CHAPITRE in
Mécanisme général des fonctions cérébro-motrices de nutrition, de reproduction, de relation.
Dans le chapitre précédent, nous avons étudié les rapports fonctionnels qui existent entre le système nerveux et les autres organes de la vie; dans celui-ci, nous chercherons à établir qu'un môme mécanisme fonctionnel préside à l'action du système nerveux sur les trois ordres de fonctions ; nous préciserons la nature de ce mécanisme et nous emploierons divers procédés pour le faire connaître dans tous ses détails.
La part des appareils de la vie de relation, de nutrition et de reproduction est variable, si l'on ne considère que leur destinée fonctionnelle ; mais elle est identique pour tous, si l'on examine ces appareils dans leurs rapports avec le système nerveux. En effet, quel que soit l'appareil, qu'il appartienne aux fonctions cérébro-motrices de relation, de nutrition, de reproduction, il est organiquement préparé pour atteindre un but et il ne peut l'atteindre que si les fonctions nerveuses intrinsèques agissent sur lui pour mettre on mouvomonl les différentes pièces dont il est composé. A cette fin, tous les appareils sans exception dont l'activité ^dépend des fonctions nerveuses intrinsèques sont pour-
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TUS de muscles et c'est par l'intermédiaire de ces derniers qu'ils reçoivent l'influence nerreuse.
Les fonctions intrinsèques n'agissent directement sur aucun appareil organique ; elles agissent sur la fibre musculaire pour en réveiller l'activité fonctionnelle et cette dernière activité seule met en mouvement l'appareil organique quel qu'il soit. Cette vérité absolue nous permet, dans l'étude des rapports fonctionnels du système nerveux avec les organes de la vie, de négliger la forme, l'organisation et le but de ces derniers, pourvu que nous établissions d'une manière précise et formelle le mécanisme général de l'action des fonctions intrinsèques sur la fonction musculaire.
C'est ce que nous ferons dans un paragraphe spécial. Dans un second paragraphe, nous examinerons la part exacte qui revient au cerveau dans l'accomplissement de toute fonction composée, et nous aurons ainsi fait connaître les deux éléments essentiels du mécanisme de toute fonction composée.
ARTICLE I
XiGAmSUE DE l'action des FONCTIONS INTRINSiQUES SUR LA FONCTION MUSCULAIRE.
Lorsque nous avons dit que les fonctions intrinsèques avaient pour but de fournir l'excitant de la fonction musculaire, nous avons exprimé un fait absolument vrai ; mais lorsque nous examinons le système nerveux dans ses rapports avec les organes de ^la vie, ce fait absolument vrai a besoin d'être interprété, et nous devons dire comment il concourt à l'exécution des mouvements les plus compliqués.
£n conséquence, nous examinerons successivement les rapports physiologiques du système nerveux avec le système musculaire, et le rôle de ce dernier dans l'accomplissement des fonctions cérébro-motrices de relation.
§ I. — RAPPORTS PHYSIOLOGIQUES DU SYSTÈME NBRVBUX AVKG LK SYST^MR MUSCUIJIIRR.
Le système nerveux ne présente pas de mouvements appréciables ; le travail fonctionnel dont il est le siège est un molivement
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moléculaire qui échappe à tous nos moyens d'investigation ; mais celte activité silencieuse ne se dépense pas en elle-même : suivant la loi qui préside à l'union de tous les organes, le cerveau ne vit pas isolé ; il paye son tribut aux autres organes comme il reçoit le leur, et c'est dans cette action nécessaire sur des instruments placés en dehors de lui que nous trouverons le secret de ses actes les plus intimes. Semblable à ces appareils qui rendent sensibles à la vue les mouvements sonores en les amplifiant, le système musculaire rend accessibles à nos sens les mouvements moléculaires de la matière nerveuse, non plus en les amplifiant, mais en leur donnant une nouvelle forme. C'est cette forme que nous allons déterminer en signalant la nature des rapports qui unissent le système nerveux et le système musculaire.
Le système nerveux, dans ses rapports avec le système musculaire, peut être comparé à une pile électrique dans ses rapports avec les appareils variés qu'on peut disposer sur ses conducteurs ; et de môme qu'avec la môme force électrique on peut obtenir, grâce à ces appareils, les effets les plus variés (chaleur, lumière, télégraphie, etc.), de môme le système ner\eux, incapable dans son isolement de manifester au dehors son activité, provoque dès qu'il peut agir sur le système musculaire les effets les plus dissemblables et les plus nombreux.
Cette comparaison est très-saisissante ; mais, pour être dans le vrai, nous devons ajouter que, dans la pile électrique, à chaque effet différent correspond un appareil différent : le môme appareil ne saurait fournir des dépêches télégraphiques, de la lumière, etc. Dans le système nerveux au contraire, la môme force agissant sur un môme muscle peut produire les effets les plus divers. Cette différence entre les appareils de la physique et les appareils do la vie tient à ce que les premiers possèdent des propriétés physiques immuables, tandis que les seconds possèdent des propriétés physiologiques essentiellement modifiables dans leur expression.
Le système nerveux agit donc sur la fibre] musculaire pour manifester au dehors, d'une façon saisissante, sa propre manière d'ôtrc. Voyons quel est le mécanisme de cette action.
Ilaller avait dit que la contractilité ou irritabilité est une propriété inhérente à la fibre musculaire et indépendante du système