‹ Physiologie du système nerveux [microform]Chapitre 30 sur 197 · DES HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX · texte numérisé non relu

DES HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

confirmer ; nous ne pouvons pas d'ailleurs accepter la forme soos laquelle on nous les présente ; notre esprit se refuse à voir des cellules cérébrales former des idées associées^ jugées^ imaginée», etc., et modifier l'activité de nouvelles cellules pour « révéler au dehors le produit de la conception idéale, projeter extérieurement l'expression de l'activité interne. »

Cette révélation au dehors de l'activité cérébrale et qui caractérise, d'après M. Luys, la volition, constitue sans doute une des formes du mouvement volontaire ; mais nous démontrerons plus loin que la volition fait partie de l'activité cérébrale, bien avant qu'elle se soit révélée au dehors.

Nous croyons l'hypothèse de M. Luys acceptable, tant qu'il se borne à suivre le mouvement impressionneur jusque dans les cellules de la périphérie corticale ; nous voulons bien suivre aussi ce mouvement dans les cellules de la couche profonde, dans les fibres du noyau blanc jusqu'aux corps striés ; mais nous faisons nos réserves et nous récusons la façon dont on explique la formation des actes de l'esprit humain.

Il y a évidemment quelque chose de vrai dans cette hypothèse, et, loin de l'infirmer, les faits pathologiques vont nous fournir de nombreux arguments en sa faveur.

M. CalmeU a constaté que dans la paralysie générale des aliénés les principales altérations siègent dans la substance grise des circonvolutions (i).

M. Parchappe n'est pas moins affirmatif : « 11 n'est, dit-il, qu'une altération constante dans la paralysie générale, c'est le ramollissement de la couche corticale (2). »

M. Marcé a également rapporté un grand nombre d'observations de déments chez lesquels la maladie a toujours coïncidé soit avec l'atrophie des circonvolutions, soit avec le ramollissement (3).

Ces faits sont généralement acceptés aujourd'hui avec l'interprétation que nous leur avons donnée, et ils nous permettent d'attribuer à la substance grise du cerveau un rôle considérable dans les opérations de la pensée. Ce rôle est-il le même que

(1) 09 la Paralysie considérée ehs% Us aliénés. Paris, 1826. (3) Du Sêégsêtds la Nature des maladies mentales, (3) Démence sénile {Gaielte médicate, 1868).

celui que nous lui avons reconnu dans les autres régions du système nerveux? Cela est probable ; mais nous devons reconnattre que nous ne savons rien de bien positif sur ce sujet; il est évident qu'ici comme ailleurs les cellules reçoivent le mouvement impressionneur, pour le transmettre aux fibres motrices ; mais entre le mouvement impressionneur et le mouvement moteur, nous trouvons un phénomène que nous n'avons rencontré ni dans le bulbe, ni dans la moelle. Ce phénomène est la perception. Faut-il accorder à la cellule cérébrale la j propriété de transformer le mouvement impressionneur en sensation? A la rigueur on le pourrait, et ce serait simplifier ainsi le mécanisme fonctionnel des actes de la pensée ; mais nous avons beaucoup de motifs de croire que la perception distincte n'est pas un phénomène aussi simple, résultant uniquement de l'union du principe de vie avec les cellules cérébrales ; nous avons plus de propension à croire que ce phénomène est le résultat d'actions très-complexes, qui mettent en jeu les propriétés physiologiques des cellules et des fibres de l'encéphale (1).

Substance blanche. — Ici encore l'absence d'excitabilité des éléments nerveux nous oblige de demander à l'analogie, à l'induction tirée des faits pathologiques naturels ou provoqués, la possibilité de reconnaître les propriétés physiologiques de ces éléments. Considérant d'un côté les rapports anatomiques qui existent entre les couches optiques, les corps strié» et la périphérie corticale, par l'intermédiaire des fibres du noyau blanc ; considérant de l'autre les troubles qui surviennent dans les mouvements et dans la perception des impressions, à la suite des retranchements que l'on pratique sur le cer^^eau des animaux ; considérant enfin que les troubles des opérations de l'esprit coïncident toujours avec une altération de la couche corticale , nous sommes autorisés à conclure que le mouvement impressionneur est transmis aux cellules de la périphérie du cerveau et en môme temps que l'incitation qui aboutit à la contraction musculaire est transmise des cellules corticales aux cellules des corps striés par l'intermédiaire des fibres du noyau blanc. Cette

(1) Voir plus loin ce que nous disons, sur ce sujet, dans le chapitre consacré h iaperceptioti.

DU NOYAU DE ^ENCÉPHALE. itH

transoiission doit avoir lieu de toute nécessité, car les expériences sont j)robantes à ce sujet; nous sommes donc obligés d'admettre que, semblables aux fibres et aux cellules du bulbe et de la moelle, les fibres cérébrales ont la propriété physiologique de se laisser impressionner et de transmettre le mouvement qui a réveillé leur activité. Quant à la propriété des cellules, rien ne prouve qu'elle ne soit pas dans les couches corticales du cerveau ce qu'elle est dans les autres régions du système nerveux, c'està-dire la propriété de recevoir le mouvement physiologique des fibres impressionneuses, de le condenser, de le transformer dans un but de spécificité d'action et de le transmettre, ainsi modifié, dans des directions déterminées.

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