VI. Prolongation de la sensation auditive
Déjà les expériences de Savart, qui ont été rapportées précédemment, établissent que l'impression des ondes sonores sur les nerfs auditifs dure un peu plus long-temps que le passap;e du son à travers l'oreille. Mais une longue durée ou une répétition fréquente de même son fait persister bien davantage la sensation consécutive dans le nerf, et la maintient même au-delà de dix à onzelieures^ comme le savent fort bien ceux qui ont passé plusieurs jours de suite dans une pesante chaise de poste ; arrivés à leur destination, ils continuent pendant long-temps d'entendre du bruit dans leurs oreilles.
On peut juger d'après cela que la sensation du son, comme tel ne dépend point, en dernière instance , de l'existence des ondes sonores, et que le son, comme sensation, tient à un état du nerf auditif, qui peut bien être excité par des ébranlemens, mais qui est possible aussi d'une autre manière. On a cru expliquer les sensations consécutives, dans le sens de la vue, en admettant que la lumière, supposée matière, est retenue pendant quelque temps par la rétine, comme dans le cas où elle vient à être absorbée. Pour ce qui concerne le sens de l'ouïe, la fausseté de cette hypothèse saute de suite aux yeux. Il n'y a point ici de matière excitante qui puisse être retenue , et pour que les ondes déterminées par l'ébranlement persistas»
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sent, il faudrait que le principe nerveux lui-même éprouvât, dans le nerf auditif, des fluctuations qui se succédassent jusqu'à ce que l'équilibre fût rétabli.