DR RELATION
Les fonctions intrinsèques, conspirant avec les fonctions'des autres organes vers un but final et commun, ne s'exercent pas à tort et à travers; elles sont nécessairement dirigées par le centre de perception. Or le centre de perception n'est pas une entité, un principe complet, qui sait tout et fait tout en vertu de sa toutepuissance. Non certes, le centre de perception, ou autrement dit l'ensemble des éléments cellulo-impressionneurs, ne sait que ce qui lui est communiqué par les fibres impressionneuses et il fait seulement ce que ses propriétés organiques lui font faire sous l'influence de l'impression reçue. Il suit de là que, pour diriger convenablement la contraction musculaire, le centre de perception ne peut pas se borner à provoquer les diverses fonctions intrinsèques aboutissant à une contraction ; il doit connaître l'état de cette contraction et en modifier la puissance et l'énergie selon les exigences du but à atteindre : selon que la contraction est
plus ou moins énergique, plus ou moins persistante, les moure* ments qui en sont la conséquence varient dans leur étendue, dans leur force et dans leur rapidité. Il est donc indispensable que le centre de perception dirige l'état de la contraction musculaire. A cet effet, les nerfs fonctionnels des muscles composés de fibres impressionneuses et de fibres motrices transmettent au cerveau par l'intermédiaire des premières (cordons posté* rieurs) l'impression provenant de l'état de la contraction musculaire et le centre de perception, éclairé par les sens sur l'état des rapports du corps avec le monde extérieur, provoque dans la fonction cérébello-motrice une énergie proportionnelle aux nécessités du but à atteindre.
Dans cet enchaînement d'actions nécessaires pour l'exécution d'un mouvement convenable, les impressions, transmises au centre de perception par les nerfs fonctionnels des muscles, jouent visà-vis du cerveau le rôle d'excitant spécial, et en Texcitant elles l'éclairent sur une notion distincte de toute autre, la notion de l'état de la contraction musculaire. Cet excitant ne doit pas ôtre confondu avec l'excitant réel des fonctions intrinsèques : celles-ci n'ont pas besoin, pour entrer en jeu, d'une excitation provenant des muscles ; mais, lorsque les fonctions intrinsèques agissent sur les fonctions des autres organes de la vie, l'élément cellulo-impressionneur du cerveau s'inspire à toutes les sources pour diriger convenablement les fonctions intrinsèques vers la réalisation du but commun.
La connaissance de l'état de la contraction musculaire, à la faveur des impressions transmises par les nerfs fonctionnels des muscles, est la plus importante de ces sources et la condition indispensable pour que tout mouvement soit dirigé d'une façon convenable : ni trop fort ni trop faible, ni trop étendu ni trop petit. C'est grâce à ce sentiment que l'oiseau modifie, accélère ou arrête le battement de ses ailes selon qu'il veut monter, descendre ou planer dans les airs ; c'est grâce à ce sentiment que, dans toutes les circonstances où ils se meuvent, le poisson dans l'eau, l'animal sur la terre, mesurent, approprient l'énergie et la rapidité de la contraction musculaire aux nécessités imposées parle buta atteindre; c'est grâce, en un mot, à cet ordre d'impressions que le centre de perception arrive, par un mécanisme