CHAPITRE VII
Du noyau de rencéphale.
Anatomib. — Le noyau de Tencéphale, situé au centre des hémisphères, est constitué par l'apport successif des fibres qui proviennent de toutes les parties du système nerveux cérébro-spinal. Nous avons vu en effet que les faisceaux de la moelle, condensés en partie dans les pédoncules cérébraux, viennent s'épanouir dans les deux hémisphères et former ainsi la base du noyau cérébral ; nous avons vu encore que le cer» velet envoie dans cette même région deux prolongements considérables sous le nom de pédoncules cérébelleux iupérieun ; nous avons vu enfin que toutes les fibres du noyau blanc des hémisphères convergent pour aboutir vers ce même centre.
Prenant en main chacune de ces parties comme autant de fils épars dont nous connaissons déjà une des extrémités, suivons- les pas à pas, consta* tons leur mode de terminaison dans le centre commun, et nous nous formerons ainsi une idée assez exacte de la région du système nerveux, la plus importante à connaître^ et peut-être aussi la plus difficile à démêler.
Toujours fidèle au plan que nous nous sommes imposé, nous allons d'abord parler des cavités cérébrales et nous décrirons ensuite les parties qui les circonscrivent.
CavUé$ cérébrales, — Les cavités cérébrales peuvent être considérées comme étant la terminaison du canal médullaire. L'origine ou plutôt roe« casion de la dilatation du canal de la moelle doit être cherchée dans la constitution des pédoncules cérébraux, et surtout dans leur écartement. On sait en effet que l'aqueduc de Sylvius occupe la partie postérieure et médiane de la protubérance.
Or, lorsque les éléments fibrillaires de cette dernière Tiennent à se séparer pour constituer les pédoncules cérébraux, l'aqueduc de Sylvius« placé à Torigine de cet écartement, se trouve tout d'un coup agrandi en proportion de Técartement lui-même^ en profondeur et en largeur. Cette dilatation, qui porte le nom de ventricule moyen, est fermée en bas par une lame mince de substance nerveuse qui unit les deux pédoncules cérébraux. Rien n'est plus facile à présent que de compléter notre description.
Après leur écartement, les pédoncules cérébraux se réfléchissent de bas en haut, affectant dans ce mouvement des configurations diverses (couches optiques, corps striés), et se terminent^ sous le nom d^évenlails pédonculaires, dans les hémisphères. La partie interne et supérieure de ces pédoncules fournit les parois latérales des cavités cérébrales ; quant à la partie supérieure, elle est entièrement formée par la voûte du corps calleux. Telle est l'aspect général de la dilatation du canal médullaire dans le cerveau. Pour compléter notre description, ajoutons que cette grande cavité est divisée en deux étages par une lame de substance nerveuse horizontalement placée (trigoiie cérébral), et que Tétage supérieur est divisé lui-même en deux compartiments latéraux par une cloison verticale (cloison transparente) : Tétage inférieur porte le nom de ventricule moyen ; rétage supérieur celui de ventricules latéraux.
Ventricule moyen, — Le ventricule moyen est situé sur la ligne médiane entre les deux pédoncules cérébraux. Sa forme est celle d^un entonnoir aplati dont la base serait tournée en haut et le sommet en bas ; cet entonnoir est séparé de la base du cerveau par une lame de substance nerveuse qui fait suite à la lame interpédonculaire, et qu'on désigne sous le nom de tuber einereum. Sur cette lame on remarque, à sa partie antérieure, une petite tige longue de 0«^004 à 0"^^006 constituée par une agglomération de fibrilles nerveuses grises qui porte le nom de tige pituitaire. Cette tige se termine en bas par un corps ovoïde, désigné sous le nom de corpx pituitaire. Pendant longtemps on a été indécis sur la structure de ce petit corps ; mais, grâce aux travaux de l'histologie moderne, on a acquis la certitude que c'est une glande vasculaire sanguine (appareil hématopoîétique) constituée par une série de vésicules pourvues d'une membrane propre et entourées d'un réseau de ftbres de tissu conjonctif (1).
En arrière de la tige pituitaire on rencontre, sur le tuber einereum, deux intumescences géminées^ séparées par un sillon médian. Ces petits corps sont constitués par un noyau central de substance grise^ continue avec la substance grise de ventricule moyen, et par une couche périphérique trèsmince de substance blanche qui représente les fibres d'origine des piliers antérieurs du trigone.
Les parois du ventricule moyen sont triangulaires, planes, verticales et divisées en deux parties par un sillon horizontal. La partie supérieure est constituée par les couches optiques ; la partie inférieure représente un
(1) Lic^^cois, Thèse d^ agrégation, Paris, iStiO.
DU NOYAU DE L'ENCÉPHALE. i^
de substance grise que Ton peut considérer comme étant dans le cerveau la continuation de la substance grise centrale de la moelle. Les éléments bistologiques sont d'ailleurs identiques.
Au niyeau de la réunion du tiers antérieur avec les deux tiers postérieurs, les parois opposées du ventricule moyen sont réunies par une bande» lette de substance grise très-mince, très-molle et de forme quadrilatère : c'est la commisMure molle ou la commissure grise des coucbes optiques.
Le bord postérieur du Tcntricule moyen offre à considérer un cordon cylindroîde composé de substance grise dont les extrémités plongent dans rîntérieur des couches optiques : c^est la commissure grise pnstèrieure. Au-dessus de cette commissure, nous trouvons un petit orifîce désigné par Vieussens sous le nom d'anus^ et qui n'est autre chose que l'extrémité antérieure de l'aqueduc de Sylvius.
Le bord antérieur du ventricule moyen présente à notre attention les piliers antérieurs do trigone qui, se recourbant de haut en bas et d'arrière en avant^ disparaissent dans l'épaisseur des parois du troisième ventricule, après s'être séparés sous un angle très*aigu. Avant de se séparer, les piliers du trigone rencontrent les pédoncules du conarium, et de la réunion de leurs courbures dirigées en sens inverse résultent les trous de Monro, destinés à laisser passer Torigine des yeines de Galien et une partie des plexus choroïdes. Ces trous établissent une communication directe entre le Tentricule moyen et les ventricules latéraux.
Immédiatement en arrière de la courbure des piliers du trigone, on trouve un cordon cylindrique qui réunit les deux corps striés et qui porte le nom de commissure antérieure.
La hase du ventricule moyen est formée par le trigone recouvert par la toile chorMienne, Cette toile est formée par une membrane cellulo-vasculaire qui tapisse les parois du ventricule moyen. Elle se présente sous la forme d'un triangle dont la base correspond à la partie moyenne de la grande fente cérébrale ; elle renferme dans les deux feuillets qui la composent la glande pinéale et les veines de Galien.
Le conarium, ou glande pinéale, est un petit corps grisâtre situé audessus des tubercules quadrijumeaux et un peu en arrière du ventricule moyen. Cet organe est composé de substance grise analogue à la substance corticale ; il renferme une quantité variable de concrétions calcaires. Quelquefois le eonarium est creusé d'une cavité remplie d'un liquide lactescent ou muqueux. Ce petit corps est en rapport avec différentes parties du cerveau au moyen de petits cordons connus sous le nom de pédoncuiêsdu conarium.
Les pédoncules supérieurs ou rênes (habenœ) se dirigent horizontalement, en avant; situés à la surface des couches optiques, et se terminent dans les piliers antérieurs du trigone ; les pédoncules transverses ou moyens, placés au-dessous de la commissure postérieure du cerveau, se dirigent en dehors et vont se terminer dans l'épaisseur de la couche optique ; les pédoncules inférieurs se dirigent presque verticalement en bas.
au-devant de la commissure postérieure, et se distribuent dans Tépaisseur des couches optiques.
Le Irigone cérébral ou voUte à quatre piliers est situé, à la façon d'un plan de séparation, entre le ventricule moyen et les ventricules latéraux ; il se présente sous la forme de deux bandelettes, entre-croisées en X sur un point plus rapproché de leur extrémité antérieure.
La face supérieure de ces bandelettes fait partie du plancher des ven* tricules latéraux et présente vers sa partie antérieure un sillon médian dont les bords se continuent avec les lames de la cloison transparente ; vers sa partie postérieure, au niveau de la séparation des deux branches de rx, cette face est adhérente avec la face inférieure du corps calleux, dont les fibres affectent en cet endroit une direction transversale ; de Tentremêlement de ces deux ordres de fibres, les unes se dirigeant en bas et en dehors, les autres dans le sens transversal', il résulte une disposition particulière qui ressemble à celle de certains instruments à cordes ; de là le nom de lyre ou psallérium donné par Vicq-d'Azir à cette région.
La face inférieure du trigone répond au ventricule moyen, dont elle n'est séparée que par la toile choroïdienne ; ses bords reposent également sur cette dernière et sur les couches optiques.
Les extrémités du trigone sont plus particulièrement connues sous le nom de piliers aniéripurs et piliers postérieurs.
Les piliers antérieurs^ représentés par les branches antérieures de VXf se séparent à angle très-aigu et s'incurvent de haut en bas et d'avant en arrière, en passant devant la commissure antérieure, et disparaissent dans répaisscur des couches optiques pour aller former l'enveloppe médullaire des tubercules mamillaires, et revenir ensuite se terminer dans le tubercule antérieur des couches optiques.
Les piliers postérieurs se dirigent, immédiatement après leur origine, en bas, en dehors et en arrière, et se divisent bientôt en deux bandelettes : Tantérieure descend sur le bord interne de Thippocampe et se termine en pointe, après un assez long trajet, sous les noms de tœnia de V hippocampe, de corp; frangés ^ etc., etc.; la bandelette postérieure, beaucoup plus courte que la précédente, se confond avec Técorce blanche de la corne d^Ammon.
D'après cette description, il est facile de voir que le trigone cérébral représente un système de fibres médullaires destinées à unir deux couches éloignées de substance grise : celle de la circonvolution de l'hippocampe et celle des tubercules mamillaires.
Ventricules latéraux. — Nous venons de voir que les parois du ventricule moyen sont formées par les pédoncules cérébraux verticalement dirigés en haut. Or, au niveau de la toile choroïdienne et du trigone, ces pédon* cules abandonnent la direction verticale et, se déjetant brusquement en dehors, ils s'épanouissent selon une surface plus ou moins arrondie qui forme, avec le trigone, le plancher des ventricules latéraux. Les ventricules latéraux sont séparés, sur la ligne médiane, en avant par