DES HALLUCINATIONS
Afin de simplifier le sujet, afin aussi de ne pas confondre désormais l'hallucination avec ce qui n'est pas elle, nous préciserons d'abord la signification du mot illusion.
De nilusion. — Nous désignons sous le nom d'illusion le trouble le plus élémentaire des fonctions cérébro-motrices sensorielles : notre esprit est impressionné par un objet ; mais il ne le voit pas tel qu'il est et tel qu'il l'aurait vu dans d'autres circonstances : telle est l'illusion. Ce trouble ne peut pas être confondu avec l'hallucination, dont il est cependant le premier degré, parce que, dans l'illusion, l'intelligence a besoin d'un substratum^ d'un
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canevas extérieur pour bâtir , édifier la création qui doil la tromper.
Dans rhallucination, Tobjet impressionnant est créé par l'intelligence, sans que Timpression d'un objet extérieur soit nécessaire.
MM. Esquirol, Baillarger ont parfaitement établi cette distinction, qui n'est pas acceptée par tous les aliénistes : M. Aubauel» entre autres, cherche à démontrer l'identité de l'illusion et de l'hallucination.
L'illusion est, en général, produite par une préoccupation vÎTe de l'esprit qui retrace, dès qu'il en trouve l'occasion, l'objet do ses préoccupations. L'occasion la plus favorable est la perception confuse d'une impression qui a quelques rapports avec l'objet de la préoccupation : un objet mal éclairé, un son lointain, etc., etc., sont un canevas très-propice sur lequel l'intelligence complète les lignes obscures de l'objet qui impressionne ses sens avec la silhouette de l'objet de ses préoccupations.
De t hallucination, — Les avis sont très-partages sur ce qu'on doit entendre par hallucination.
Pour M. Lélut, « l'hallucination est la transformation de la ( pensée en sensation (1). »
(( Ij'hallucination, dit M. Baillarger, est considérée par les uns comme un symptôme physique et qui exige l'emploi des moyens physiques. Les autres, au contraire, ne voient chez les hallucinés que des phénomènes intellectuels, et ceux-là préconisent avant tout le traitement moral. »
Nous ferons remarquer, en passant, combien les mots phéno^ mènes intellectuels sont peu précis ici et combien ils font senlir la nécessité d'une physiologie réelle du système ner\'eux. Il est évident que les auteurs qui s'expriment ainsi font allusion aux actes de l'intelligence, provoquant les mouvements subjectifs du langage.
Après avoir critiqué les uns et les autres, M. Baillarger prend la moyenne, et déclare que pour lui il y a des hallucinations de deux sortes : « les unes complètes, composées de deux éléments qui sont le résultat de la double action de l'imagination et des
(1) Du Démon de Socrate, p. 237.
organes des sens : ce sont les hallucinations psycho-sensorielles ; les autres, dues seulement à l'exercice involontaire de la mémoire et de rimagination, sont tout à fait étrangères aux organes des sens ; elles manquent de l'élément sensoriel et sont, par cela même, incomplètes : ce sont les hallucinations psychiques (1). » Malgré là grande et très-légitime autorité de M. Baillarger, nous ne saurions admettre cette division sur les bases qu'a adoptées le savant aliéniste, et, pour prouver l'exactitude de notre manière de voir, nous allons essayer de démontrer que les définitions de M. Baillarger sont bien loin d'être applicables à leur objet.
M. Baillarger définit l'hallucination psycho-sensorielle : « Une perception sensorielle indépendante de toute excitation extérieure des organes des sens, et ayant son point de départ dans l'exercice involontaire de la mémoire et de P imagination, )> Nous ne voyons pas d'abord la nécessité de faire intervenir Vimagination dans les hallucinations psycho-sensorielles. L'imagination suppose nécessairement l'intervention de la volonté, car l'action A'imaginery nous l'avons déjà dit, consiste à établir volontairement des rapports fictifs entre les divers éléments de la pensée. Or un halluciné n'imagine pas l'objet de son hallucination ; nous n'en voulons d'autre preuve que les observations relatées par M. Baillarger lui-même, et recueillies sur des hommes capables d'apprécier ce qu'ils éprouvaient pendant l'hallucination : Muller, Burdach, Nicolaï.
Des hommes comme ceux-là qui affirment que, pendant l'hallucination, ils ont essayé d'étudier le phénomène qui se produisait en eux, n'ont pas l'imagination troublée ; car pour étudier un phénomène, il faut conserver toute sa présence d'esprit :
« J'essayais, dit Nicolaï, cité par M. Baillarger, de reproduire à volonté les personnes de ma coimaissance par une objectivité intense de leur image ; mais quoique je visse distinctement dans mon e^rit deux ou trois d'entre elles, je ne pus réussir à rendre extérieure l'image intérieure. »
« Ainsi Nicolaï, continue M. Baillarger, comme tous les malades capables de bien juger leurs fausses perceptions, était bien
(1) Mémoire sur l$s haUucinatiùnSf p. 369,
loin de confondre les produit» de F imagination (comme M. Baillarger se condamne lui-même dans cette pbra&e !} avec des hallucinations. » M. Baillarger a raison : Tballucination n'est pas le résultat de l'imagination, dont il ne faut pas confondre les prodsiiu avec les hallucinations y et nous sommes heureux que le saYani aliéniste le dise lui-même après avoir dit le contraire un peu plus haut.
D*où viennent ces contradictions? Nous ne craignons pas de les attribuer à ce qu'on emploie les mots volontaire et inMi^fiation sans savoir au juste ce que ces mots veulent dire. Nous avoua dit que la mémoire est un acte volontaire ou involontaire de Tintailigence s'exerçant sur les organes des sens pour reproduire majectioement une sensation déjà perçue, tandis que rîmagination est un travail de la pensée établissant des rapports fictifs entre les sensations et les idées. C'est la pensée s'exerçant avec imagination^ Tout cela est bien différent; mais ces distinctions si importantes n'avaient pas été faites.
Voyons à présent le second terme de la définition de M. Baillarger, c'est-à-dire Y exercice involontaire de la mémoire. L'acte mémoire intervient évidemment dans le phénomène hallucination; mais il faut s'entendre sur cette intervention.
Pour M. Baillarger, rhallucination a son point de départ dans l'exercice involontaire de la mémoire. Nous ne voyons pas conunent l'exercice involontaire de la mémoire peut être le point de dépari d'une hallucination. Dansjl'état normal, la mémoire peut s'exercer indistinctement d'une manière volontaire ou involontaire : volontaire lorsque nous voulons reproduire dans l'un de nos sens une impression déjà perçue ; involontaire lorsque, pendant l'exercice de la pensée, la perception d'une idée, d'une sensation quelconque rappelle dans un sens une impression déjà perçue. Il résulte de là qu'un acte de mémoire involontaire^ acte tout à fait physiologique, ne peut pas caractériser un acte pathologique» entrer par conséquent dans la définition des hallucinations.
En disant que l'hallucination a son point de départ dans Texer* cice involontaire de la mémoire et de l'imagination, M. Baillarger attribue à ces dernières (qu'il considère comme des facultés intmatérielles constituant les phénomènes intellectuels de rhallucination) la cause de l'hallucination ; mais là est l'erreur. L'ballu-
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cination est un trouble de la mémoire ellç-même et non un trouble occasionné par elle.
Nous ne saurions trop le répéter, le seul critérium de la pathologie est dans la physiologie. C'est en nous appuyant sur elle que nous allons essayer de déterminer ce qu'on doit entendre par hallucination.
Le caractère pathognomonique de l'hallucination est fourni par la perception involontaire d'une impression d'origine réelle ou imaginaire, dont l'objet n'impressionne pas actuellement les sens par sa présence. Ce caractère essentiel est donc un phéno*mène de reproduction subjective. Or qu'est-ce que la reproduo» tion subjective d'un objet ? C'est un phénomène de mémoire» J/hallucination est donc un phénomène de mémoire. Mais qu'est-ce qui distingue ce phénomène de mémoire pathologique de la mémoire physiologique? Dans la mémoire physiologique, nous sentons que la reproduction subjective de l'impression se fait en nous; nous avons conscience que cette reproduction est un acte physiologique, tandis que dans l'hallucination la reproduction subjective est si énergique^ que l'halluciné croit voir l'objet de son impression au dehors de lui, comme s'il existait réellement* Il voit les fantômes, il entend les voix graves ou aiguës venant de droite ou de gauche* Cette reproduction subjective^ qui arrive jus^ qu'à Yobjectivitéf n'est qu'une exagération de Yaçle mémoire physiologique.
Dans l'hallucination, le centre de perception est plus excité qu'il ne l'est dans la mémoire.
L'hallucination est donc un phénomène purement sensoriel, nullement mêlé de phénomènes psychiques, car l'intelligence ne peut reproduire Yacte mémoire qu'avec le secours des organes. L'acte mémoire, comme l'acte hallucination, sont nécessairement le résultat de l'action de l'intelligence sur les cellules de la périphérie corticale, et ils ne peuvent en aucun cas être constitués par un phénomène psychique immatériel. Il ne faut pas confondre l'acte hallucination avec la cause qui a pu le provoquer, et qui souvent réside dans l'imagination.
D'après ces considérations, nous définirons l'hallucination : la reproduction involontaire d'une impression déjà perçue, réelle ou imaginaire f mais avec une énergie suffisante pour que Tobjet de.
816 PRINCIPE DES I^CRMINATIOMS DK L'HOlfME.
l'impression reproduite paraisse impressionner réellement aos sens.
Tous les sens spéciaux peuvent servir de prétexte au développement des hallucinations. Les nerfs impressionneurs, qui pro- | viennent de la profondeur de nos organes, peuvent donner n^ssance à un trouble analogue ; mais il résulte de la nature du sentiment que ces nerfs réveillent dans le centre de'perceptîoiu que les hallucinations provoquées par eux, n'ont pas le caractère déûni des hallucinations sensorielles. Il y a entre ces diverses hallucinations la différence qui existe entre un sentiment et une sensation proprement dite. Les phénomènes bizarres de sensibilité que les hypochondriaques éprouvent dans différentes parties du corps, sont de véritables hallucinations ayant pour siège les nerfs de la sensibilité générale (1).
Après avoir déterminé d'une manière précise la nature de l'hallucination, en tant qu'élément pathologique» nous devons compléter notre œuvre en indiquant les divisions naturelles que Ton peut établir dans l'étude de cette maladie.
Tous les phénomènes de mémoire peuvent être le point de départ d'une hallucination.
Par conséquent, suivant les divisions naturelles que nous avons tracées dans Tétude de la mémoire, nous devons trouver :
1<> Des hallucinations provenant de la vie fonctionnelle de nutrition ;
S"" Des hallucinations provenant de la vie fonctionnelle de reproduction;
S*" Des hallucinations provenant de la vie fonctionnelle de relation.
Ces trois divisions renferment non-seulement toutes les hallucinations, mais encore elles présentent le précieux avantage d'indiquer leur provenance. j
Les hallucinations qui se rattachent à la mémoire de la fonction-langage, font partie de la troisième division et correspondent physiologiquement à la mémoire des sensations qui résultent de l'activité volontaire de nos organes. Les aliénistes, en général, ne
(1) Voir ce que nous disons touchant les impressions sensitives génôralea (p. 205).
TRO08LfiS PATHOLOGIQUES. 817
nous paraissent pas avoir bien compris le mécanisme qui préside au développement de cette hallucination ; et nous en avons la certitude, quand nous les voyons classer les hallucinations de la parole parmi les hallucinations de l'ouïe.
L'hallucination ne peut être que la représentation subjective exagérée d'un objet capable d^impressionner un de nos sens. Or dans la parole nous trouvons, il est vrai, un phénomène sonore capable d'impressionner le sens de l'ouïe ; mais le phénomène sonore ne constitue pas à lui seul le mot proprement dit. Ce mot renferme une signification que l'ouïe est incapable de percevoir. On voit, en effet, des personnes qui entendent le mot, mais qui n'en comprennent pas le sens. Par conséquent, si l'halluciné comprend le sens de la parole qui constitue l'hallucination, il y a. chez lui autre chose qu'une hallucination du sens de l'ouïe ; il y a également hallucination du sens du mot, et comme cette hallucination ne fait pas partie du sens de l'ouïe, on a tort de ranger la parole parmi les hallucinations de ce sens.
M. Baillarger établit, dans ce cas, une distinction qui prouve que ce savant a senti ce qu'il y avait d'irrationnel dans cette classification : il n'introduit parmi les hallucinations psycho-sensorielles de l'ouïe que les cas spéciaux dans lesquels le malade dit entendre au dehors de lui la voix qui lui parle, réservant pour la classe des hallucinations p5ycAtig^tie9 les cas dans lesquels le malade entend parler en lui-m6me.
Cette distinction est loin d'être suffisante ; car toutes les fois qu'on entend des voix extérieures ou intérieures,.il y a hallucination du langage. Or le langage est un phénomène complexe, composé de mouvements voulus et d'impressions perçues ; il doit y avoir, par conséquent, hallucination de ces divers éléments. C'est ce que nous allons démontrer, en traçant les troubles qui surviennent dans les rapports de l'intelligence avec les mouvements de la parole.
to, FOunmÉ. — Sysi. nerv. 52
B18 PRINCIPE DES DBTEftIiiNATiOMS DE L*HOMME.
ARTICLE IL
HÂLLTJGIIfATIONS DE LA FONGTIOlfH^ARGAGE.
Nous avons vu que la parole est constituée par deux phéaomènes distincts : !<> un acte déterminant des mouvements significatifs ; ^ une impression sur l'ouïe, qui est la conséquence da ces mouvements. Or ces deux phénomènes sont inséparables daas la production du langage, et également indispensables : si rouie ne préaLde pas à la formation des mouvements, ces derniers ne peuvent pas être effectués avec inteUigence ; si l'ouïe est seule impressionnée par le phénomène sonore, la iignificatim de ce phénomène n'arrive pas à l'intelligence, car nous l'ayons démontré, le sens du mot est dans l'acte qui détermine les monvemenis sonores. II résulte de là que, dans l'hallucination de la parole, lorsqu'un malade entend des voix qui lui parlent, et qu'il les comprend, il doit y avoir hallucination portant également sur l'acte déterminant les mouvements significatifs et sur le phénomène sonore. Conune nous avons donné le nom de sens de ta pensée aux phénomènes qui constituent le langage, nous donnerons le ngm à* hallucination du sens de la pensée à l'ensemble des troubles qui caractérisent l'hallucination de la parole.
Gela posé, et considiérant que l'hallucination est une exagération involontaire de l'acte physiologique mémoire^ nous aurons à tenir compte dans l'hallucination du sens de la pensée du trouble de la mémoire des idées et du trouble de la mémoire des mots.
Cependant toutes les fois qu'il y aura véritablement hallucination de la parole, c'est-A-dire toutes les fois que le malade entendra des paroles et qu'il les comprendra, le trouble de la mémoire des mots accompagnera nécessairement I0 trouble de la mémcNire des idées; car, pbysiologiquement ou pathologiquement parlant, lo mot ne peut être compris qu'à cette condition.
A ce point de vue, il n'est donc pas nécessaire d'établir une distinction entre les deux mémoires qui constituent la mémoire du sens de la pensée. Mais il peut arriver que l'excitation qui provoque rhallucination s'exerce plus vivement sur le phénomène sonore que sur l'acte voulu, sur le nerf auditif que sur les fibres nerveuses qui ^reçoivent l'action directe de l'intelligence. La
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prédominance de Texcitation, dans l'un ou dans l'autre cas, fait que l'hallucination peut être plus accusée dans le phénomène sonore que dans l'acte voulu, et réciproquement.
Lorsque l'excitation sensoriale est trës-vivoi le malade entend la voix au dehors de lui ; il peut en apprécier le timbre, la tonalité, la direction.
En général, à cette hallucination de la parole vient se joindre une hallucination véritable de l'ouïe : le malade entend des sons, des bruits divers.
Si l'excitation sensoriale est moins vive et si, au contraire, la pulpe cérébrale est plus vivement excitée, les voix ne paraissent plus venir du dehors : le malade prétend qu'il a un interlocuteur dans la tète, ou bien il dit qu'on lui parle en idfe, en pemée^ etc.
Très-souvent, les hallucinés de cette dernière catégorie ont entendu, dès le début de la maladie, les mêmes voix au dehors d'eux. Il semble que la maladie débute toujours par une excitation sensoriale plus vive.
Ce sont ces hallucinations, dans lesquelles l'excitation semble s'effectuer exclusivement sur l'acte qui constitue l'idée, que M. Baillarger a appelées p$yehique$,
« Les hallucinations psychiques, dit H. Baillarger, sont des perceptions purement intellectuelles ayant leur point de départ dans l'exercice involontaire de la mémoire et de l'imagination. »
Imbu de la croyance générale qu'il existe des phénomènes purements intelketueh : supposant que l'imagination fait ses opérations en elle-même, sans le secours de la matière, le savant aliéniste n'a pas vu dans la formation de l'idée et dans tous les phénomènes intellectuels le mouvement indispensable de la matière dans lequel l'intelligence a mis l'idée, et qui constitue l'élément du langage.
Non, il n'y a pas d'hallucinations purement psychiques, c'està-dire un dérangement de l'esprit pur. Nous ne saunons trop le répéter : l'esprit, l'intelligence, le principe, enfin, ne peut être lésé. Quand nous constatons un dérangement prétendu intellectuel, ce n'est pas l'esprit qu'il faut faire intervenir, mais ses instruments.
D'un autre côté, nous pouvons affirmer qu'il n'y a que des hallucinations sensoriales, parce que les objets de nos sensations
ne peuvent être reproduits subjectivement que par les organes qui conservent en puissance la faculté de fournir une perception du souvenir.
L'intelligence ne crée rien par elle-méHie ; il n'y a pas de phénomènes purement immatériels^ car le mot phénomène suppose nécessairement l'intervention de la matière ; il y a une intelligeDce et des organes ; les dérangements atteignent les organes, mais jamais Tintelligence elle-même. Si l'on veut découvrir la cause des trQubles de la pensée, il faut la chercher dans les ^apports de l'esprit avec la ma,tière.
Or ces rapports sont au nombre de trois : le phénomène sensation, le phénomène mémoire et la fonction-langage. Ces trQîs rapports essentiels constituent le domaine de l'intelligence.
Les sensations fournissent le grain ; la mémoire transforme le grain (premier acte de l'intelligence) en élément de la pensée ; ie langage est l'instrument précieux avec lequel l'intelligence fait fructifier le grain en lui donnant le mouvement de la vie.
L'intelligence est dans tous ces actes ; mais à elle seule, elle serait impuissante, car elle ne peut pas inventer le grain si elle ne le connaît pas ; elle ne peut pas exercer son influence sur lui s'il n'est pas incorporé, c'est-à-dire en rapport direct avec elle ; elle ne peut pas enfin le faire fructifier, le rendre intelligent si, par l'instrument du langage, elle ne le transporte pas dans son propre domaine, dans le domaine de l'intelligence.