‹ Physiologie du système nerveux, ou Recherches et expériences sur les diverses classes d'appareils nerveux, les mouvemens, la voix, la parole, les sens et les facultés intellectuellesChapitre 105 sur 136 · SUR £ES NERFS AUDITIFS · texte numérisé non relu

SUR £ES NERFS AUDITIFS

XZI, Audition de plusieurs sons simultanés.

Le plus simple de tous les cas de cette espèce est l'audition de deux sons simultanés , qui sont à l'unisson. En pareille circonstance , les intervalles sont éfjaux ; les maxima des ébranlemens tombent les uns sur les autres , ce qui a lieu ra- Fig. 76. rement, ou n'y tom-

bent pas. Dans le premier cas , il s'opère des condensations plus fortes , comme la figure 76 ie rend sensible à là vue ; dans le second , les maxima des deux ou plusieurs sons à l'unisson marchent en formant une série, à la suite les uns des autres , comme dans la seconde figure , de manière que les membres des séries se correspondent, et que les intervalles restent les mêmes. Cette disposiion ne peut en rien porter, le trouble dans l'audition. Ici se range aussi la résonnance ; car les ondes résonnantes et pri • maires, étant égales entre elles, se comportent exactement <:omme les ondes de plusieurs sons à l'unisson qui serait primaîrement donnés. La figure ci- contre peut donc aussi servir d'image pour la simultanéité d'ondes primaires et résonnantes. Dans la production du timbre les ondes du son se croisent avec des ondes accessoires.

L'audition de deux sons simultanés qui n'ont pas le même nombre de vibrations doit être plus difficile que celle d'un son unique ; car la comparaison des intervalles présente des difficultés en raison de ce que les maxima des vibrations de l'un tombent dans les vibrations de l'autre . En effet, si les deux Fig. 77. sons a et ^ sont en-

^« • • • • tendus avec les in-

tervalles indiqués dans la fig. 77, des deux séries d'inter- •

^f>';6 EFFETS DES ONDES SONORES

valies marqués les uns au dessous des autres résulte la série composée c. Si les sons doivent naissance à deux roues dont les dents se ressemblent pour la forme , les ébranlemens particuliers eux-mêmes sont égaux, et le mode d'ébranlement ne peut point être la cause pour laquelle on entend l'un des sons percer pour ainsi dire à travers l'autre. Cependant l'oreille distingue très-bien les deux sons simultanés , comme je m'en suis convaincu par l'expérience. Cette distinction doit donc alors aussi dépendre de la perception des intervalles de l'un €t de l'autre son dans la série entière des ébranlemens. Donc, pendant que la série composée entière des ébranlemens s'écoule , l'oreille a la faculté de distinguer , entre les ébranlemens h , les maxima des ébranlemens a séparés par des intervalles égaux , et vice versa ^ parce qu'ils reviennent toujours. Les intervalles , plus petits encore, qui doivent provenir du croisement des deux séries, échappent à l'audition, parce qu'ils ne reviennent point d'une manière régulièr.e , et qu'il y a beaucoup d'inégalité entre eux , en raison de leur situation. Celle distinction a de l'analogie avec celle que notre œil par- Fig^S. vient à établir dans le cas d'images composées. Dans la figure 78 les triangles principaux , l'hexagone du milieu et les petits triangles de la périphérie arrivent tous ensemble à l'intuition ; mais il dépend de l'esprit que telle ou telle impression soit instantanément la plus vive. La même chose arrive dans l'hypothèse de deux ou d'un grand nombre de sons ; l'esprit perçoit alors tels ou tels intervalles donnés avec plus d'intensité ou plus clairement que les autres. C'est là ce qui nous rend capables de distinguer les sons d'un instrument au milieu de tout un orchestre , faculté à laquelle contribue naturellement d'une manière puissante la différence qui existe entre les divers instrumens sous le rapport du timbre , et qui fait que les ébranlemens de leurs sons se font remarquer par des vibrations accessoires.

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