‹ Physiologie du système nerveux, ou Recherches et expériences sur les diverses classes d'appareils nerveux, les mouvemens, la voix, la parole, les sens et les facultés intellectuellesChapitre 18 sur 136 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De la voix , de l'organe vocal et des autres organes producteurs de sons, chez l'homme et les animaux.

Les recherches qui précèdent nous fournissent une base pour apprécier les moyens à l'aide desquels la voix de l'homme et tous les autres sons qu'on observe, tant dans notre espèce que chez les animaux , se produisent. Nous examinerons trois formations principales de sons musicaux , la voix de l'homme et des Mammifères, les sons qui se produisent dans la bouche de Thomme, et la voix des Oiseaux. Dans ces trois cas , effectivement , la production du son s'effectue par des moyens divers et à des endroits différens. Les sons de la voix des Mammifères naissent dans le larynx , et sont un peu modifiés , quant au timbre et au ton , par les parties situées au devant de cet organe , que l'air traverse. La faculté de siffler met l'homme en possession d'un tout autre registre de sons , dont la source est dans les lèvres et l'air de la cavité buccale. La voix des Oiseaux se produit dans un autre lieu encore , non pas dans le larynx supérieur, mais dans l'inférieur, celui qui occupe la bifurcation de la trachée-artère. La voix des autres animaux vertébrés qui en ont une encore , se forme dans le larynx, comme chez Thomme et les Mammifères ; telïe est , par exemple , celle des Grenouilles , des Crapauds , etc. U existe , en outre , chez certains animaux , même

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parmi ceux des classes inférieures , des appareils producteurs de sons, dont je ne m'occuperai pas ici, parce qu'ils m'entraîneraient trop loin de mon but (1).

!• Voix de l'homine*

A. Organe vocal de Yhomme^ en général.

S'il est , dans la théorie de la voix humaine , une question à laquelle on puisse répondre sur-le-champ , c'est celle de' savoir dans quelle partie des voies aériennes la voix se forme. Les observations recueillies sur l'homme vivant et les expériences faites sur le larynx humain démontrent qu'elle se produit dans la glotte même , ni au dessus ni au dessous. Lorsqu'il existe une ouverture accidentelle à la trachée-artère d'un homme , ou qu'on en pratique une à celle d'un animal , la voix cesse , et elle reparaît dès qu'on bouche l'ouverture. C'est une expérience qui a été faite très-souvent , et qui ne s'est jamais démentie. Au contraire , une ouverture pratiquée à la partie supérieure des voies aériennes , au dessus de la glotte, ne supprime pas la voix. Magendie s'est convaincu aussi que la voix persiste malgré la lésion de Tépiglotte , des ligamens supérieurs de la glotte et du sommet des cartilages

(1) Consultez, sur la yoix de l'homme , Dodart, dans les Mémoires de VAcad. des se, années 1700, 1706 , 1707.— Ferrein, ihid., 1741.— ;Ma- GENDiE, Précis élémentaire de 'physiologie , Paris. 1836, 1. 1, p. 26.4, et Dict. de médecine et de chirur cjie -pratiques ^ art. Bégaiemewt, t. IV, p. 63. — Dtjtrochet, Mémoire pour servir à Vhisioire anatomique et physique des animant et des végétaux , Paris , 1837 , t. II , pag. 519 et suiv — Biox , Traité de physique , t. II, p. 190. — Savart, dans les Annales de chimie, t. XXX , p. 64. — Liscovius , Théorie der Stimme, Léipzick , 1814. — Chladni , dans les Annales de Gilbert^ t. XCVI, p. 187. — Mayer , dans les Archives de Mecîiel, 1826. — Bennati, Jiecherches sur le mécanisme de la voix humaine , Paris, 1832. — Mcncke , dans le Dictionn. de phys. de Gehler^ t. VIII, p. 373. — Mato, dans les Outlines of hvman physioloyy, 1833.— Ch. Bell, dans les Philos. Trans.^ 1832.— Maig ai gîte, dans les Ar^ chives générales de médecine , t. XXV.— .Villis , dans les Transact. of the Camhridye phil. soc.^ 1833. — Bishop, dans Lond. and Edinb. phil^ magaz. , 1836a— Lehïêidt, Diss, de vocis formatione , Berlin , 1835.

aryténoïdes. Il a reconnu , de plus , sur des animaux vivans dont la glotte avait été mise à découvert , que les ligamens qui entourent cette dernière entrent en vibration lorsque l'animal laisse échapper des sons. On sait également que la lésion des nerfs laryngés , sous la dépendance desquels sont les petits muscles qui changent la configuration de la glotte et tendent les cordes vocales , abolit la faculté de former des sons , et que la paralysie , sous ce rapport , est complète quand les deux nerfs laryngés ont été coupés des deux côtés. Qu'on essaie de produire des sons avec le larynx d'un cadavre humain, en soufflant par la trachée-artère, ce à quoi le moins exercé parvient pourvu que les ligamens inférieurs de la glotte soient un peu tendus et la glotte elle-même rétrécie , on en obtient eflfectivement ; peu importe que le tronçon de trachée par lequel on souffle soit long ou court ; il peut même n'y en avoir pas de trace , et le résultat n'en sera pas moins le même en soufflant par l'extrémité inférieure du larynx. Un larynx ainsi détaché du corps peut être dépouillé de toutes les parties situées au devant de la glotte, de l'épiglotte, des ligamens supérieurs , des ventricules compris entre les ligamens supérieurs et des cordes vocales , même de la plus grande partie du sommet des cartilages aryténoïdes ; pourvu que la fente entre les ligamens inférieurs subsiste encore , et que cette fente soit étroite , l'organe n'en donnera pas moins des sons purs, aussitôt qu'on soufflera par la trachée-artère. De tout cela il suit que la cause essentielle de la voix réside dans la glotte , que la trachée-artère se comporte comme la soufflerie d'un instrument à vent , et que le tube situé en avant de la glotte , avec la partie supérieure de la cavité laryngienne, entre les ventricules de Morgagni, les ligamens inférieurs et supérieurs , et l'épiglotte , jusqu'aux cavités nasale et orale, correspondent au corps de tuyau de cet instrument, qui modifie bien le son , mais ne le produit pas. En cela , l'organe vocal 6^ l'homme et des Mammifères diffère essen-

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tiellement de celui des Oiseaux. Chez ces derniers animaux la \oix s'engendre dans un larynx spécial situé à la bifurcation de la irachée-artère ; le larynx supérieur n'a pas de ligamens vocaux , et l'on ne peut en tirer aucun son , tandis que le larynx inférieur continue de parler après l'ouverture ou la secr tien de la irachée-artère qui le surmonte, et qu'il donne également des sons quand on le souffle par les bronches, comme il arrive au larynx de l'homme soufflé par la irachée-artère. Ainsi , chez les Oiseaux, il n'y a que les bronches qui puissent être considérées comme soufflerie ou embouchure. La trachéeartère tout entière , depuis le larynx inférieur, fait partie du corps de tuyau , ainsi que le larynx supérieur et les cavités tant orale que nasale.

Les limites delà glotte , les cordes vocales de l'homme , méritent de fixer d'abord notre attention. Ces ligamens sont doués d'élasticité. Le mouvement du cartilage thyroïde vers le cartilage cricoïde par le moyen des muscles crico-thyroidiens, el celui des cartilagesaryténoïdes au moyendes muscles crico-aryténoïdiens postérieurs, qui les tirent en arrière, en même temps que les muscles aryténoïdiens les rapprochent l'un de l'autre , rendent les cordes vocales susceptibles d'une tension diverse, soit que les derniers fixent les cartilages aryténoïdiens et que les autres les tendent , soit que ceux-ci fixent et que ceux-là tendent. La glotte devient ou plus longue ou plus courte, suivant le degré de cette tension. Le rapprochement des cartilages aryténoïdes par les muscles aryténoïdiens la rétrécit , leur écartementparles muscle crico-aryténoïdiens postérieurs l'élargit. L'élasticité des cordes vocales les rend aptes à des vibrations régulières , et analogues , sous ce point de vue , à des membranes tendues par deux bouts. Elle dépend du tissu élastique particulier qui entre dans leur composition , et qu'on retrouve aussi dans beaucoup d'autres parties du corps animal. Ce tissu diffère de tous les autres, non seulement par sa couleur jaune , mais encore , et surtout , par la disposition de ses

fibres , les seules connues jusqu'à présent qui se divisent et s'anastomosent , comme nous l'ont appris les observations de Lauth et de Schwann. Sa structure est la même quant aux points essentiels , partout où il se rencontre ; dans le ligament cervical des Mammifères, les ligamens jaunes des arcs vertébraux, les fibres longitudinales jaunes delà trachée-artère de l'homme et des Mammifères , le Hgament stylo-hyoidien , le hgament élastique de la peau de l'aile des Oiseaux , le sac guttural du Pélican , les hgamens élastiques de la phalange onguéale des Chats, le corps élastique qui courbe la verge de l'Autruche , le ligament élastique qui fait rentrer la verge rétractile des Canards et des Oies , de l'Autruche d'Amérique et des Castors. Enfin c'est dans les artères , dont il constitue la tunique moyenne , qu'il est le plus amplement et le plus généralement répandu chez tous les animaux vertébrés. Ses propriétés chimiques demeurent les mêmes partout. Eulenberg (1) a reconnu qu'il ne donne un peu de colle qu'avec beaucoup de difficulté , et seulement après une coction continuée pendant plusieurs jours. Cette colle diffère de la colle ordinaire , et se rapproche de celle que j'ai obtenue des cartilages et de la cornée , qui est précipitable par l'alun , l'acide acétique , l'acétate de plomb et le sulfate de fer. Il se rapproche des tissus inférieurs , ou donnant de la colle (tissu cellulaire , tissu séreux , peau , tissu tendineux , cartilage) , en ce que sa dissolution acide n'est point précipitée par le cyanure de fer et de potassium , tandis que la matière des tissus à base albumineuse est précipitée de sa dissolution acide par ce sel , comme l'a découvert Berzelius. L'élasticité du tissu élastique est si considérable et si durable , ainsi que je m'en suis assuré , que des journées entières d'ébuUition et des années d'immersion dans l'alcool ne la lui enlèvent point. Cependant les cordes vocales du larynx ne sont pas les

(1) y. EuLEKBERG, /^« telaelosHca^ Berlin, i836.

' CHEZ t'flOMME ET LES ANIMAUX. "jS

seules parties du larynx où l'on trouve du tissu élastique. Depuis long-temps déjà on sait que les ligamens hyo-thyroïdien et crico-thyroïdien moyen en sont formés. Le dernier de ces ligamens doit , même sans le concours du muscle cricothyroïdien , tenir rapprochés l'un de l'autre les bords correspondans du cartilage thyroïde et du cartilage cricoïde .- de là vient que le mouvement en arrière des cartilages aryténoïdes par l'action des muscles, dans le cas de tension des cordes vocales, a aussi à combattre en quelque sorte l'action de ce ligament , et que quand les cartilages aryténoïdes se trouvent fixés, les ligamens de la glotte doivent déjà éprouver quelque tension par le fait du rapprochement qu'il établit entre les parties antérieures des cartilages thyroïde et cricoïde. Cependant Lauth a découvert que le tissu é^istique est bien plus répandu encore dans l'intérieur du larynx. La plus grande portion de ce tissu naît de la moitié inférieure de l'angle du cartilage thyroïde , entre les insertions des muscles thyro-arylénoïdiens ; de là les fibres rayonnent de haut en bas , obliquement d'avant en arrière , et même un peu de bas en haut , formant ainsi une membrane cohérente , qui se fixe à tout le bord supérieur du cartilage cricoïde, le point excepté où s'articulent les cartilages aryténoïdes. En ce dernier endroit, les fibres élastiques s'insèrent à Fangle antérieur de la base des cartilages aryténoïdes et à leur bord antérieur. La membrane radiante a trois faisceaux de renforcement , qui sont le ligament crico-thyroïdien moyen et les ligamens thyro-aryténoïdiens inférieurs. Elle forme aussi les cordes vocales supérieures. Les ligamens supérieurs et inférieurs de la glotte sont unis ensemble par une couche extrêmement mince de tissu élastique , qui revêt le ventricule de Morgagni. Le ligament hyo-thyroïdien latéral est élastique aussi , et le même tissu existe également dans les ligamens ihyro-épiglottique, hyo-épiglottique et glosso-épigloitique. Si Ton ajoute à cela les fibres longitudinales élastiques qui se trouvent à la partie

membraneuse delà irachée-artère et aux bronches, on aura une idée de la grande étendue des parois susceptibles de vibrations et de résonnance qui environnent l'organe de la voix. Notre atlention doit se porter ensuite sur les formes possibles de la glotte, et sur celles qu'elle prend réellement lorsqu'elle rend des sons. Dans l'état de repos, et quand elle ne parle pas, la glotte a une forme lancéolée. On sait qu'elle s'élargit pendant l'inspiration , et qu'elle se rétrécit pendant l'expiration. Ses côtés sont formés, en arrière, par la face interne et l'apophyse antérieure de la base des cartilages aryténoïdes, en avant, et dans sa plus grande partie, par les cordes vocales, qui se fixent à cette apophyse. Dans une glotte longue de onze lignes , et ouverte d'un bout à l'autre , la partie postérieure en a quatre de long, et l'antérieure sept. Lorsque la glotte est aussi élargie que possible , elle représente un losange, dont l'angle postérieur est tronqué. Les angles latéraux correspondent aux apophyses précitées des cartilages aryténoides , dont la distance de l'un à l'autre peut être portée jusqu'à cinq lignes et trois quarts. Dans l'état d'étroitesse, la glotte peut avoir trois formes. Ou il y a seulement rapprochement des apophyses antérieures des bases des cartilages aryténoïdes par l'eflfet des muscles crico-aryténoidiens latéraux, et quand ces apophyses se touchent , la glotte est double. Ou bien la glotte rétrécie est ouverte dans toute sa longueur. Ou enfin sa partie postérieure se ferme tout-à-fait parce que les cartilages aryténoides se rapprochent jusqu'à leurs apophyses antérieures, auxquelles sont attachées les cordes vocales ; ce dernier effet est le résultat de l'action réunie des muscles aryténoidiens et crico-aryténoidiens latéraux ; la glotte se trouve alors réduite à l'espace compris entre ses bords élastiques et tranchans ; sa forme est allongée en pointe, tant en avant qu'en arrière ; sa longueur et sa largeur varient aussi beaucoup , suivant que les cordes vocales sont simultanément tendues ou ne le sont pas. La détente ei le raccourcissement des liga-

CKÊZ t'uOilMÈ ET LES ÀÎ^IMAÙX. ^^

ïïieDS inférieurs de la glolîe ont lieu par le moyen des muscles ihyro-aryténoidiens , qui rétrécissent aussi l'espace situé au dessus et au dessous des cordes vocales.

On ne sait pas encore bien quelle est la formé de la glotte chez l'homme vivant qui produit des sons. On sait seulement qu'elle est alors rétrécie. Gomme il n'y a que sa partie antérieure , entourée de bords élastiques et tranchans , qui soit susceptible d'entrer primitivement en vibration, et que par conséquent on n'a point à s'occuper de sa partie postérieure , en ce qui concerne la voix , l'ouverture de celte partie ne pourrait qu'être une occasion de trouble, en agrandissant considérablement l'étendue de la glotte en surface. Mayo a observé la glotte chez un homme qui , dans une tentative de suicide , s'était coupé la gorge immédiatement au dessus des cordes vocales ; la plaie , dirigée obliquement , intéressait l'une des cordes et l'un des cartilages aryténoïdes ; quand le sujet respirait tranquillement , la glotte était triangulaire : dès qu'il cherchait à former un son , les ligamens devenaient presque parallèles, et la glotte linéaire. Si l'on en juge d'après la figure , il paraît que la partie postérieure de cette fente n'était point fermée. Un autre individu s'était coupé le cou au dessus du cartilage thyroïde, de manière qu'on pouvait apercevoir la partie supérieure des cartilages aryténoïdes : quand il produisait un son, ces cartilages se trouvaient placés absolument comme si la glotte eût été fermée en totalité. Kempelen dit qu'il suffit que la glotte soit ouverte d'un douzième, ou tout au plus d'un dixième , pour que la voix puisse encore sortir (4) , et Rudolphi (2) confirme cette assertion d'après le fait d'un homme chez lequel la perte du nez rendait la cavité pharyngienne tellement accessible à la vue, qu'on pouvait trèsbien voir la glotte s'ouvrir et se fermer.

(1) Mechanismus der menschlichen Sprache , p. 81.

(2) Physiologie , Berlin, 1828, t. II, PI. I , p. 370.

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Magendie ne comprend pas dans la glotte Tespace intercepté entre les cartilages aryténoïdiens , qui , d'après les observalions faites par lui sur des animaux, sont appliqués immédiatement l'un contre l'autre pendant la sortie des sons. Ce physiologiste dit aussi que la partie postérieure de la glotte est fermée quand des sons se produisent. Il est possible que ce soit là, en effet , la règle ; car , sur le larynx humain séparé du corps, les sons ont de la peine à sortir quand la partie postérieure de la glotte n'est point fermée. Cependant j'ai reconnu que celte occlusion n'est pas d'une nécessité absolue , et bien que je tinsse la glotte ouverte dans toute sa longueur, je n'en ai pas moins quelquefois obtenu des sons en ayant soin de tendre un peu les ligamens et de rétrécir l'ouverture.

B. Faits relatifs aux changemens des sons de l'organe vocal et à

leurs causes.

Les expériences sur les animaux vivans n'ont jusqu'à présent pas beaucoup contribué à éclaircir la théorie de la voix humaine, quoique les recherches de Magendie et de Malgaigne en ce sens aient leur mérite. Magendie découvrit la glotte d'un Chien par une section faite entre le cartilage thyroïde et l'hyoïde , et il observa que les cordes vocales vibraient dans toute leur longueur pendant les sons graves , tandis que la portion de la glotte comprise entre les cartilages aryténoïdes était fermée. Suivant lui , dans les sons très-élevés, les vibrations ne sont sensibles qu'à la partie la plus postérieure des cordes vocales , et l'air ne sort non plus que par la partie la plus postérieure de la glotte. Il est difficile d'entrevoir par quoi l'occlusion de la glotte à sa partie antérieure pourrait être opérée. Il n'est pas possible non plus de produire un pareil mode d'écoulement de l'air sur le larynx humain, tandis qu'on parvient aisément, sans changer la tension, à raccourcir un peu la partie postérieure de la glotte, en rapprochant davantage Tune de l'autre les apophyses antérieures des bases des

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cartilag;es aryténoides , auxquelles s'attachent les cordes vocales. C'est d'expériences faites avec soin sur le larynx humain lui-même qu'on doit attendre le plus de résultats. Quand on commence à s'y livrer, on éprouve des difficultés extrêmes ; tout étant mobile , comment donner aux parties le degré nécessaire de tension soutenue , aux cartilages une position déterminée et égale, condition nécessaire à la précision des expériences ; et comment changer facilement cette position pour remplir des vues déterminées ? On réussit pourtant avec un peu d'art. D'abord il s'agit d'obtenir un point fixe dans le larynx. La plus grande partie de la paroi antérieure et la partie supérieure de la postérieure sont mobiles. Le cartilage thyroïde peut se mouvoir sur le cricoïde , et les cartilages aryténoides sont également mobiles sur ce dernier; les uns et les autres changent la tension des cordes vocales. Comme les cartilages aryténoides sont les parties les plus nfrobiles , celles dont les différences de situation peuvent le plus facilement induire en erreur dans les expériences , je me suis d'abord attaché à leur procurer une situation fixe. On prend un larynx auquel tienne encore un lambeau de trachéeartère , et on le pose , par sa paroi postérieure, sur une planchette à laquelle on attache solidement le cartilage cricoïde, et à laquelle on fixe aussi les cartilages aryténoïdes. Le meilleur moyen d'y réussir est le suivant. J'enfonce obliquement , à travers la partie inférieure des cartilages aryténoïdes , une épingle , sur laquelle ils sont fixés immédiatement l'un à côté de l'autre. La perforation doit être faite avec beaucoup de précaution, afin qu'en tirant ensuite sur le cartilage tRyroïde, les cordes vocales éprouvent une égale tension. Il faut aussi qu'elle ait lieu de telle sorte que, quand les cartilages sont appliqués l'un contre l'autre , les apophyses antérieures de leurs bases se touchent. On peut sur cette épingle donner aux cartilages toutes les situations qu'on juge convenables l'un par rapport à l'autre. On peut les écarter un peu , de sorte

8o Î>E LA \OilL EtDES ÔRGAMÊS

que la partie postérieure non résonnunie de la glotte soit ouverte ; on peut aussi les mettre en contact parfait et les fixer inamoviblement par des liens dans cette situation , où la parlie postérieure de la glotte se trouve fermée. Lorsque le larynx ainsi préparé est fixé sur la planchette par sa paroi postérieure , il faut également fixer sur le bois la partie de cette paroi qui est formée par les cartilages aryténoides ; la chose est facile au moyen des liens qui maintiennent l'épingle immobile. La paroi postérieure du larynx se trouvant fixée de cette manière , on peut donner aux cordes vocales tous les degrés imaginables et rigoureusement mesurables de tension, en tirant sur la paroi antérieure formée par le cartilage thyroïde. Il est utile , pour détruire une résistance de la part de rattache du cartilage thyroïde au cartilage cricoïde , de couper avec circonspection cette attache tout entière. Alors, au moyen d'un cordon attaché à l'angle du cartilage thyroïde, immédiatement au dessus de l'insertion des cordes vocales , on peut attirer ce cartilage à soi , et agrandir la distance entre la paroi antérieure mobile et la paroi postérieure fixée du larynx , autant que le permettent les cordes vocales tendues entre ces parois ; plus on tire à soi , plus les cordes se tendent. Je fais passer le cordon sur une poulie, et je l'attache à une balance ; en mettant des poids dans celle-ci , je peux changer la tension des cordes vocales d'une manière rigoureusement évaluable. Comme l'épiglotte, les ligamens supérieurs delà glotte , les ventricules de Morgagni , les cartilages de Santorini , les ligamens ary-épiglottiques , et même la partie supérieure du cartilage thyroïde , jusqu'à l'insertion des cordes vocales , ne sont point essentiels à la production de la voix , j'excise toutes ces parties jusque immédiatement au dessus des ligamens inférieurs , afin de pouvoir mieux apercevoir ces derniers quand ils vibrent, et la glotte. Du reste , il est nécessaire de commencer par apprendre à connaître ce que les ligamens inférieurs de la glotte peuvent produire à eux seuls.

CHEZ L HOMME ET LEà ÀNUUtJX. S 1

Plus tard Tinfluence des ventricules situés au dessus d'eux sera examinée. On engage un tuyau en bois dans la trachéeartère pour soujQler. J'ai répété souvent les expériences au moyen de cet appareil. Voici les faits que j'ai observés.

I. Les ligamens inférieurs donnent , la glotte étant étroite , des sons pleins et purs lorsqiton souffle par la trachée-artère.

Ces sons se rapprochent beaucoup de ceux de la voix humaine , et ils ont une grande analogie avec ceux que l'on produit en souillant sur des rubans humides de tunique élastique d'artère tendus à l'extrémité d'un tuyau. C'est de cette dernière manière que l'on construit le meilleur larynx artificiel. Les rubans de tunique élastique d'artère sont formés du même tissu que les cordes vocales elles-mêmes , et ils ont les mêmes propriétés physiques. On peut y substituer d'autres rubans secs en caoutchouc ; les sons ne sont pas fort différens. Les rubans sont tendus par les deux bouts , mais bouchent d'ailleurs le bout du tuyau , et ne laissent qu'une petite fente entre, eux. Les rubans élastiques humides ont sur ceux en caoutchouc l'avantage de donner des sons purs , comme l'organe vocal de l'homme , même lorsqu'ils sont très-petits , de sorte que la diiGférence observée par Gagniard-Latour entre les rubans en caoutchouc et les cordes vocales , n'existe pas réellement.

IL Ces sons diffèrent de ceux qu'on obtient quand on a laissé subsister les ventricules de Morgagni^ les ligamens supérieurs et Vèpiglotte , en ce qu'ils sont moins forts.

En effet , ces parties , aussi bien que la paroi postérieure de la trachée-artère , résonnent simultanément avec force.

ÏIL Les cordes vocales parlent surtout avec facilite quana la partie postérieure de la glotte , entre les cartilages aryténoides , est fermée.

Cependant ce n'est point là une condition d'absolue nécessité. Souvent, mais non pas toujours , la voix se fait entendre alors même que la glotte est ouverte tout eniiè: o , pourvu

g 2 DE L\ VOIX ET DES ORGANES

que Touverfure soit assez étroite. Sous ce rapport je dois me mettre en coniradiclioa , jusqu'à un certain point, avec Magendie et Malgaigne. Mais ces sons sont difficiles à produire et plus faibles.

IV. Quand les cordes vocales ont une tension soutenue , le son reste le même , eu égard a Vélé^'ation , que la partie posté" Heure de la glotte soit ouverte , ou qu'elle ne le soit pas.

Il est nécessaire néanmoins que l'occlusion de la partie postérieure de la glotte par Tadossement des cartilages aryténoïdes ne s'étende point au-delà du point d'insertion des cordes vocales. Oy voit déjà clairement , d'après cela , que ce sont les cordes vocales dont les vibrations détermiiient le son, et que ce n'est pas l'air qui vibre le premier en traversant la glotte : car autrement le son rendu par une glotte ouverte dans toute sa longueur devrait être beaucoup plus grave que ceîui d'une glotte de la longueur des cordes vocales.

V. Si la partie postérieure de la glotte , entre les cartilages arrténoïdes^ ne se ferme pas complètement^ si les apophyses antérieures des bases de ces cartilages^ quoique se touchant^ laissent une petite ouverture derrière elles ^ illne se produit pas de second son par cette ouverture. ,

Quelquefois seulement l'air frémit en traversant l'ouverture qui reste entre les cartilages et la paroi postérieure par laquelle ils sont unis.

VI. -d tension égale des cordes vocales ^ le plus ou moins d*étroitesse de la glotte n' exerce pas d'influence notable sur t élévation du son.

Le son sort seulement avec peine quand la glotte est plus large, et il a moins d'éclat, parce qu'on perçoit en même temps le bruit causé par le passage de l'air. Il en est absolument de même avec le larynx artificiel à rebords en caoutchouc. Nous voyons ici, pour la seconde fois, que ce ne peut point être l'air qui vibre le premier, comme le pensaient Dodan et Liscovius , dans l'hypothèse desquels les hgamens ne

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faisaient qu'entrer simultanément en vibration ; car alors la gravité du son devrait croître avec la largeur de la glotte. Les cordes vocales se comportem donc , sous ce rapport , comme les languettes membraneuses et métalliques , dans lesquelles une ouverture plus large rend le son plus difficile à sortir, mais ne change rien à son élévation. Ferrein avait déjà rémarqué qu'une plus grande largeur de la glotte n'entraîne pas des sons plus graves.

YII. Quand les cordes vocales sont tendues inégalement elles ne donnent , en général^ quun seul son; ce n^est que dans des cas rares , quelles en font entendre deux.

En cela elles se comportent encore comme les rubans de caoutchouc dans le larynx artificiel . J'ai fait voir précédemment que , quand les rubans de caoutchouc sont inégalement tendus 5 le son peut provenir (d'un seul d'entre eux , en même temps que Taulre résonne souvent d'une manière faible , et qu'il n'y a pas toujours compensation des accords différens des deux cordons. On a souvent occasion de remarquer aussi, au larynx, les vibrations d'une seule des deux cordes vocales, surtout quand celles-ci ne se trouvent pas tout-à-fait dans le même plan. Mais le fait que, dans le cas d'inégale tension des cordes vocales, il n'y en a le plus souvent qu'une seule qui parle, et qu'il arrive rarement d'entendre deux sons, prouve encore que les vibrations sonores partent primitivement des cordes et non de l'air.

YIII. La tension des cordes vocales demeurant la même il arrive quelquefois qu'au lieu [de leur] son fondamental on en perçoit un beaucoup plus éleç^é , surtout lorsqu'on vibrant elles frottent sur une partie de leur longueur.

Ce phénomène s'explique par la formation de nœuds de vibration ; un effet semblable arrive quelquefois [avec les cordons en caoutchouc.

JX. Onpeut produire des son^tant lorsque les cordes vocales

84 DE LA VOIX lî'r Di;*, okganes

laissent une étroite ouverture mitre elles, que quand elles se se touchent toui~à~fait.

Dans ce dernier cas , les sons se produisent surtout avec facilité lorsque les cordes vocales sont très-laches : alors leurs vibrations sont très-fortes , parce que l'air, passant avec plus de difficulté , il les chasse et les écarte l'une de l'autre avec plus de force. La même chose exactement arrive avec les lan- (juetles membraneuses en caoutchouc ; car souvent ici le son se produit lorsque les cordons sont rapprochés jusqu'au point de se toucher, et même mieux encore quand le bord de l'un repose sur l'autre, ou quand on n'emploie qu'un seul ruban, et qu'on en tend le bord sur celui d'une planchette mince en bois. L'eftet est le même que dans les languettes qui ne battent pas ; l'ouverture se trouve fermée de moment en mbment , et le courant d'air interrompu par saccades.

X. Les sons qui se produisent quand les cordes vocales , peu tendues , se touchent , diffèrent , pour l'éclat , de ceux qui ont lieu lorsque la glotte présente une fente étroite.

Le son est plus fort et plus plein dans le premier cas , plus faible et plus sourd dans le second.

XI. Quand les cordes vocales ont une longueur détej'minée et une tension faible qui demeure la même , V élévation du son ne carie pas ^ soit qu'elles se touchent ^ soit quelles laissent une étroite ouverture entre elles.

XIL On peut très-bien encore produire des sons ^ quoique Us cordes vocales soient tout -a-fait relâchées^ pourvu que la glotte se trouve en même temps très-raccourcie.

Pour opérer ce raccourcissement , on comprime la partie postérieure de la glotte entre les deux branches d'une pince. La fente étant réduite à deux lignes , on n'en obtient pas moins encore des sons si les cordes vocales sont détendues, et qu'elles se touchent par leurs bords. Cette propriété des cordes vocales ne s'observe pas dans les lames élastiques sèches , telles que les bandelettes de caoutchouc , mais bien dans les

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rubans en tissu élastique, par exemple en tunique artérielle. Au reste, le tissu élastique ne perd pas, même lorsqu'il n'est point tendu , sa propriété de réagir contre le courant d'air ; car celui-ci, quand le passage est très-court, et que les cordes vocales se trouvent appliquées Tune contre Taulre , les distend à tel point qu elles recouvrent la faculté de réagir en vertu de leur élasticité ; de sorte que la glotte est alternaiivement ouverte et Fermée par les vibrations à très-grandes excursions. Cependant il n'est pas même nécessaire que Téiasticité des cordes vocales distendues par le courant d'air, devienne assez considérable pour fermer la glotte quand elle réagit; les cordes peuvent encore vibrer sans que la glotte se ferme périodiquement , de même qu'une languette de caoutchouc faiblement tendue vibre sans revenir à la ligne droite dans ses vibrations rétrogrades.

XIII. On peut tout aussi bien produire des sons grades avec une glotte courte^ inême très-courte ^ qu'avec une glolle longue^ et des sons aigus avec une glotte longue qu'avec une autre courte^ pourvu^ quand il s'agit des sons aigus ^ que les cordes vocales de la glotte longue soient plus fortement tendues , et lorsqu'il est question des sons graves^ que celles de la glotte trèscourte soient entièrement détendues^ les lèvres de l'ouverture se touchant.

On peut , sans rien changer à la tension , raccourcir à vo lonté la glotte en comprimant ses lèvres avec des pinces dans l'espace situé au devant des apophyses antérieures des cartilages aryténoides. On peut aussi détendre à volonté les cordes vocales en pressant le cartilage thyroïde d'avant en arrière. A l'aide de ces procédés , on obtient les résultats qui viennent d'être énoncés.

XIV. Lorsque les cordes vocales vihre7it en plein , depuis l'angle du cartilage thyroïde jusqu'aux apophyses antérieures, immédiatement appliquées V une contre Vautre, des cartilages aryténoïdes , et qu elles le font sans se toucher, avec un accrois-

semont graduel de tension , le changement d'élévation des sons ti'est pas tout-à-fait le même que dans les cordes et les membranes tendues à leurs deux extrémités.

Lorsqu'on accroît la tension des cordes vocales , les sons restent la plupart du temps de quelques semi-tons ou tons entiers au dessous de la hauteur que la théorie indique en pareil cas. Jamais ils ne deviennent plus aigus que celle-ci ne le comporte , à moins que les cordes ne soient inégalement tendues, et qu'en vibrant elles ne se touchent sur une partie de leur longueur, d'où résultent des nœuds de vibrations qui peuvent, au moment où l'on s'y attend le moins , donner lieu à des sons très-élevés , par analogie avec ceux qu'on appelle sons flûtes» On sait que , dans les cordes , les sons , ou nombres de vibrations , croissent en raison directe des longueurs de ces cordes , et inverse des racines carrées des poids qui les tendent. Si , par exemple, une corde tendue par un poids de quatre loth (1), donne ut , elle donnera avec un poids de seize loth l'octave de cet îit , et avec un poidsjde soixante-quatre loih, sa double octave. En ayant recours à l'appareil que j'ai décrit plus haut, on peut faire des essais comparatifs sur les cordes vocales. Il est vrai qu'en quarrant les poids mis dans le plateau de balance on n'obtient point généralement des octaves , mais la plupart du temps des sons qui sont d'un semi-ton, d'un ton entier, d'un ton et demi, de deux tons ou de trois tons au dessous des octaves ; cependant l'analogie est toujours assez frappante , et Ton peut du moins faire voir, au moyen de ces sortes d'expériences, que les sons produits par une tension qui croît suivant la proportion, 4, 16,64, se rapprochent jusqu'à un certain point de la série des nombres 1,2,4. Or cette circonstance suffit pour prouver que les sons de l'organe vocal de l'homme, en tant qu'ils naissent à la glotte et à ses limites immédiates , sont analogues à ceux des cordes et des languettes membraneuses. Les ex»

(i) Le loth vaut une demi-once.

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périences ne réussissent qu'autant que les cordes vocales sont tendues avec le plus d'égalité possible , et qu'on évjte qu'elles se touchent dans des parties aliqiiotes de leur longueur; car, ainsi que je l'ai dit , ce contact , au lieu des sons sur lesquels on compte , en fait souvent naître qui sont beaucoup plus élevés et criards. Il est certains larynx dont on ne peut se servir, à cause de l'impossibilité d'éviter cette transition brusque à un autre registre lorsque la tension devient plus considérable ; les meilleurs, en général , sont ceux d'individus du sexe masculin, qui ont des cordes vocales plus longues. Il faut répéter souvent les expériences pour en rencontrer un qui permette d'éviter les sons criards. Je vais citer plusieurs exemples de larynx sur lesquels elles ont parfaitement réussi. C'est un inconvénient qu'on ne puisse parvenir à tendre les cordes vocales dans une direction bien droite , au moyen de poids > sans que d'autres parties opposent une certaine résistance. Lorsqu'on les tend en tirant sur le cartilage thyroïde, le tissu élastique compris entre ce cartilage et le cricoide , oppose un obsta,cle d'un côté, et détourne la tension de la direction droite ; on peut bien le couper, mais l'articulation entre les deux cartilages gêne encore , et alors même qu'on enlève cette articulation , les sons qu'on obtient , en accroissant la tension, sont presque toujours, quand on veut éviter le fausset, au dessous de ceux qu'on cherche à faire sortir. Dans les expériences que je cite pour exemples, la tension eut lieu en des sens un peu différens , tantôt suivant la direction même de la longueur des cordes vocales , tantôt dans une direction qui s'écartait un peu en avant ou en arrière de celle-là , afin d'apprendre à connaître l'étendue des anomalies qui ont lieu dans des expériences de ce genre. On conçoit que le son fondamental des cordes vocales doit varier un peu suivant la direction dilTérente dans laquelle agit le cordon tendu par des poids. Un autre iiiconvénieni tient à l'impossibilité où l'on est d'obtenir toujours un souffle d'é.;]ale force. Or les sons devien- ^^

neiU plus aigus quand le soulfle est plus fort. Ce qu'il y a de mieux , c'est de prendre pour point de comparaison les sons que fait sortir le souffle le plus faible , ou les sons fondamentaux des cordes vocales.

1^« Expérience. Son fondamental des cordes vocales, avec tension produite par un poids de 4 lolh, ut^.

Tension

4 loth

Sons

ut^

sol^^

Expérience.

Tension

4 loth

16 loih

64 loth.

Sons

la^,-K

Expérience,

Tension

4 loth

16 loth

64 loth.

Sons

ut^

Expérience.

Tension

4 loth

16 loth

64 loth.

Sons

la^

ré^

uh

Expérience,

Tension

4 loth

16 loth

64 loth.

Sons

Expérience.

Tension

4 loth

16 loth

64 lolh.

Sons

sol^.

sol\

Expérience.

Tension

4 loih

16 loth

64 loth.

Sons

ré^

ut^

la.

Expérience.

Tension

16 loth

64 loth.

Sons

ré^^

si.

la^

Expérience.

Tension

4 loth

16 loth

64 loth.

Sons

soL

soL

soi.

Les deux dernières octaves sont sans netteté.

Les sons ont été chaque fois déterminés par une autre personne sur un piano bien accordé.

XV. Les cordes vocales isolées du larynx et tendues ne se 'comportent qu* approximativement comtne les cordes , avec lesquelles s^ accordent les languettes membraneuses vibrant sans cadre par l'effet d'un courant d'air.

/Quand on suit la méthode que j'ai indiquée plus haut pour faire produire des vibrations et des sons à des rubans de caoutchouc tendus librement sans châssis , au moyen d'un courant

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d'air sortant d un tube délié , il n'est pas difficile non plus d'en obtenir avec une corde vocale tout-à-fait isolée et tendue, en soufflant dessus. J'enlève une corde vocale , de manière à y laisser uni en devant un lambeau de l'angle du cartilage thyroïde , et en arrière un lambeau du cartilage arylénoïde. L'une des extrémités est alors fixée sur une planche -, à l'autre j'attache un fil , qui passe sur une poulie , et qu'on peut faire descendre , à l'aide de poids , dans un plateau de balance. Si alors je souffle vers le bord de la corde vocale , avec un tube délié , j'en obtiens le son fondamental , faible et sans éclat. Dans ce cas aussi , lésions restent au dessous des nombres exigés par la théorie. Une corde vocale tendue avec un poids de 16 lolh donna la^ ; en réduisant le poids à 4 loth, le son tomba à ré ; en replaçant le poids de 10 loth, la corde redonna îa]^.

VVI. En changeant la iension , sans modifier la direction , les sons du larj-nx peuvent changer dans V étendue d' à peu près deux octaves; mais si la tension devient plus considérable ^ il se produit des sons désagréables^ -plus élef^és^ sifflans ou criards.

Quand il ne s'agit pas , comme dans les cas précédens , de tendre les cordes vocales par des poids qui tirent suivant la direction des cordes elles-mêmes, le moyen le plus facile d'opérer la tension consiste à employer celui dont la nature se sert pour la faire varier, c'est-à-dire à abaisser le cartilage thyroïde vers le cartilage cricoide , les cartilugesaryténoïdes étant fixés. Le cartilage thyroïde agit alors comme un levier, dont le point d'appui est son articulation latérale avec le cartilage thyroïde. Les expériences suivantes ont été faites de cette manière. On commence par fixer les cartilages arylénoïdes sur une épingle, et à les lier ensemble , de sorte qu'il ne reste plus que la fente comprise entre les cordes vocales. Puis on les attache à une étroite planchette , sur laquelle la trachée-artère est fixée. La pîanchftte est dressée perpendiculairement sur un pied. A l'angle antérieur du cartilage thyroïde , immédiatci|^nî au dessus de l'insertion des corde$

go DE LA VOIX ET DES ORGANES

vocales , se trouve attaché le fil , avec un petit plateau de balance pendant verticalement. Si l'on ajoute des poids, le cartilage thyroïde s'abaisse vers le cricoide , et l'espace rempli par le ligament crico-lhyroidien moyen devient plus étroit ; les cordes vocales sont tendues dans la même proportion. On imite en cela l'effet des muscles crico-thyroïdiens. Chez l'homme vivant aussi , Tespace complis entre les cartilages thyroïde et cricoïde devient de plus en plus étroit, pendant le chant, depuis le son le plus grave jusqu'au plus aigu ; chacun peut s'en convaincre sur soi-même , en appuyant le bout du doigt sur cet intervalle. Dans les expériences dont je vais parler, un poids d'un demi-lolh environ suffisait , quand le son était grave , pour l'élever d'un semi-ton ; lorsque la tension était plus considérable , il fallait un poids plus fort , et finalement même jusqu'à trois îoth , pour produire un changement d'un semi-ton. On conçoit que le poids agit différemment à mesure que la situation du cartilage thyroïde change ; d'ailleurs, lorsque les cordes vocales restent long-temps tendues , leur éjasticité subit aussi de petits changemens. Je n'ai pris pour terme de comparaison que les sons appréciables produits par le plus faible souffle possible ; en soufflant avec plus de force, le son s'élève. Il suit de là que la détermination du son fondamental des cordes vocales à un degré donné de tension ne saurait jamais être parfaitement rigoureuse. Cependant je crois être en droit d'admettre pour certam que les erreurs qui résultent de là ne peuvent pas s'élever jusqu'à un semi-ton, puisqu'on n'admettait jamais que les sons les plus graves. Somme totale, ces erreurs se compensent. Le défaut de pureté des sons rendus par les ligamens tendus avec des poids, était un peu sensible aussi à l'oreille d'un chanteur, qui les déterminait tous sur le piano. Les deux expériences furent faites l'une après l'autre sur le même larynx. L'élévation extraordinaire qui fut produite par la tension était d'autant plus remarquable , que le larynx appartenait à un sujet du sexe masculin. #

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