‹ Physiologie du système nerveux [microform]Chapitre 125 sur 197 · MÉCANISME GÉNÉRAL DBS FONCTIONS CÉRÉBRO-MOTRICES · texte numérisé non relu

MÉCANISME GÉNÉRAL DBS FONCTIONS CÉRÉBRO-MOTRICES

très-simple et sans le secours d'organe régulateur et coordinateur, à diriger tous les mouvements du corps provoqués par les fonctions intrinsèques du système nerveux.

Le rôle que nous avons accordé, dans ce mécanisme, au senti* ment de la contraction musculaire est assurément très*considérable ; mais il Test encore bien plus si Ton considère que ce sentiment, analogue à tous les autres, peut être reproduit dans le champ de la mémoire et qu'il devient ainsi la condition obligatoire de l'éducation des mouvements. Sans ce souvenir, en effet, Tezécution des mouvements de l'animal serait un éternel apprentissage (i).

ARTICLE II

r6li du cerveau en tant qu'organe vivant

PENDANT l'exercice DES VONCTIONS COUPOSÉES DE RELATION, DE NUTRITION ET DE REPRODUCTION.

Les mouvements qui accompagnent l'accomplissement des fonctions intrinsèques, associées aux autres fonctions de la vie, ont été prévus dans l'organisation et ils existent organiquement dans les mêmes conditions que les mouvements qui accompagnent l'accomplissement ;des fonctions de nutrition; non-seulement des organes spéciaux ont été donnés à chaque animal pour se mouvoir et agir d'une façon déterminée, mais encore l'association des mouvements élémentaires en mouvements d'ensemble a été organiquement prévue de telle façon que les mouvements n'aient pas besoin d'être appris : le poulet et le poisson qui sortent de l'œuf n'ont besoin d'apprendre ni à marcher ni à nager. Dans quelques espèces animales il y a bien un semblant d'apprentissage ; mais le temps très-court que certains animaux emploient à s'exercer à se mouvoir est plutôt destiné à compléter, à fortifier les instruments qu'à les exercer. L'homme emploie ce temps d'apprentissage, non plus à se mouvoir instinctivement, mais à se mouvoir en être intelligent, c'est-à-dire à perfectionner les mouvements de l'être instinctif et à leur imprimer le cachet de l'intelligence.

Pour remuer ses pattes, ses ailes ou ses nageoires, aussi bien que

(1) Voir page a60 ce que nous avons dit louchant la mémoire de ce sens.

448 FONCriONS COMPOSÉES.

pour sucer le lait ou prendre sa nourriture, l'animal met en jeu une foule de muscles dont il ignore même Texistence, ce qui prouve bien que le cerveau est étranger à l'agencement des mouvements élémentaires en mouvements d'ensemble. Cet agencement est dû à ridée créatrice qui a tout prévu dans l'organisation.

A cet effet, les cellules qui constituent les divers centres médullaires sont réunies et associées dans de telles conditions que, si une excitation arrive dans un centre, cette excitation se propage dans toutes les cellules qui le composent et en même temps aux centres qui sont en rapport de contiguïté avec le centre excité ; plusieurs groupes de cellules se trouvent mis ainsi en activité simultanée ; l'activité des cellules réveille à son tour l'activité des fibres motrices qui leur correspondent, et en définitive celles-ci provoquent la contraction des muscles qui sont sous leur dépendance. Le résultat de cet enchaînement, de cet ensemble d'actions est un mouvement complexe et déterminé, à l'exécution duquel ont concouru plusieurs mouvements élémentaires dissociés. C'est ainsi que les choses se passent : lorsque je veux lever mon bras , je ne dirige pas l'association des mouvements élémentaires en mouvements d'ensemble; cette association existe organiquement et je me borne à exciter sa mise en activité.

Le rôle du cerveau, dans les fonctions composées, ne consiste donc pas à associer des mouvements élémentaires, mais à exciter l'activité de leur association. Ce rôle ne se borne pas là : nous avons vu, dans le paragraphe précédent, quelle cerveau prenait en main la direction de l'état de la contraction musculaire ; nous allons le voir maintenant diriger les rapports généraux du corps ou d'une de ses parties avec le monde extérieur.

Pendant que le cerveau fournit aux autres organes de la vie le produit de ses fonctions, qui est un mouvement capable de provoquer la contraction musculaire, il n'abdique pas les propriétés d'organe percevant et se souvenant : il voit, il entend, il sent, en un mot, le but à atteindre, et dès que par sa fonction il a provoqué un mouvement dont le résultat a été de changer les rapports du corps avec le monde extérieur, il perçoit ce changement et il excite de nouveau la fonction d'une façon corrélative aux nouveaux rapports du corps avec le but à atteindre. Ainsi, par

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exemple, le but de la fonction composée est de porter le corps vers la porte de ma chambre : après chaque pas, les rapports du corps avec le but à atteindre changent ; le centre de perception perçoit , constate ce changement et, si rien ne vient entraver son action, il excite de nouveau le mouvement fonctionnel jusqu'à ce que le but soit atteint. Mais, si après le premier pas mon corps trouve un obstacle, le centre de perception perçoit l'impression de l'obstacle et, tout en ne cessant pas d'avoir en vue le point à atteindre, il modifie le mouvement fonctionnel de fagon que le corps puisse franchir ou tourner l'obstacle.

Cet exemple montre bien le rôle du cerveau comme organe spécial jouissant de propriétés spéciales. En effet, grâce à ses propriétés organiques, le cerveau fournit d'abord une impulsion sous l'influence de laquelle la fonction est accomplie d'une manière fatale et nécessaire ; après cela, chaque mouvement fonctionnel ayant eu pour effet de changer les rapports du corps avec le monde extérieur, l'excitant fonctionnel n'est plus absolument le même vis-à-vis du centre de perception ; celui-ci apprécie le but à atteindre d'une*autre façon, et le nouveau mouvement qu'il provoque peut être considéré comme une nouvelle fonction. En réalité, cette nouvelle fonction est une période de l'activité fonctionnelle s'exerçant d'une manière corrélative aux divers changements de rapports qui surviennent entre le corps et le but à at« teindre.

Dans ces conditions, toute fonction cérébro-motrice de relation, de nutrition ou de reproduction peut être considérée dans son accomplissement comme le résultat d'un nombre de fonctionnements successifs et distincts, mais concourant tous pour un même but.

Grâce à la possibilité de pouvoir modifier la direction ou l'énergie du mouvement fonctionnel selon les circonstances qui surviennent pendant l'accomplissement des fonctions composées, possibilité qu'il doit à ses propriétés d'organe percevant, le cerveau dirige convenablement le mouvement des organes de la vie avec lesquels il concourt à la réalisation d'une des trois destinées de l'être vivant : vivre, échanger des rapports avec le monde extérieur et se reproduire.

En tenant compte des fonctions intrinsèques du système nerveux , en tenant compte des divers états de la contraction muscu- Éo. rouiwtÉ. — Syst. nerv. 29

laîre , en tenant compte enfin de la direction des rapports du corps ou d'une de ses parties avec le monde extérieur, il n*est pas de fonction cérébro-motrice, de relation, de nutrition ou de reproduction, qu'on ne puisse décrire d priori. En effet, pour toutes ces fonctions le mécanisme est le môme ; pour toutes, ce sont les mômes éléments essentiels; quant aux éléments accessoires, ils sont très- variables et représentent les organes de la vie dont la connaissatice ressort de l'anatomie descriptive. Nous croyons par conséquent qu'il est tout à fait inutile d'analyser en particulier chacune de ces fonctions ; ce soin sera rempli par tout lecteur qui possède les premiers éléments de l'anatomie. Nous constatons cette possibilité avec une certaine satisfaction, car il est permis de voir dans cette simplification de la physiologie les résultats avantageux de la méthode que nous avons adoptée pour définir et blasser les diverses fonctions du système nerveux. Pour rendt*e d'ailleurs plus facile l'application des principes qui précèdent à la description d*une fonction cérébro-motrice quelconque, nous formulerons nos idées d'une manière concise, tout en leur conservant leur succession logique, dans le tableau suivant :

TABLEAU EEPRÉSENTANT LE MÉCANI!(M£ GÉNÉftAL

DES FONCTIONS CÉRÉBR0*)i0TlUCBS DE NUTRITION^ DE RKPRODtlCTION, DE RBtAlION

1« Excitant fonctionnel.

Fonction cérébromotrice.

i« Matière

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