DU !)OTAU DE L'ENCÉPHALE
déjà sur une erreur : on croyait en effet que ces intumescences sont l'origine des nerfs optiques ; mais il est démontré aujourd'hui que ces nerfs prennent naissance ailleurs. Les coubhes optiques n'étant pas excitables, on a émis touchant leurs fbnctions les opinions les plus diverses et les plus opposées.
Tood, Carpenter, Luys mettent le sensoriutn commune dans les couches optiques, et ils appuient leur opinion sur les relations anatomiques des cordons postérieurs avec ces centres, ainsi que sur les faits pathologiques. Les observations de Lallemand, Hillairet, Lancereaux, Maisonneuve paraissent en effet confirmer cette manière de voir ; mais, d*un autre côté, Saucerotte, Serres, Schiff, Foville, Vulpian pensent que ces organes tiennent sous leur dépendance les mouvements thoraciques, et ils appuient également leur dire sur les observations de faits pathologiques.
En présence de cette divergence d'opinions, on ne peut que déplorer l'absence de tout moyen d'investigation ; nous nous permettrons néanmoins d'intervenir dans ce débat :
Les adversaires de Tood, Carpenter et l^uys disent que les couches optiques ne sont pas le siège de la sensibilitéj parce qu'on peut les lacérer, les enlever même sans abolir cette faculté. A notre a^is cette objection ne prouve rien, car les couches optiques étant placées à l'extrémité de l'axe médullaire, il est très-possible qu'après l'ablation de ces couches l'excitcition, portée sur un point quelconque, réveille les mouvements réflexes naturels, les mouvements expressifs de toute nature, le cri, etc. etc., et donne ainsi le change à l'expérimentateur sur la nature des phénomènes sensibles qu'il a provoqués. Cette objection est applicable à presque toutes les expériences qui tendent à démontrer que le siège du centre de perception réside autre part que dans le noyau de l'encéphale.
if Carpi striée. — Les corps striés ne sont pas plus excitables que les couches optiques. On a depuis longtemps abandonné l'opinion de Willis, qui plaçait dans ces parties le sensorium com^ mune; mais, selon la judicieuse remarque de Longet, les hypothèses qui l'ont remplacée ne valent guère mieux. Saucerotte, Pinel jGrand-Champ, Foville, Serres, a|)rès avoir placé le principe du mouvement des membres thoraeiques dans les couches optiques, ont dû chercher une adtre localisation pour le mouve-
ment des membres pelviens, et ils ont prétendu Tavoir trouvée dans les corps striés. Aux faits pathologiques qu'ils donnent à l'appui, Longet en a opposé un égal nombre puisés dans la clinique d'Andral, et qui les infirment en montrant que la paralysie des membres, supérieurs ou inférieurs indistinctement, peut succéder à la lésion des corps striés.
D\Ln autre côté, Tood, Garpenter, Luys, qui avaient placé le sensorium commune dans les couches optiques, ont été conduits à mettre le principe des mouvements dans les corps striés, s'appuyant sur ce fait anatomique que les fibres des cordons antéro-latéraux vont s'immerger dans les corps striés. M. Vulpian oppose à cette manière de voir les résultats de l'ablation des corps striés, après laquelle l'animal se tient encore facilement sur ses pattes, se relève quand on le; renverse, etc., etc. Cette objection n'est que spécieuse ; ce que nous disions tout à l'heure de la sensibilité dans ses rapports avec les mouvements réflexes, nous pouvons le répéter ici. En effet, du moment que l'axe médullaire est dans toute son intégrité, il n'est pas étonnant que l'animal se meuve dès qu'on l'excite, puisqu'il conserve tous les nerfs qui président à la contraction des muscles des membres ; mais cela ne prouve pas cependant que les corps striés n'ont aucune influence sur les mouvements.
Des considérations qui précèdent, on ne peut tirer qu'une conclusion : c'est que les fonctions des corps striés ne sont pas mieux déterminées que les fonctions des couches optiques. Elles nous permettent cependant d'être mieux renseignés touchant les propriétés physiologiques des éléments qui composent ces parties. En effet l'anatomie nous montre que les couches optiques et les corps striés sont constitués en grande partie par les fibres qui proviennent de tous les points dusystème nerveux ; elle nous montre encore que les rapports des cellules des couches optiques et des corps striés soit avec les fibres médullaires, soit avec les fibres du noyau blanc de l'encéphale sont les mêmes que dans la moelle, le bulbe et la protubérance. Par conséquent il est permis de pousser l'analogie un peu plus loin et de dire que, dans les couches optiques et dans les corps striés, les fibres nerveuses ne cessent pas d'être le siège du mouvement impressionneur et du mouvement qui aboutit à la contraction musculaire; nous
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pouvons ajouter que les cellules ne cessent pas non plus de condenser, de transformer et de transmettre le mouvement qui leur est communiqué.