‹ Physiologie du système nerveux [microform]Chapitre 94 sur 197 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Mémoire des sensations de la vie fonctionnelle

de nutrition.

Nous suivrons ici le plan que nous avons adopté pour Tétude de ces sensations (voir p. 262). En conséquence, nous examinerons séparément la mémoire des sensations qui proviennent des besoins de la vie organique et la mémoire des sensations qui proviennent de l'exercice des fonctions de nutrition.

1» Mémoire des sensations qui proviennent des impressions de la vie organique. — Bien que souvent très-vive, la mémoire de ces sensations n'existe pas pour ainsi dire , et si l'on ne se souvenait en môme temps des circonstances qui ont accompagné leur développement, la volonté serait incapable de les reproduire dans le centre de perception. Les motifs de cette particularité sont faciles à comprendre : lorsque la sensation de la faim,parexemple, n'est pas provoquée par une abstinence trop prolongée et qu'elle ne s'accompagne d'aucun phénomène douloureux, elle est caractérisée par un sentiment de gêne trè^-vague dans la région épigastrique ; mais l'objet impressionnant reste confus, indéfinissable, et c'est pourquoi le moi éprouve de grandes difficultés à reproduire une sensation dont il ne connaît pas l'objet. Il en est de môme de la soif.

Mais, dira-t-on, ces sensations doivent être assez vivement reproduites dans la mémoire pour inspirer aux poètes la description succulente des bons dîners et du bon vin? Sans doute ces œuvres de l'esprit semblent accuser, chez les ôtres sensibles qui les produisent, une connaissance approfondie des sensations subjectives de la faim et de la soif; mais il ne faut pas confondre la sensation de besoin avec la sensation qui résulte du plaisir qu'on a de le satisfaire. Ce plaisir, en effet, est une sensa-

Page 1