‹ Physiologie du système nerveux, ou Recherches et expériences sur les diverses classes d'appareils nerveux, les mouvemens, la voix, la parole, les sens et les facultés intellectuellesChapitre 19 sur 136 · SECONDE EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

SECONDE EXPÉRIENCE

POIDS

SONS

POIDS

SONS

1/2 loth.

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Plus de son.

Plus de son.

'Après la première expérience, les cordes vocales n'avaient subi qu'un changement tel qu'au lieu de la^ elles donnaient si avec un poids d'un demi-Iolh.

Il suit de ces expériences qu'une force musculaire d'environ une livre peut produire les sons dans l'étendue de deux octaves.

XVII. Lorsque la partie postérieure de la glotte est fermée , et que les cartilages aryténoîdes sont fixés , de manière que tes cordes vocales soient très-faiblement tendues par la seule élasticité du ligament crico-thj-roïdien moyen , on peut produire des sons plus graves encore en détruisant la tension opérée par ce ligament ^ et relâchant tout-h-fait les cordes.

Dans ce cas , on détermine une détente plus considérable encore au moyen d'un fil chargé de poids, qui part de l'angle du cartilage thyroïde, en arrière , passe sur une pouHe , et rapproche par conséquent ce cartilage des aryténoîdes, qui sont fixés. Ce mécanisme explique l'effet du muscle thyroaryiénoïdien. Le larynx est disposé verticalemeut , et on souffle par en bas, au moyen d'un tuyau recourbé. Pour ces sortes d'expériences il faut toujours être plusieurs ; l'un souffle , un autre met les poids dans le plateau de la balance, et un troisième détermine les sons sur le piano. Dans l'exemple que je cite , le son d'où l'on partait était ré^^ , avec une détente produite par un contrepoids de 3/10 de loth. En augmentant les poids de détente , les sons baissèrent de la manière suivante :

Sons. — la^^ la, ut^^ ut, .si^ la^^ la ^ mi^ et sol]^ ^

l'un «iprès l'autre.

Lolh. — V.o V. 1 IVxo l'/to IV. IVxo 27,0,.

Sons. — mi^ rêj^^ ré^ ut^^. ^î\

Loth. — 2Vio 2«/ta 1\o 3«/,o 3'/.o.

De celle manière , en détendant de plus en plus les cordes vocales par une action imitant celle du muscle tbyro-aryté-

<3ÎÎE2 L HOMME ET LES ANlSlAtJX. Qj

ïloïdien , on atteignait les tons les plus bas de la voix de poitrine.

XVIII. On peut , sur le larynx détaché du corps , produire deus registres tout-h-fait différens de sons , au moyen d'une très- faible tension des cordes vocales ; savoir , des sons en général plus graves , qui ont la plus parfaite analogie avec ceux de la voix de poitrine , et d^ autres , en général plus aigus , et les plus aigus de tous , qui ressemblent complètement à ceux de la voix de fausset. Ces sons différens peutent être produits par une même tension donnée. La tension restant la même , c'est quelquefois le son de la voix de poitrine qui sort^ et parfois aussi celui de la voix de fausset. Lorsque les cordes vocales ont un certain degré de tension , les sons ont toujours le caractère du fausset , qu'on souffle doucement ou fort. Quand la détente est un peu considérable^ ils ont celui de la voix de poitrine , quel que soit le degré de force du souffle. La tension étant très-faible^ c'est de la manière dont on souffle qu'il dépend que l*une ou l'autre espèce de son sorte. Les sons de fausset se produisent plus facilement quand on souffle très -faiblement. Les deux espèces de sons peuvent être assez distantes l'une de l'autre , même d'une octave entière.

Il convient, pour ces expériences, de prendre des larynx appartenant à des individus du sexe masculin. On doit toujours avoir soin de fermer la partie postérieure de la gloiie , et de fixer les cartilages aryténoides , ainsi que le larynx entier , au moyen des dispositions que j'ai indiquées plus haut, Quand les cartilages aryténoides sont fixés perpendiculairement , la seule tension des cordes vocales par le ligament crico-thyroïdien moyen suffit pour donner lieu aux phénomènes dont il s'agit ici ; si l'on tend davantage par des moyens artificiels, il ne sort plus aucun son de la voix de poitrine, Liscovius a le premier découvert que les cordes vocales sont relâchées dans la voix de poitrine , et tendues dans celle de tête ou de fausset. Cependant il est possible , à un certain

g/| DE LA VOIX ET DES ORGANES !

degré de détente, d'obtenir, en variant le souffle, des sons de poitrine aussi bien que des sons de fausset , et , pour ce qui concerne les premiers , leur élévation ne dépend pas de Tétroitesse de la glotte , mais du plus ou moins de détente des ligamens, comme je m'en suis convaincu par de nombreuses expériences , et comme je Tai prouvé par l'exemple cité au paragraphe XVII. La cause des sons de poitrine et de fausset tient donc à une autre .circonstance encore que celle qui a été découverte par Liscovius.

XIX. Lorsque les cordes vocales ont un si faible degré ou de tension ou de détente qu'on parvient , en variant le souffle , à leur faire produire des sons de poitrine et des sons de fausset^ on peut se convaincre que ces derniers ne sont pas des sons flûtes, comme ceux auxquels donnent lieu les vibrations des parties aliquotes de la longueur d'une corde. Dans les deux cas , pendant les sons aigus du fausset et les sons graves de la voix de poitrine , les cordes vocales peuvent vibrer de toute leur [Iongueur ; on le constate par le témoignage de ses jreux. La différence essentielle des deux registres consiste en ce que les bords des cordes vocales vibrent seuls dans les sons de fausset , tan-^ dis y quiG 1 dans ceux de poitrine^ les cordes entières exécutent des vibrations vives et a grandes excursions.

Lehfeldt a le premier observé ce fait. G. Weber est surtout celui qui a insisté sur la comparaison des sons de fausset avec les sons flûtes des cordes , et qui les a considérés comme devant naissance à ce que les cordes vocales vibrent avec des nœuds de yibration. On vient de voir que cette explication ne saurait être admise. Cependant la production des sons de fausset n'est pas sans analogie avec celle des sons flûtes. Ils dépendent de la division des cordes vocales dans le sens de leur longueur , ou des vibrations d'une partie seulement de la largeur de ces cordes , de la partie qui en forme le bord. Naturellement , un ligament qui a une certaine largeur doit être susceptible de plusieurs modes très-différen§

CHEZ l'homme et LES ANIMAUX. 95

de vibrations lorquon souffle dessus. Tantôt c'est le bord seul qui vibre , et alors le reste de la membrane n'est que distendu par le courant d'air ; tantôt la membrane entière entre en vibration. Dans les sons de fausset , où le bord mince des cordes vocales vibre , on parvient presque toujours à distinguer très-bien encore la fente de la glotte , à cause du peu d'étendue des excursions j dans les sons de poitrine , les excursions sont si grandes que les deux cordes semblent se confondre ensemble. Mais ce ne sont pas seulement les cordes qui vibrent dans leur entier ; la membrane avoisinante des ligamens inférieurs de la glotte , qui y tient , et que couvre la partie inférieure , la plus forte , du musclé thyro-aryténoidien , exécute aussi, de même que ce muscle , des vibrations violentes. Les sons de poitrine deviennent d'autant plus graves qu'on rapproche davantage le cartilage thyroïde des cartilages aryténoides fixés perpendiculairement, comme dans l'expérience citée au paragraphe XVII , où le son le plus grave atteignit \esii. Lorsqu'on détendait davantage , l'air cessait de parler. En éloignant successivement le cartilage thyroïde d'arrière en avant, sans que néanmoins les cordes vocales soient jusqu'à un certain point plus tendues , on obtient , sur un bon larynx d'homme , une série entière de sons de basse , du moins dans l'étendue d'une octave à pars tir du plus grave possible. On ne peut pas élever davantage la voix de poitrine de cette manière ; car elle saute à la voix de fausset , la seule qui soit possible quand les cordes vocales ont un certain degré de tension. La possibilité que les cordes vocales continuent encore , dans un pareil état de détente, de donner de* sons forts , se conçoit lorsqu'on réfléchit qu'en les allongeant , le courant d'air leur rend toujours un certain degré de tension , comme il arriveaussi aux rubans de caoutchouc. Les sons de poitrine élevés n'ont jamais été très-faciles à faire sortir sur un larynx détaché du corps. Le son sautant à la voix de fausset pour peu que la tension des cordes vo-

§6 »E Ik VOÎX ET DES ORGANES

cales augmente , il faut éviter tout accroissement de tensîoû lorsqu'on a envie de produire des sons de poitrine plus Jiigus. Mais il y a deux moyens à l'aide desquels on parvient , avec une loDjjueur et une détente données des cordes vocales , à élever encore de beaucoup le plus haut son de poitrine qui puisse être obtenu de la manière précédente. Le premier consiste à souffler plus fort , ce qui permet d'élever successivement , sans nulle difficulté , jusqu^à une quinte ; les sons de poitrine plus aigus qu'on obtient ainsi , sont désagréables , criards et bruyans. L'autre moyen consiste à rétrécir l'espace situé au dessous des ligamens inférieurs de la glotte. Cet espace et ses parois sont d'une grande importance pour la théorie des sons de poitrine. On n'y a eu nul égard jusqu'à présent. La circonstance que les parois de cet espace sont , immédiatement au dessous des ligamens inférieurs de la glotte , et dans une hauteur de quelques lignes, couvertes par une couche épaisse de chair musculaire , la partie inférieure du muscle thyro-aryténoïdien , suffit déjà pour prouver qu'il doit jouer un rôle important. On sait qu'il se rétrécit à mesure qu'il s'approche de la glotte, avec laquelle il linit par se confondre. Pour se convaincre de l'influence qu'il exerce sur le changement des sons de poitrine , on n'a qu'à prendre un larynx d'homme, enlever, par une section transversale , tout ce qui se trouve jusqu'au dessus des ligamens inférieurs de la glotte , fixer les cartilages aryténoïdes par le procédé que j'ai indiqué , et mettre à découvert la partie charnue du muscle thyro-aryténoidien , sur les côtés des ligamens inférieurs de la glotte , et plus loin , vers le bas, jusqu'à la membrane interne du larynx, là où elle revêt le devant de la glotte rélréci en forme d'entonnoir. La membrane est encore élastique jusqu'à un certain point , et elle a supérieurement des connexions intimes avec le tissu des cordes vocales. Toute celte membrane de l'espace infundibuliforme antérieur de la glotte entre en vibration , dans les sons de

mn l HOMME Et LES ANiMAt.^c Q'J

l^ôîirine, avecloule i'épaisseur et toute la largeur des ligamens inférieurs. Si l'on rétrécit latéralement l'entonnoir, dans sa partie évasée qui regarde vers le bas , qu'en conséquence on agrandisse la glotte dans le sens de sa profondeur de haut en bas , les sons de poitrine augmentent d'intensité , toutes choses égales d'ailleurs. C'est aussi en opérant ce rétrécissement qu'on peut, mieux que par tout autre moyen, prévenir le passage de la voix de poitrine à celle de fausset. On l'opère, sans comprimer les ligamensde la glotte eux-mêmes , au moyen de deux plaques , par exemple des manches de deux scalpels, qu'on appuie ensemble des deux côtés, à quelques lignes au dessous des ligamens inférieurs. Un effet analogue doit être produit , chez l'homme vivant, par les parties inférieures des muscles thyro-aryténoidiens , qui sont placés, comme des espèces de lèvres musculeuses , sur les côtés de cet isthme. La théorie au moyen de laquelle on peut l'expliquer ressort des expériences sur les languettes membraneuses , expériences dans la relatioa desquelles j'ai fait voir qu'un bouchon enfoncé dans le porte-vent , immédiatement au devant de la languette , et muni d'une étroite ouverture à son centre , rend le son plus élevé qu'il ne serait avec la même longueur de porte-vent, mais sans bouchon.

Le muscle thyro-aryténoidien a encore de l'importance sous un autre point de vue. Il ne se borne pas à revêtir l'isthme qui conduit à la glotte et à agir comme obturateur de ce point du porte-vent; il s'étend aussi sur la partie latérale des cordes vocales , avec les fibres externes desquelles les siennes sont intimement entrelacées ; puis sur le côté du ventricule de Morgagni , de sorte qu'en se contractant , il peut peser sur les membranes qui vibrent simultanémentavec les cordesvocales et sur celles-ci elles-mêmes, d'où résulte une élévation du son, comme je l'ai fait voir en pariant des languettes de caoutchouc. Enfin il peut encore changer la tension des cordes vocales, puisque ses fibres entrent dans la texture de leur

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