‹ Physiologie du système nerveux [microform]Chapitre 129 sur 197 · CM H · texte numérisé non relu

CM H

ARTICLE I

Les mouvements attractifs sont ceux qui poussent irrésistiblement l'animal vers ce qui n'est pas lui par le seul attrait d'une impression agréable. Ces mouvements sont provoqués sous l'influence des impressions de besoin qui proviennent de la vie fonctionnelle de nutrition, de relation et de reproduction. Les premiers qui se manifestent ont pour but de répondre aux exigences de la vie fonctionnelle de nutrition et ils s'imposent à l'animal d'une manière irrésistible.

Mouvements attractifs destinés à satisfaire les besoins de nutrition. — Les organes, créés pour accomplir fatalement leur évolution, exigent le nutriment nécessaire à leur entretien. A cet effet, ils sont le point de départ d'impressions de besoin qui vont retentir dans le centre de perception ; celui-ci excite à son tour l'activité des organes des sens et de celle des muscles dans le but de multiplier les contacts du corps avec le monde extérieur et de fournir aux besoins organiques l'occasion de se satisfaire. C'est ainsi que le sentiment de la faim, celui de la soif provoquent les mouvements de la vie de relation dans toutes les espèces animales. Chez les oiseaux, chez les poissons, comme chez les mammifères, les impressions provenant de la vie organique provoquent, selon un mécanisme analogue, les premiers mouvements de la vie fonctionnelle de relation. Le vol, la nage, la reptation, la locomotion n'ont pas d'autre mobile ni d'autre but : fournir aux organes l'occasion de se maintenir dans leur état physiologique.

Si nous voulions expliquer ici comment se produisent les mouvements de translation sollicités par les impressions de la vie organique, nous serions obligé d'étudier en détail ces mouvements dans toutes les espèces animales, et cela nous mènerait un peu trop loin. Nous nous bornerons à indiquer d'une manière générale le mécanisme de leur exécution.

Il ne suffit pas qu'un animal ait faim ou soit' pour que le centre de perception donne immédiatement satisfaction à ces besoins en provoquant les mouvements de la vie fonctionnelle de rela-

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lion. Bn regardant superficiellement les phénomènes, on pourrftit n'y voir que cela ; mais le mécanisme, bien que très-simple, e^t un peu plus complexe et utilise d'autres éléments essentiels que nous allons faire connaître.

Le centre de perception est, en effet, réveillé par l'impression de la faim ou de la soif; ce réveil est caractérisé par une sorte de malaise qui provoque l'activité fonctionnelle de tous les organes de la vie de relation ; mais ce réveil, cette activité seraient lettre morte si le centre de perception ne possédait pas la faculté d'être impressionné d'une certaine fkçon agréable ou désagréable par les objets extérieurs. Grâce à cette faculté, il tàte avec les sens ce monde extérieur qui doit satisfaire les besoins du|corps, et dès qu'il a trouvé l'impression agréable » les instruments qu'il possède s'emparent de l'objet impreësionnant pour le mettre en rontact avec les organes de nutrition.

Prenons pour exemple le premier en date de tous les mou- • vements attractifs provenant des besoins organiques de la vie de nutrition.

Le premier des mouvements attractifs se montre après la naissance lorsque l'animal, poussé par la faim, se meut en fiai'* rant vers la source vivifiante» Durant cet acte, le centre de perception est impressionné non-seulement par le contact des mamelles et par l'arrivée du lait, mais aussi par les circonstances de milieu qui ont accompagné ces impressions ; il suit de là que, lorsque l'animal sera de nouveau sollicité par le sentiment de la faim, il se rappellera non-seulement le sentiment agréable déjà éprouvé, mais aussi les circonstances de milieu qui l'ont amené à cette satisfaction, et.il dirigera ses mouvements en conséquence : pour regagner la mamelle, il ne raisonne pas ; il se souvient et il agit.

Plus tard, lorsque la source vivifiante est tarie, l'animal ne grimpe plus sur les mamelles de la mère ; mais, dirigé par le centre de perception, éclairé lui-môme par les sens, il se meut vers un autre milieu, et, selon les organes que la nature lui a donnés, il fait sa proie d'un autre animal ou il se nourrit d'un végétal.

Dans l'avenir il sera toujours attiré vers le nouveau milieu qui lui aura procuri l'impression agréable de satisfaction. La

lieu, elle est exécutée par des instruments organiques agencés d'une manière favorable à son accomplissement; troisièmement, l'énergie des mouvements exécutés est dirigée par le centre de perception; quatrièmement enfin, les rapports variables du corps ou d'une de ses parties avec le monde extérieur sont dirigés par le centre de perception éclairé par les sens.

L'existence et le siège des éléments matériels qui concourent à l'accomplissement des fonctions cérébro-motrices étant bien constatés, l'enchaînement des diverses activités fonctionnelles étant bien déterminé, il nous a paru possible de photographier en quelque sorte ces fonctions dans une figure schématique.

Nous donnons cette figure à titre d'aide-mémoire.

Le tableau et les figures qui accompagnent notre démonstration s'appliquent à la description du mécanisme de tout mouvement, de toute fonction cérébro-motrice composée; mais si la description de ce mécanisme nous enseigne les procédés de la transformation de la matière en mouvements fonctionnels, elle ne nous dit pas quels sont ces mouvements, quelle est leur nature, quels sont leurs caractères, et par quels organes ils sont exécutés. C'est par l'étude des mouvements fonctionnels en eux-mômes que nous compléterons réellement l'étude des fonctions composées du système nerveux et, pour ne laisser rien à désirer, nous donnerons plus tard, comme type d'une fonction cérébro -motrice de relation, la description de la fonction-langage.

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blement le plus noble et le plus pur. L'attraction, purement sensitive chez les animaux, devient chez Thomme l'attraction intelligente de deux âmes Tune vers Tautre et donne naissance à l'amitié.

L'attraction chez les animaux est purement sensitive; c'est pourquoi, lorsqu'un sentiment plus fort qu'elle s'empare de l'animal, celui-ci sacrifie sans regret l'objet de son affection. Basés sur ce sentiment, les liens de l'association, chez l'ôtre exclusivement sensible, sont bien fragiles et ce n'est pas sans répugnance que nous appliquons les expressions société, sociabiii té aux réunions intéressées de quelques espèces animales. La formation de toute société suppose de la part des individus une détermination raisonnée librement; rien de cela n'existe chez les animaux : leurs associations, rendues possibles par une aptitude native, par le sentiment immédiat de la solidarité non raisonné, reposent en définitive sur un motif inconscient et égoïste.

Certaines espèces, grâce à l'abondance de la nourriture que la nature a semée sous leurs pas, n'éprouvent jamais le besoin de se disputer l'aliment de la vie ; aussi les individus ne trouvent que des sensations agréables dans les rapports qu'ils ont avec leurs semblables : voir, se nourrir, crier, manger comme lui, est pour l'animal un spectacle réjouissant et un excitant continuel à se procurer les sensations agréables qui résultent de l'activité fonctionnelle de ses organes.

D'autres espèces, les loups par exemple, ne se réunissent en bandes que lorsque iFabsence de nourriture et l'aiguillon de la faim les y poussent; dans ce cas, ce n'est point le sentiment de la défense ou du danger qu'ils courent qui les rapproche, mais l'utilité qu'ils trouvent à chercher une proie en commun, parce que le flair et la vue de dix loups valent plus, dans ce but, que le flair et la vue d'un seul.

Ce qui arrive exceptionnellement pour les loups est la condition habituelle d'autres espèces, les hyènes par exemple. Ces animaux vivent en bandes parce que le besoin de pourvoir à leur entretien les attire vers le môme lieu et que généralement la proie enfouie qu'ils découvrent suffit à la satisfaction de plusieurs.

La plupart des espèces voyageuses vivent en bandes parce que, dans leurs aventureuses pérégrinations, un millier d'impressions I ÉD. FOURNiK. — Syst, nevo, 30

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