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INSTINCTS PARTICULIERS

Les instincts particuliers à chaque espèce animale ont pour but, comme les précédents, de donner satisfaction aux besoins de l'être sensible ; mais ils sont servis par des organes spéciaux et selon des procédés propres à chaque espèce. C'est à ces divers procédés, exécutés par des organes spéciaux et sôus la di« rection nécessaire de la sensibilité active, que l'on donne le plus communément le nom d'imiinct : l'instinct du castor, celui de l'abeille, etc.

De tout temps, rimagination des savants el des amateurs s'est exercée de la façon la plus généreuse, j'allais dire la plus courtoise, envers l'instinct particulier des botes. On ne peut pas leur en vouloir quand on songe qu'ils défendent les pauvres et les faibles ; mais la vérité nous oblige de mettre une sourdine à notre sentiment, et à dire quelques mots intelligents touchant les êtres purement sensibles.

Actions et facultés inifttinctives. — En général, dans l'étude de cette question, on s'est trop préoccupé de l'instinct considéré comme principe immatériel, distinct, et spécial à certains animaux. Une fois le principe admis, on lui a fait faire tout ce qu'on a voulu ; les uns un peu plus, les autres un peu moins, quelquesuns même l'ont assaisonné d'un brin d'intelligence ; bref, l'instinct a tout expliqué et on s'est tenu pour satisfait paçce que l'on avait inventé un mot.

Ainsi compris, le mot instinct ne dit absolument rien, et cependant les phénomènes qu'il représente ne sont pas au-dessus de la portée de l'intelligence humaine.

Nous admettons en principe que l'ensemble des choses ici-bas existe en vue d'une fin déterminée, parce que toutes les observations, toutes les expériences conduisent à cette croyance consolante ; mais la science doit s'incliner devant le grand inconnu : le commencement et la &n. Moins bornée quand elle applique ses procédés d'investigation à l'étude des êtres vivants, la science peut déterminer, par des observations judicieuses, les moyens qui ont été donnés à chaque individu pour remplir sa destinée ; elle peut dire : tel instrument a été donné à tel animal avec l'aptitude à s'en servir dans le but rapproché d'obtenir tel résultat. La science peut dire cela, sans se préoccuper de la destinée particulière de chaque individu dans la grande harmonie des existences et son œuvre n'en est pas moins grandiose, car c'est en déterminant d'une manière convenable les instruments propres à chaque animal et les diverses aptitudes qui président à leur emploi qu'elle peut parvenir à caractériser les mouvements des êtres créés.

Nous devons donc chercher le but immédiat de la créature dans ses rapports avec le monde extérieur, dans l'énumération de ses organes, dans leur fonctionnement et dans l'aptitude

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innée qui la pousse à se servir de ses instruments d'une façon déterminée. Dans celle question, il faut se garder, comme Font fait tant de naturalistes, de ne considérer qu'un des éléments du problème, c'est-à-dire l'organisation spéciale des animaux : la connaissance de cette organisation est sans doute très-précieuse, mais elle est insuffisante. L'examen de la mâchoire, la forme et la position des dents, permettront sans doute à un naturaliste de dire si tel animal est carnassier ou herbivore, cependant cett<î détermination possible et vraie ne sera pas une solution complète du problème qu'on se pose en pareil cas : tel animal possède des dents admirablement disposées pour déchirer la viande ; chez tel autre les mêmes organes présentent une disposition favorable au mâchonnement de l'herbe, mais cela n'est pas suflisant pour expliquer comment ces animaux se nourrissent exclusivement, les uns de chair, les autres d'herbages. Lorsque, dirigé par le centre de perception, éclairé lui-môme par les sens, l'animal dévore une proie vivante, peut-on dire qu'il n'agit ainsi que parce qu'il possède des molaires et des canines taillées d'une certaine façon ? Non certes. Le principe de détermination des actes de l'animal n'est pas dans les instruments, mais en ce point du cerveau ou le centre de perception provoque le mouvement des organes dans des conditions et sous une forme déterminées. En d'autres termes, pour que l'animal se nourrisse d'un morceau de viande et non d'une tige de blé, il faut qu'il trouve une satisfaction profonde dans le premier cas, et qu'il reste indifférent ou désagréablement impressionné dans le second. Or cette manière d'être impressionné agréablement ou désagréablement, dans des conditions déterminées, constitue les diverses aptitudes propres aux espèces animales; ces aptitudes les poussent invinciblement à employer d'une certaine façon les instruments qui leur ont été donnés et, quand cette impulsion est devenue active par la détermination de certains mouvements, on donne à l'ensemble de ces phénomènes le nom d'actions instinctives ou de facultés instinctives.

Dans cet ensemble, on ne saurait séparer les instruments du principe qui les met en jeu sans s'exposer à tomber dans l'erreur : le principe, impressionné d'une certaine façon et qui ne disposerait pas des instruments qui lui sont propres, serait faussé dans ses manifestations, et réciproquement les instruments qui ne

seraient pas dirigés par le principe qui doit les mettre en jeu, fonctionneraient mal, et le but immédiat de Tétre créé serait manqué.

Mécanisme des actions instinctives. — Pour ne négliger aucun des éléments qui entrent dans les conditions fondamentales de la production de l'instinct, nous étudierons successivement :

i** Les sources qui alimentent la sensibilité en la réveillant ;

^ L'organisation particulière des instruments qu'elle doit mettre en jeu ;

3* La structure du cerveau.

Les causes impressionnantes proviennent de deux sources bien distinctes : les unes de la profondeur des organes, les autres du monde extérieur. Les premières sont représentées par l'ensemble des besoins de l'organisme qui vont retentir d'une manière impérieuse dans le cerveau, non pour déterminer le mouvement fonctionnel (nous avons vu qu'elles en sont incapables, p. 176), mais pour le soïliciter à agir et le tenir ainsi dans une sorte de tension fonctionnelle ; les secondés, représentées par l'ensemble des perceptions qui viennent par les sens, déterminent l'exécution des mouvements fonctionnels sollicités par les premières. Ces deux ordres d'impressions se complètent l'un l'autre : les impressions de besoin, vagues et indéterminées, sollicitent le cerveau à agir d'une manière générale ; les impressions qui proviennent de l'extérieur donnent à l'impression de besoin l'occasion de se définir elle-même, de prendre telle ou telle autre couleur, de se transformer enfin en impulsions déterminées. Il est évident, en eflet, qu'une impulsion à faire quelque chose suppose que l'on connaît déjà cette chose, qu'on l'odore, qu'on la touche, qu'on la goûte, qu'on l'entend, qu'on la sent, en un mot. Mais sentir d'une certaine façon et être poussé à agir d'une manière corrélative, ne sont pas des éléments suffisants pour expliquer les actes variables des animaux ; on ne peut pas être poussé à agir d'une certaine façon si déjà on ne connaît pas le résultat possible de cette action.

Or «comment les animaux connaissent-ils le résultat possible de leurs actes? Par un mécanisme très-simple et dont nous avons déjà parlé à propos de la fonction cérébro-motrice.

Lorsque, sous l'influence de l'excitant fonctionnel, toutes les activités organiques du cerveau sont réveillées, il se produit ce

ÉD. FOURNIE. — Syst. flffU. 35

que nous avons appelé Yexûtnendespossibilitésmotnces.'lesélémeniA cellulo-impressionneurs agissent sur les éléments cellulo-moteurs ; les diverses possibilités de mouvement sont ainsi essayées d'une manière tacite et, en définitive, le mouvement qui a paru le plus convenable pour répondre à la nature de l'impression reçue est exécuté. Pour apprécier judicieusement l'examen des postibiiiiés motrices^ il ne faut point perdre de vue l'harmonie préétablie qui existe entre les éléments du cerveau et les instruments de la vie de relation à la faveur des fibres impressionneuses et motrices ; il ne faut pas oublier non plus que le cerveau ne peut vouloir que ce qui est représenté possible dans les instruments, et réciproquement que ceux-ci ne peuvent exécuter que les mouvements seuls que le cerveau peut commander. Grâce à cette harmonie organique, Vexamen des possibilités motrices n'exige pas une grande science ; il se fait en quelque sorte automatiquement, et n'a besoin pour être éclairé que de l'intervention des impressions qui proviennent des instruments de la vie de relation, des impressions qui proviennent des organes des sens, et de la mémoire de ces diverses perceptions.

Les impressions provenant des besoins organiques, les impressions provoquées par les objets extérieurs, l'examen des possibilités motrices par le centre de perception, sont les conditions générales qui président à la naissance des impulsions instinctives et à leur transformation en mouvements déterminés. La connaissance de ces conditions générales nous amène tout natoreliement à l'explication de chaque instinct en particulier.

Deux animaux, organisés d'une façon différente, doivent nécessairement fournir des impressions organiques qui réveilleront dans le centre de perception des impressions différentes; cela est évident : les impressions qui proviennent des organes d'un chien ne peuvent pas réveiller, dans le centre de perception, les mêmes impulsions qui, sous une influence analogue, seront réveillées dans le cerveau d'une abeille. Non-seulement, chez ces deux animaux» la structure du corps est différente, mais encore il y a chee l'abeille des organes (sources impressionnantes, glandes ciripares) qui n'existent pas chez le chien. Par conséquent, le chien et l'abeille doivent être sollicités à agir d'une façon différente. Lorsqu'après avoir reçu une impression, le centre de perception

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provoquera un mouvement, ce mouvement sera toujours mouvement chez le chien et chez Tabeille ; mais ses effets, dans les deux cas, seront bien différents, parce que les organes qui les exécutent sont eux-mômes différents : le chien fera mouvoir ses pattes et Tabeille battra des ailes.

Puisque les sources impressionnantes et les instruments sont si différents chez ces animaux, le cerveau doit aussi varier de structure parce qu'en vérité l'encéphale est le commencement et la un des nerfs ; c'est à lui qu'aboutissent les ûbres impressionneuses, c'est de lui que partent celles qui vont provoquer des mouvements spéciaux. Il suit de là que nous devons trouver dans les cerveaux du chien et de l'abeille non-seulement une disposition différente, mais dans chacun d'eux une structure harmonique, d'un côté avec les sources impressionnantes, de l'autre avec les instruments. En d'autres termes, il faut que les instruments soient en état de donner satisfaction aux impressions provenant des besoins organiques et que le cerveau soit organisé de telle façon, qu'il trouve agréable ce qui peut concourir à cette satisfaction et qu'il trouve désagréable ce qui n'y concourt pas.

Ainsi considéré, le cerveau représente un double trait d'union placé entre les sources impressionnantes et les instruments : le. premier trait, correspondant à la sensibilité réveillée par l'impression, est passif ; le second, correspondant à la sensibilité agis-* santé, est actif. Mais le centre encéphalique ne se borne pas à provoquer des mouvements ; ces mouvements ont une Un déterminée ; il faut, par conséquent, qu'ils soient dirigés, et c'est ce qui a lieu. A cet effet, en même temps que le centre de percep* tion provoque des mouvements, il dirige, au moyen des sens, lea rapports du corps avec le monde extérieur, et, attentif aux impressions qui proviennentde ces mouvements mômes, il les accepte ou les modifie selon que le sentiment qui en résulte est agréable ou désagréable.

Ce que nous venons de dire touchant le développement de l'intinct chez le chien et chez l'abeille est susceptible d'être généralisé et appliqué à chaque animal en particulier. Par exemple, les impressions qui partent des organes d'un carnassier, et parti» culièrement celles qui proviennent du tube digestif, des dents et de la musculature de la mâchoire, réveilleront dans le centre de

perception des impulsions différentes de celles qui seront réveillées par les impr(Bssions provenant des organes d'un herbivore, et, dans les deux cas, les mouvements exécutés seront corrélatifs à la nature des impressions reçues.

Le lion, réveillé par l'aiguillon de la faim, se sent dominé par les impressions qui proviennent de ses griffes, de sa mâchoire, de son tube digestif. Tous ses organes sont en état de tension fonctionnelle, ses yeux cherchent, ses narines tâtent ; les herbes, les fhiits, les graines, laissent son centre de perception indifférent. Mais si une proie vivante se présente, l'odorat se trouve agréablement impressionné ; le centre de perception est rempli d'une douce satisfaction et, afin de la rendre plus complète, le lion met en jeu les diverses possibilités de mouvements qui lui ont été départies, pour s'approprier l'objet impressionnant.

Chez l'herbivore, les choses se passeraient de la même façon physiologîquement parlant. Chez lui, comme chez le lion, le centre de perception, réveillé par la faim, mettrait les organes des sens en état de tension fonctionnelle jusqu'à l'apparition de l'objet capable de procurer l'impression agréable, pour déterminer en suite les mouvements d'appropriation avec les instruments spéciaux qu'il possède.

Au point de vue de la mécanique animale, les faits que nous venons d'exposer ne laissent rien à désirer, et l'interprétation que nous en avons donnée nous parait parfaitement juste ; mais ce mécanisme ne nous explique pas pourquoi le lion est impressionné agréablement par une proie vivante, tandis que le cheval n'est agréablement affecté que par un peu d'herbe, et l'abeille par le pollen des fleurs. Des impressions venant du dedans et du dehors, des mouvements exécutés par des organes spéciaux, et un centre de perception placé entre les deux, n'expliquent pas comment les espèces animales trouvent sur notre planète, sans étude, sans expérience préalable, ce qui convient spécialement à leur organisation. Quand on dit que leur instinct les guide, on se paye commodément d'un mot, mais ce mot ne dit rien. Voyons s'il ne serait pas possible, sinon d'expliquer le principe, de soulever du moins le voile qui cache les manifestations de son activité.

Immédiatement après leur naissance, les animaux choisissent dans le milieu où ils vivent ce qui convient à leur entretien et

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rejettent ce qui no lui convient pas. Les uns choisissent les graines, et particulièrement celles qui peuvent les nourrir et non les empoisonner ; les autres choisissent les herbages ; il en est enfin qui se nourrissent d'animaux vivants. Les espèces animales n'ont fait en naissant ni un cours de botanique, ni un cours de zoologie, ni un cours de toxicologie, et cependant elles en démontreraient, dans la pratique, aux plus illustres de nos savants. Le secret de cette grande science apparente est renfermé dans un mot : la sensibilité,

La sensibilité synthétise toutes les sciences et les résume dans deux impressions : l'une agréable l'autre désagréable. Esclave de ces deux impressions l'animal ne saurait jamais se tromper dans ses déterminations ni dans ses mouvements, parce qu'en obéissant aux unes ou en exécutant les autres, il sait s'il est impressionné agréablement ou désagréablement et que, selon les cas, il n'a qu'à fuir ou à approcher. Mais, dira-tron, ceci n'explique pas les déterminations si diverses des espèces animales dans le choix de leur nourriture; la sensibilité seule ne nous dit pas comment ce qui plaît à certaines espèces déplaît à d'autres, ce qui est une bonne alimentation pour les uns devient un poison mortel pour les autres. Rien n'est plus vrai et, tout au moins, sommes-nous tenu à donner quelques explications.

La sensibilité, principe nécessaire., immuable, indivisible, le môme pour tous, ne peut pas changer : être ici carnassier et là herbivore; la matière contingente, seule, peut être modifiée, et ce sont ces modifications dans le nombre, la forme, et l'association des éléments matériels qui donnent à la sensibilité la robe, la couleur d'un principe différent. Nous ne voulons pas dire par là que la propriété essentielle de l'élément cellulo-impressionneur , c'est-à-dire la perception, change ; non certes, la perception est invariable, car elle est la vie, mais ce qui change c'est la manière agréable ou désagréable dont cette perception est développée par les causes impressionnantes. Ce mode agréable ou désagréable résulte lui-môme de l'enchaînement harmonique qui existe parmi les éléments de l'organisme ; le mode est agréable quand la cause impressionnante réveille un mouvement harmonique, c'est-à-dire un mouvement qui concorde avec Taccomplissement régulier des fonctions spéciales à chaque animal ; il est désa-

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gréable si la cause impressionnante réveille un mouTement contraire à rharmonie générale des mouvements fonctionnels.

C'est ainsi que Ton peut s'expliquer pourquoi l'abeille recherche le pollen des fleurs, pourquoi certains oiseaux recherchent la graine et d'autres le gibier ; pourquoi enfin, chaque espèce créée cherche et choisit dans l'immense grenier de la nature l'aliment qui convient à l'évolution physiologique de ses organes.

En étudiant les influences réciproques des trois fermes qui concourent à la production de l'instinct, on arrive à analyser mathématiquement les conditions de ses manifestations et, dès lors, rien ne nous étonne dans la mécanique vivante de l'être sensible si ce n'est l'admirable combinaison de ses incomparables rouages. Dans cette mécanique, si mal comprise, disons-le en passant, par Descartes et par les hommes de son école, la sensibilité joue le rôle le plus important. C'est elle qui, réveillée par des impressions spéciales, met en jeu les instruments créés et adaptés de la façon la plus convenable pour répondre à la nature des impressions qui l'ont affectée ; elle fait plus : pendant qu'elle provoque les mouvements, elle les dirige par le moyen des organes des sens ; elle est attentive aux impressions qui eu proviennent et elle agit en conséquence des modifications de plaisir ou de peine qu'elle subit. C'est ainsi que, réveillé par le sentiment et servi par des instruments spéciaux que le sentiment dirige, l'ôtre exclusivement sensible accomplit les œuvres les plus ingénieuses sans qu'il y ait chez lui le moindre efl*ort intelligent.

Ce qu'il y a de plus merveilleux dans l'instinct, ce n'est pas l'instinct lui-môme et les œuvres qui en sont le résultat. Non, les phénomènes de l'instinct ressortent de la physiologie et ne demandent pour être expliqués, dans leur mécanisme, qu'un peu d'attention servie par des notions saines touchant les phénomènes de la \'ie ; mais ce qui est vraiment admirable, c'est l'ouvrier qui a si bien agencé ces machines vivantes, c'est cet ouvrier que nous n'expliquons pas, car sans cela nous serions lui ; inclinonsnous et soyons-lui reconnaissant de nous avoir organisés de telle façon que nous puissions le reconnaître en étudiant ses œuvres.

En tenant compte des principes qui président aux manifestations de l'instinct, il n'est pas un acte de Tôtre sensible que l'on

ne puisse physiologiquement expliquer. Il nous paraît superflu par conséquent de fournir ici des exemples, et avec d'autant plus de raison qu'on en a trouvé un assez grand nombre dans le chapitre que nous avons consacré aux mouvements de Fôtre sensible. Nous nous bornerons àYésumer ce que nous venons de dire au sujet de Tinstinct dans quelques propositions générales. Pour expliquer physiologiquement les instincts particuliers, il faut tenir compte :

!• De l'état anatomique des parties d'où viennent les impressions qui doivent donner la vie à la sensibilité en réveillant le centre de perception ;

2*» 11 faut s'appliquer à l'examen difficile et délicat des parties du cerveau au milieu desquelles la sensibilité se développe ;

3* Il faut s'inspirer de la nature de la force ou de la faiblesse des instruments que le centre de perception met en jeu pour donner satisfaction aux impressions de besoin qui Taffectent ;

4° EnÛn il ne faut pas oublier que, si des organes particuliers ont été donnés à chaque animal, les choses ont été prévues dans l'organisme de telle façon que, sous l'influence de l'attrait du plaisir, sous l'influence de la crainte ou de la douleur, toutes les fonctions s'accomplissent selon le but pour lequel elles ont été créées.

Nous ne parlerons des caractères distinctifs de l'instinct et de l'intelligence que dans le chapitre consacré & cette dernière.

ARTICLE III

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