DE NUTRITION, DE REPRODUCTION ET DE RBIATION
Les grandes proportions que nous avons données à chacune des parties qui constituent la fonction cérébro-motrice nous imposent l'obligation de reprendre en mains les fils déjà posés afin de donner une plus grande unité h notre travail. C'est pourquoi nous résumerons en quelques mots ce que nous savons déjà de la fonction cérébro-motrice.
L'instrument cérébral puise dans le sang les éléments de son entretien et il maintient ainsi les propriétés organiques de son tissu. Ces propriétés se dévoilent au contact du mouvement impressionneur, et voici comment : le cerveau donne naissance à des libres impressionneuses qui vont se répandre dans toutes les parties du corps ; on peut diviser ces fibres en deux classes selon que leur extrémité périphérique est en rapport avec l'intérieur de nos organes ou avec le monde extérieur : dan&le premier cas, le mouvement impressionneur des fibres est réveillé par les mouvements organiques ou fonctionnels, et ce mouvement est transformé par le cerveau en perception ; dans le second cas, le mouvement impressionneur des fibres est réveillé par un mouvement extérieur et, comme ce mouvement est variable, l'extrémité des nerfs est munie d'un appareil spécial destiné à le physiologiser. Cinq sortes de mouvements extérieurs viennent réveiller le mouvement physiologique des fibres impressionneuses; par conséquent celles-ci déterminent dans le cerveau cinq sortes de perceptions correspondant chacune à un mouvement extérieur déterminé.
En transformant le mouvement impressionneur en perceptions, le cerveau ne fonctionne pas ; ses propriétéjs d'organe vivant sont seules mises en jeu : en un mot, il vit. Cette vie organique ne s'arrête pas là : la transformation du mouvement impressionneur en perceptions est accomplie par des éléments
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organiques qui reçoivent par ce &it une modalité particulière. Ija mise en activité de cette modalité nouvelle sous l'influence d'un mouvement impresaionneur quelconque peut donner nais* sauce au môme phénomène perception, qui dans ce cas est une perception de souvenir. Le cerveau se souvenant ne fonctionne pas plus que lorsqu'il transforme le mouvement impressionneur en perceptions ; dans les deux cas il vit.
Comme nous l'avons démontré (p. 338), la perception des im* pressions de toute nature et par conséquent les phénomènes de mémoire ont leur siège dans les cellules impressionneuses placées à la périphérie du cerveau.
La perception des impressions actuelles et de souvenir caractérise essentiellement le cerveau en tant qu'organe vivant et le distingue de tous les autres organes. Cette manière de vivre spéciale exerce naturellement une grande influence sur le mécanisme fonctionnel; et bien que le cerveau fonctionne selon des lois fondamentales communes et générales, il doit à ses propriétés orga^ niques de fonctionner d'une façon qui le distingue des autre» organes.
En eOét, le cerveau perçoit l'excitant de sa fonction ; de plus, il en perçoit le résultat, qui est toujours un mouvement exécuté par nos organes. Il insulte de ces deux ordres de perceptions que, contrairement à ce qui se passe dans les fonctions de nutrition, le cerveau peut obéir ou résister h l'influence de l'excitant fonc« tionnel ; qu'il peut modérer ou activer le mouvement fonctionnel et le placer dans les conditions les plus favorables : par les per-» ceptions que le mouvement impressionneur, provenant de la profondeur des organes provoque, il connaît les besoins de la vie organique et il dirige sa fonction en vue de la satisfaction de ces besoins ; par les perceptions que le mouvement impressionneur, provenant des organes, des sens, réveille, il dirige les rapports du corps avec le monde extérieur et place ainsi son mouvement fonctionnel dans les conditions les meilleures pour qu'il atteigne son but. Pour éviter toute confusion, empressons-nous de dire que, considéré au point de vue purement organique, le cerveau ne dirige rien ; il fournit au mouvement fonctionnel, qui est le vé* ritable directeur, l'occasion de se diriger au moyen des perceptions de toute nature : il est organe percevant et se souvenant.
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le mouvement fonctionnel fait le reste. La transformation des perceptions en mouvements fonctionnels se fait à la faveur d'une disposition anatomique que nous avons déjà fait connaître et qu'il nous suffira d'indiquer ici. Les cellules impressionneuses, disséminées à la périphérie corticale du cerveau, sont en rapport avec des cellules motrices qui à leur tour donnent naissance à des fibres motrices ; celles-ci, après s'être concentrées dans le noyau de l'encéphale (corps striés), se disséminent dans la moelle et vont se répandre dans toutes les parties du corps d'où provien-^ nent les fibres impressionneuses que nous avons vues aboutir à la périphérie corticale du cerveau. De cette façon, il n'est pas une impression perçue qui ne trouve l'occasion de manifester son mode d'activité par un mouvement provoqué dans les fibres motricesi
Jusqu'à présent nous avons analysé la transformation de la ma-> tière fonctionnelle en mouvements fonctionnels dans l'intimité même du tissu nerveux, et pour la description de ces actes mystérieux nous avons dû nous adresser plutôt aux yeux de l'esprit qu'aux yeux du corps. Le moment est venu de donner à cette description une forme plus sensible en transportant le problème dans les organes qui exécutent les mouvements fonctionnels. Dans cette étude nous nous dispenserons de parler des mouve-* ments fonctionnels de nutrition et de reproduction dépendant de la fonction cérébro-motrice, pour mieux appliquer notre attention sur les mouvements fonctionnels de relation, qui sont évidemment les plus importants. D'ailleurs rien ne sera plus facile à chacun que de compléter notre énumération et notre classification sur ce sujet.
Considérant que la matière fonctionnelle de l'être exclusive^ ment sensible est essentiellement distincte delà matière fonctionnelle de l'être à la fois sensible et intelligent, nous en concluons à priori que dans les deux cas les mêmes mouvements fonctionnels doivent se distinguer par des caractères empruntant leur origine à la nature de la matière fonctionnelle.
Cette considération, qui sera parfaitement justifiée dans sa légitimité, nous engage à énumérer et à classer dans des sections sé^ parées les mouvements fonctionnels de l'être sensible et ceux de l'être intelligent.
mouvement impressionneur, provenant des profondeurs de la vie organique et de la vie fonctionnelle. Nous sommes donc autorisé à dire que les mouvements de la vie de relation, sollicités par une impression provenant de la vie organique ou de la vie fonctionnelle, ne sont pas volontaires. La volonté n'existe pas chez l'être exclusivement sensible ; l'être sensible tend avec plus ou moins d'énergie vers la satisfaction de ses besoins, mais il ne veut pas. Nous démontrerons plus loin que la volonté est l'apanage exclusif de l'intelligence de l'homme.
ARTICLE IL