie, nous ont amené à admettre, en dehors de tout phénomène expérimental, que la contractilité est une propriété inhé-