‹ Physiologie du système nerveux, ou Recherches et expériences sur les diverses classes d'appareils nerveux, les mouvemens, la voix, la parole, les sens et les facultés intellectuellesChapitre 106 sur 136 · SDH LES NERFS AUDITIFS. Ô^-J · texte numérisé non relu

SDH LES NERFS AUDITIFS. Ô^-J

%-7& Il est un cas qui présente un intérêt particulier; c'est celui dans lequel deux ^ons se trouvent presque à l'unisson , sans toutefois y être complètement , de manière, par exemple, que l'un fait cent et l'autre cent et un ébranlemenspar seconde. Alors les ébranlemens de Tim prennent peu à peu le devant sur ceux de Taulre , jusqu'à ce qu'enfin ils coïûcident de nouveau ensemble à chaque seconde. Les maxima des ébranlemens sont placés à la plus grande distance possible l'un de l'autre pendant la moitié d'une seconde ; il arrive même que la raréfaction de l'un et la condensation de l'autre se couvrent ou s'eflfacent réciproquement , comme la figure 79 le représente pour deux ondes ; mais toutes les secondes , les maxima des deux sons se couvrent ou se fortifient. Depuis le commencement jusqu'au milieu de la figure, l'intensité du son diminue, parce que la portion de la condensation de l'un qui couvre la raréfaction de l'autre devient peu à peu de plus en plus considérable , jusqu'à ce qu'enfin uu point arrive où elles se neutralisent réciproquement ; après quoi le son s'accroît à mesure que la raréfaction de l'un s'éloigne de la condensation de l'autre, jusqu'à ce que, à l'autre extrémité, il n'y ait plus de nouveau que les condensations qui se couvrent. Il devrait donc , à proprement parler, y avoir un moment de silence complet au milieu. Comme nulle interruption n'a lieu, que y seulement le son a moins de force en ce moment V qu'en tout autre , l'expérience peut aussi servir de preuve pour démontrer que la durée de l'impression exercée sur les nerfs auditifs l'emporte sur celle de la cause. Mais si deux sons simultanés sont presque à l'unisson , sans y être parfaitement , outre la valeur déterminée du son, on perçoit une augmentation et une diminution flottantes de son intenii. ^ i;

site. C'est ce qu'on appelle le battement , phénomène qu'il est facile de remarquer quand on pince deux cordes du sonomètre qui ne sont point parfaitement à Tunisson.

Deux sons simultanés , entre les vibrations desquels règne un rapport simple , comme celui de 2 à 3 , de 3 à 4 , de 4 à 5 , et dans lesquels la coïncidence de deux ébranlemens se reproduit avec une rapidité suffisante , produisent , par l'effet de celte coïncidence, un troisième son subjectif, qui cependant a aussi ses causes hors du sujet. Supposons que le a . , . . . son a fasse deux vibrations

pendant que le son b en fait

^ . trois , si les ébranlemens de

l'un et de l'autre ont commencé ensemble, leur coïn- *^ • • • cidence se répète chaque

fois après deux intervalles du premier et trois du second , ce qui fait que l'oreille entend aussi à part les ébranlemens plus forts c , avec des intervalles plus grands , et constituant un troisième son , ou le son de Tartini. La figure rend le phénomène appréciable à l'œil ; seulement il faut remarquer que les points indiquent non pas les ébranlemens , mais seulement leurs maxima , et qu'on doit se figurer les maxima de la raréfaction dans le milieu de lintervalle qui sépare les points. On peut produire ces sons , tant avec des instrumens à cordes qu'avec des instrumens à vent , pourvu que les sons soient suffisamment forts et soutenus. La corde /ég d'un violon étant montée en mi^ , et attaquée d'une manière soutenue par l'archet en même temps que la corde la^ , on produit le son /»!. De même, on obtient obtient tu^ avec ut^ et mi^ , ou i^o/g avec si^ et r^^^. Dans certaines circonstances , il se manifeste encore un son de Tartini, ce que la théorie faisait déjà prévoir, et ce qui a été observé par Blein.

Dans l'exemple précédent, il a été supposé que les deux sons commençaient exactement ensemble , ou faisaient leur

Page 1