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CHAPITRE VIII

Résnmé général tonchant Tanatomie et les propriétés physiologiques du système nerveux.

Après avoir analysé au point de vue anatomique et au point de vue des propriétés physiologiques les divers éléments qui constituent l'instrument nerveux, nous synthétiserons dans un résumé général les notions particulières que nous avons retirées de notre analyse. Dans ce résumé, nous réserverons une part distincte à Tanatomie et à la physiologie.

ARTICLE I

ANATOKIE.

Dans l'exposition anatomique qui précède, loin d'obéir à une diversion artificielle des parties, inspirée par une vue plus ou moins juste de l'esprit, nous nous sommes efforcé d'entrer dans le plan de formation qui a présidé à la création du système ner* veux. Nous avons ainsi décrit chacun des éléments de ce système, et nous sommes arrivé à une notion générale, aussi claire que possible de sa structure intime.

Composée en définitive de deux éléments essentiels, le tube nerveux et la cellule, la trame spéciale du système nerveux doit ses différentes formes au groupement, à l'agencement particulier de ces deux éléments.

Comme disposition générale, le système nerveux peut ôtre considéré sous la forme d'un tube creux, présentant en différents points de sa longueur des étranglements et des dilatations ; les parois de ce tube seraient constituées par les agencements particuliers de la matière nerveuse, et offriraient en différents points de leur étendue des inégalités d'épaisseur et de volume. Le tube représente le canal central de l'axe cérébro-spinal et les parois rappellent les amas de substance grise et de substance blanche,

134 PROPRIETES PHYSIOLOGIQUES.

v^riableii daus leur forme et dans leur volvim^, qui §f^tovi9*Qnt 1^ ca^al central.

Au point de vue de sa structure intime, le système ner>'eux nous représente une trame merveilleuse, inextricable au premier abord, si on veut directement en déchiffrer le sens , mais devenant peu à peu claire et compréhepsible, pour peu que l'esprit veuille remonter à l'alpha de ce langage hiéroglyphique. Si Ton étudie en effet l'association du tube nerveux et de la cellule, on arrive à cette notion précieuse que certaines fibres sont toujours en rapport de continuité avec les petites cellules de la substance gélatineuse, tandis que d'autres se continuent avec les grosses cellules. Si l'on considère à présent que les petites et les grosses cellules sont toujours unies entre elles par leurs prolongements réciproques, on est conduit à voir dans l'association la plus élémentaire des cellules nerveuses et des tubes perveux, un arc diastaltique composé, d'un côté, d'une fibre sensitive et d'une petite cellule, de l'autre, d'une grande cellule et d'une fibre motrice. Cette disposition, qui est évidente sur tous les points de la moelle épinière, est la plus élémentaire et la plus fréquente ; elle constitue la forme type de l'instrument nerveux, considéré dans sa simplicité et son isolement. Nous retrouvons la même association élémentaire dans toutes les parties du cerveau. Nous pourrions, en suivant les progrès les plus récents, pousser plus loin cette disquisition anatomique ; mais nous pourrions aussi nous égare" sur ce terrain trop meuble encore et à peine défriché. Nous avons confiance que le sealpel, dirigé par le microscope, nous fera connaître d'une manière plus intime les diverses associations des éléments nerveux ; mais nous devons avouer, pour le moment, qu'il n'a pas dit encore son dernier mot. Fort heureusement ce dernier mot ne nous paraît pas indispensable pour élucider d'une manière complète la question qui nous occupe. Ici comme ailleurs l'ipvestigation physiologique peut devancer la notion de quelques détails anatomiques, et faire pressentir des vérités que le scalpel, réduit h ses propres ressources, serait incapable de trouver.

Considéré au point de vue purement organique, le système nerveux est un instrument de la vie, qui emprunte au sang les éléments de son développement et de son entretien ; mais cet

RêSUIfB GÉNÉBÀf.. m

instrumepf p§ r^tirp gas fiu Quide saqguin les mèin^s él^mpnts qu'en cetirent lefpie, lesrejnç, etc., etc.; il traasforme ralbiimmp et la fibrine d'une façon tout à fait différente. Par conséquent on est autorisé à dire que le système nerveux jouit d'une propriété organique spéciale, qui a pour but et pour effet de le maintenir tel qii'il est dans chacune de ses parties, en transformant d'qne manière toute particulière le mouvement-aUment.

a:iitigle n.

PHTSIOiOGIE.

En jetant un coup d'œij rétrospectif sur ce qvie nQ\fs avons dit touchant les propriétés physiologiques des éléments du système nerveux, une chose nous frî^ppe d'abord : c'es^ l'impossibilité où nous nous somp^^es trouvas de formuler ses propriétés, paf l'investigation simple et directe des parties ; nous avons dû, le plus souvent, apprécier les résultats de Texpérimentation physiologique pratiquée ^ un point de vue plus général ; nous avons dû analyser certains faits pathologiques, et jeter un coup d'œil critique sur les hypothèses que l'on a émises touchai^t la physiolpgie cérébrale ; nous avons dû demandpr enfin à l'étude de la fpflptioii le secret des propriétés physiologiques qu'elle met enjeu. Ces diverses nécessités n'ont pas été inutiles ; par elles npus avons été conduits à constater d'une ms^nière générale Tétat de nos connaissances sur la physiologie du système ner>'eux ; nous avons vu en particulier* que les expériences si remarquables de Flourens donnent une idée du f Ole physiologique des divers ganglions encéphaliques, mais qu'elles n'expliquent pas le mécanisme fonctionnel de ces dive|:%es partips ; nous avons retiré enfin de notre excursion rapide la conviction raisonnée que la [physiqlpgie cérébrale n'existe réellement pas encore.

La méthode expérimentale, l'analyse des faits pathologiques ont enrichi la science d'pn grand nombre de faits très-intéressants^ destinés à préparer la physiologie du système nerveux; mais cette physiologie est encore à faire.

Certains physiologistes, absorbés p^r les faits intéressants de la méthode expérimentale, à ce point de confondre les faits avec la physiologie elle-même, semi)lent croire que cette science existe

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déjà, formée de toutes pièces par l'ensemble des résultats de l'expérimentation. Bientôt nous démontrerons combien est grande cette erreur.

La vraie physiologie du système nerveux consiste non pas dans les exhibitions de la méthode expérimentale, mais dans l'étude des actions nerveuses, résultant elles-mêmes de la mise en jeu des propriétés physiologiques des éléments histologiques.

Jusqu'ici la méthode expérimentale, l'analyse des faits pathologiques nous ont mis sur la voie de la connaissance des fonctions cérébrales, mais d'une manière générale et très-vague; leur concours nous a servi à établir d'une manière plus formelle les propriétés physiologiques des éléments nerveux. 11 ressort en effet de tout ce que nous avons dit :

1*» En quelque point du système nerveux que l'on rencontre une fibre nerveuse, cette fibre jouit des] mêmes propriétés physiologiques : dans les nerfs, dans la moelle, dans le bulbe, dans la protubérance, dans le cerveau comme dans le cervelet, cette fibre doit a sa constitution spéciale la propriété organique d'être conductrice de certains mouvements. A ce point de vue, elle est analogue aux conducteurs électriques ; mais elle s'en distingue essentiellement par ses propriétés physiologiques, c'est-à-dire par la mise en jeu de ses propriétés organiques dans un but déterminé : la fibre nerveuse est vivante, agissante par elle-même, et dans la mise en jeu des propriétés physiologiques elle prête sa vie propre à leurs manifestations.

2* Les propriétés physiologiques des fibres nerveuses sont au nombre de deux : la motricité etl'impressionnabilité.

Vimpressionnabilité est la propriété qu'ont certaines fibres nerveuses de recevoir le mouvement-impression, et de transmettre le résultat de cette impression, c'est-à-dire le mouvement physiologique dont elles sont capables, de la périphérie vers le centre, pour aboutir à un mouvement réflexe ou à une perception, suivie ou non suivie de mouvements provoqués.

La motricité est la propriété que possèdent certaines fibres de recevoir et do transmettre le mouvement spécial qui, transformé par la fibre musculaire, se manifeste à nos yeux par une contraction.

3® La cellule nerveuse, en quelque point du système nerveux

RÉSUMÉ GÉNÉRAL. i37

qo'on la considère, est en rapport avec d'autres cellules, ou bien aTec les deux ordres de fibres impressionneuses et motrices. Sa propriété physiologique quelles que soient sa forme et ses dimensions, consiste à recevoir les divers mouvements qui lui sont communiqués par les fibres nerveuses, à les transformer et à les transmettre à d'autres fibres ou aux cellules voisines. La' cellule ner\'euse peut être ainsi considérée comme un véritable centre dont les propriétés physiologiques sont mises en jeu par les pro priétés physiologiques des fibres nerveuses.

4* Il y a deux ordres de cellules : les grosses cellules, toujours en rapport de continuité avec les fibres motrices, et les petites cellules, toujours en rapport de continuité avec les fibres impressionneuses.

Ces connexions anatomiques constantes nous autorisent à accorder aux deux ordres de cellules des propriétés physiologiques distinctes : les grosses cellules, ou autrement dit les cellules motriées, possèdent la propriété de recevoir le mouvement qui leur est transmis par les cellules impressionneuses, et de le transformer en mouvement capable de provoquer la contraction musculaire; les petites cellules, ou autrement dit les cellules impremonneusesy possèdent la propriété de transformer le mouvement qui leur est transmis par les fibres impressionneuses en un autre mouvement, capable de donner naissance à la perceptûm^ ou à réveiller simplement l'activité des cellules motrices.

5« En quelque point du système nerveux qu'on examine la fibre et la cellule nerveuse, on trouve toujours la cellule impressionneuse unie aux fibres impressionneuses et la cellule motrice unie aux fibres motrices ; cette union forme, des deux parts, un élément que nous désignons sous les noms d'élément celiuloimpressionneur et élément cellulo-moteur. Ces deux éléments sont toujours unis l'un à l'autre par l'intermédiaire des prolongements cellulaires, ce qui revient à dire que les cellules impressionneuses sont toujours unies aux cellules motrices.

C'est par les propriétés physiologiques élémentaires que nous venons d'énumérer, que s'accomplissent les actions nerveuses desquelles résultent les fonctions du système nerveux. Nous examinerons dans le chapitre suivant s'il est possible d'arriver à la connaissance de ces actions mystérieuses.

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