‹ Physiologie du système nerveux [microform]Chapitre 95 sur 197 · MÉMOIRE DES SENSATIONS DE LA VIE DE NUTRITION · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DES SENSATIONS DE LA VIE DE NUTRITION

lion très-vive (sentiment fonctionnel) qui laisse de profondes racines dans ]e centre de perception, puisqu'il devient quelquefois le premier mobile de tous nos désirs ; mais cette sensation de satisfaction est une sensation provenant de l'exercice de la vie fonctionnelle de nutrition, dont' nous parlerons bientôt. Il ne faut pas oublier non plus que dans ces circonstances la mémoire du sens du goût intervient avec la vivacité particulière à la mémoire de tous les sens spéciaux.

2"* Mémoire des sensations provenant de l'exercice des fonctions de nutrition. — Nous avons vu que ces sensations se réduisent à un petit nombre et qu'elles se résument toutes dans un sentiment de plaisir ou de douleur. Or le plaisir et la douleur, n'étant qu'une modification particulière de notre manière de sentir, sans objet impressionnant bien défini, se reproduisent difficilement dans la mémoire ; nous nous rappelons que le moi a été impressionné douloureusement, mais nous ne saurions nous donner de nouveau la sensation de douleur. Ici, comme dans les sensations qui proviennent des besoins de la vie organique, nous nous souvenons à l'aide des circonstances qui ont accompagné la sensation de douleur ou de plaisir. La vue d'un couteau qui nous a blessés réveille en nous le souvenir de la sensation douloureuse qu'il a provoquée en nous blessant ; le souvenir d'une personne réveille une sensation de plaisir ou de peine ; le plaisir de manger ou de boire est réveillé par le souvenir de l'objet qui nous a procuré ces sensations; nous voyons le bon visage, le bon vin, le bon fruit, mais ici encore la sensation fonctionnelle, qui est une.'sensation de plaisir ou de peine, est réveillée par la mémoire du sens du goût et par celle du sens de la vue.

Toutes les sensations dont nous venons de nous occuper diCTèrent, comme nous l'avons dit, de celles qui nous sont fournies par les cinq sens en ce qu'elles n'ont pas d'objet impressionnant bien déterminé : lorsqu'un objet impressionne nos yeiix, nous avons non-seulement conscience de cette impression , mais encore l'objet qui la provoque est connu de nous; nous le voyons, il est là, et nous savons bien que c'est lui qui nous impressionne. Dans les sensations de la vie fonctionnelle de nutrition, l'objet impressionnant n'est pas si bien défini ; son siège est le plus souvent indéterminé, et la sensation qu'il provoque est agréable ou

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désagréable, vive ou obtuse, sans être en aucun cas pour notre intelligence Toccasion d'une no/ton bien définie. Cette notion, l'habitude peut nous la donner ; mais elle n'a pas la précision des sensations qui nous viennent par les organes des sens.

Il résulte de ces considérations que nous éprouvons la plus grande difficulté à nous retracer subjectivement les impressions de la vie fonctionnelle de nutrition ; ce n'est que par le souvenir des circonstances qui ont accompagné une impression agréable ou désagréable que nous y parvenons. Aussi oublions-nous facilement les maux physiques que nous avons éprouvés ; il en est de môme de la faim, de la soif, sensations vives, mais qu'il est im* possible de se donner subjectivement, parce qu'elles n'ont pas de siège spécial bien déterminé.

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