‹ Physiologie du système nerveux [microform]Chapitre 49 sur 197 · DE LA VIE · texte numérisé non relu

DE LA VIE

En considérant le cerveau, non plus en lui-même, mais dans ses rapports avec les autres organes de la vie, nous constatons que le résultat de sa fonction est toujours un mouvement ; mais ce mouvement, par ses variétés infinies, fait pressentir déjà que le cerveau est le siège de besoins spéciaux qui réclament une certaine façon de fonctionner correspondant aux diverses exigences des organes de la vie. 11 suffit en efi'et de considérer que l'animal ne peut pas s'empêcher de se mouvoir dans le milieu ambiant et qu'il trouve une grande satisfaction à le faire, pour être autorisé à accorder à son cen'eau le besoin de mouvoir le corps^ en tout ou en partie.

Il suffit encore de considérer que rexercice des sens, pour le plaisir exclusif de sentir, s'impose d'une manière nécessaire aux déterminations de Tanimal, pour accorder à son cerveau le beeoin de sentir.

En considérant qu'après une impression reçue l'animal exprime le plus souvent la manière dont il a été impressionné par un mouvement particulier, nous lui accordons le besoin éTexpression. En considérant enfin que Thomme seul est irrésistiblement

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poussé à exprimer, par des mouvements exécutés par ses organes, non-seulement ses diverses manières de sentir, mais encore les objets de ses impressions, nous sommes autorisé à lui accorder le beioin du langage. Ce besoin, origine réelle de la supériorité de rhomme sur toutes les espèces animales, est la caractéristique organique de l'être humain.

Nous désignons les besoins que nous venons de signaler sous le nom de besoins cérébraux de la vie de relation. Ces besoins en effet empruntent leur origine mi-partie au cerveau, mi-partie aux organes que ce dernier met en jeu ; ils résultent, en un mot, de rharmonie préétablie qui existe entre les organes de la vie de relation et les éléments bistologiques du cerveau.

Les organes de la vie de relation ne peuvent faire que ce que le cerveau est en état de leur commander, et réciproquement celui-ci ne peut commander que ce que les premiers peuvent faire. Les organes de la vie de relation sont, comme le cerveau, le siège de besoins organiques qui les poussent à fonctionner ; mais comme leur fonctionnement n'est possible qu'à la condition expresse que le cerveau le veuille, ces besoins sont transmis, sous forme d'impressions excitatrices, à travers les fibres impressionneuses qui unissent les divers organes avec les éléments de l'encéphale, et c«s impressions sollicitent la fonction cérébro-motrice à intervenir d'une certaine façon spéciale et corrclatiye à la nature de l'impression reçue. C'est ainsi que le besoin de mouvoir le corps ou une de ses parties, représenté dans le cerveau par un élément eellulo- moteur, se trouve complété par les impressions qui proviennent des libres musculaires , siège du besoin de contraction. C'est ainsi que le besoin de sentir, représenté dans le cerveau par l'élément cellulo-impressionneur, se trouve complété par les impressions excitatrices qui proviennent des organes des sens. C'est ainsi enfin que le besoin d'exprimer, qui se confond parfois avec le besoin général d'activité et qui a son siège dans l'élément cellulo-impressionneur, se trouve complété par les impressions excitatrices (yii proviennent des organes du mouvement, et chez quelques espèces animales, par les impressions particulières qui proviennent d'un organe expressif quelconque, tel que le larynx.

L'origine différente des deux sources qui donnent naissance aux besoins cérébraux de la vie de relation explique pourquoi ces

besoins ne peuvent trouver leur satisfaction particulière et complète dans le fonctionnement exclusif de Torgane cérébral : dans cet organe, ils ne trouvent que le premier élément de leur satisfaction ; le second leur est fourni par le fonctionnement spécial des instruments de la vie de relation. Par conséquent les fonctions destinées à donner satisfaction à ces besoins sont des fonctions associées de la vie de relation, parmi lesquelles la fonction cérébro-motrice occupe la première place. C'est ainsi que le cerveau, destiné à donner satisfaction à tous les besoins organiques en général , devient à son tour tributaire du fonctionnement des autres organes, pour la satisfaction de ses propres besoins.

Nous appelons les fonctions destinées à donner satisfaction aux besoins cérébraux de l:i \h d? :v\iïiic a fonc'ons cérébro-motrices de relation. Par cette dénominaliDu nous disons bien ce que nous voulons dire et ce que nous croyons être la vérité.

La détermination des fonctions cérébro-motrices de relation, correspondantaux divers besoins cérébraux, découle naturellement des considérations qui précèdent. En effet, du moment que les besoins organiques du cerveau ne peuvent se satisfaire que par l'intervention des fonctions des organes de la vie de relation, ces organes doivent être en rapport direct avec les cellules cérébrales qui sont le siège de ces besoins. C'est ce qui a lieu : les fibres impressionneuses et motrices qui proviennent des organes de la vie de relation convergent vers les couches optiques et les corps striés ; de là elles traversent le noyau blanc de l'encéphale et vont se disséminer à la périphérie corticale pour aboutir les unes aux cellules motrices, les autres aux cellules impressionneuses. Cette communication, incontestable aujourd'hui, entre la périphérie corticale et les organes de la périphérie, montre clairement la façon dont les divers besoins peuvent se satisfaire à la faveur du mouvement des éléments matériels qui concourent à la réaliser.

Ce que nous venons de dire touchant les rapports des besoins du système nerveux avec les besoins qui proviennent dçs organes de la vie de relation est applicable aux rapports du système nerveux avec la vie fonctionnelle de nutrition et de reproduction. Il y a donc des besoins composés qui proviennent des rapports du système nerveux avec les organes de nutrition et de reproduction ;

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il y a aussi par conséquent^des fonctions céribro-motrices de nwtrition et des fonctions cérébro-motrices de reproduction.

Dans l'article suivant nous examinerons en particulier chacun des besoins composés dont nous venons de parler, et en indiquant les liens matériels qui les unissent aux fonctions destinées à les satisfaire nous arriverons ainsi à un dénombrement logique de toutes les fonctions du système nerveux.

ARTICLE II

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