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g8^ DE LA VOIX ET DES ORGANES
pourtour extérieur, commtî Ta démoniré nafjuères Laïuh , dont j'ai trouvé les observations conformes à la vérité. Quand le muscle se contracte , une corde vocale même détendue , ainsi qu'elle doit Têtre pour produire les sons graves de poitrine', devient un peu plus rigide. Cette action de sa part sur les cordes relâchées ressemble à celle que le sphincter de la bouche exerce sur la tension des lèvres chez Thomme qui sonne de la trompette. On voit que l'élasticité des lèvres de la glotte ne dépend pas seulement de la tension des cordes vocales, tant en avant qu'en arrière , mais qu'elle tient encore au degré de tension de leur pourtour musculeux. Les lèvres de la glotte ne se bornent pas aux ligamens élastiques ; elles sont de plus ligamenteuses et élastiques en dedans , musculeuses en dehors.
On peut aussi remplacer l'action du muscle thyro-aryténoïdien par la compression latérale du cartilage thyroïde , en supposant que celui-ci ne soit point ossifié , et l'on parvient ainsi à élever les sons de poitrine , autant qu'il est possible à la voix humaine de le faire aisément. Si les cordes vocales sont défendues , on évite entièrement par-là les sons de fausset.
Un larynx dont les cartilages ary ténoides étaient fixés , et dont les cordes vocales étaient portées au plus haut point de détente par la traction d'avant en arrière du cartilage thyroïde, donnait le son de poitrine ut„^. Par une détente moindre et un souffle plus fort , on pouvait faire monter les sons de poitrine jusqu'à ut^ , c'est-à-dire de toute l'étendue d'une octave. Il n'y avait pas possibilité de dépasser ainsi celte limite. Mais si l'on venait à comprimer latéralement le larynx à la région des cordes vocales et au dessous de cette région , les autres sons de poitrine sortaient sans difficulté , et ils montaient d'autant plus que la compression croissait davantage. On parvenait de cette manière à les élever encore d'une octave, jusqu'à ?«<„, Là se rencontrait une nouvelle limite in-
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franchissable , et la compression du carlilage thyroïde était parvenue au plus haut degré. Il est digne de remarque encore que cette compression excluait totalement les sons de fausset. Il semble donc , si l'on veut considérer une compression ainsi exercée sur les cordes vocales en pesant sur les parties latérales du larynx , comme une imitation du muscle thyroaryténoïdien , que c'est précisément ce muscle qui , en communiquant de la tension aux cordes vocales et rétrécissant par là l'isthme inférieur de la glotte , exclut la voix de fausset, dont les sons sont d'ailleurs possibles déjà à un degré assez marqué de gravité. Ainsi, sur le larynx précité, le premier son de fausset possible était /«Jf^ avant w<„, et les autres sortaient à partir de là; cependant tous, depuis ^^3 jusqu'à r//^ , étaient exclus par la compression graduelle du larynx , et les plus hauts sons de voix de poitrine étaient encore possibles jusqu'à ut^ en continuant toujours d'accroître cette compression. Voici donc quelle est la théorie des sons de poitrine.
1° Les ligamens vibrent dans toute leur longueur , ainsi que les membranes qui y tiennent et le muscle thyro-aryténoïdien.
T Les sons de poitrine les plus graves s'obtiennent lorsque la détente des cordes vocales est portée au plus haut point possible , par le mouvement d'avant en arrière du cartilage thyroïde.
3° Lorsque la détente est portée si loin , les cordes vocales sont non seulement relâchées , mais encore , dans l'état de repos , ridées et plissées ; mais le souffle les distend , ce qui leur donne la tension nécessaire pour vibrer.
4° En rendant la détente moindre , et permettant au cartilage thyroïde de se porter en avant, ou à la traction du ligament crico-lhyroïdien médian de céder, les sons de poitrine montent de près d'une octave.
5° Dans la situation moyenne de repos du cartilage thyroïde et des cartilages aryténoïdes, quand les cordes vocales
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ne sont ni tendues ni plissées , le larynx a de la disposition à produire des sons de poitrine moyens, ceux qui sortent le plus facilement , ceux entre lesquels et les plus graves prennent place les sons de la parole ordinaire.
6® La seconde octave sort déjà en collision avec les sons de fausset correspondans, mais on évite ceux-ci, et l'on fait monter les sons de poitrine jusqu'à leur dernière limite , soit en comprimant les cordes vocales sur les côtés et rétrécissant l'isthme inférieur de la glotte , au moyen du muscle thyro-aryténoidien , soit , comme déjà auparavant , en soufflant avec plus de force.
7° Les sons de poitrine dépendent non seulement des cordes vocales , mais encore de la tension des lèvres de la glotte par le muscle tliyro-aryténoidien.
8" Dans les sons de fausset, il n'y a que la partie interne ou le bord des cordes vocales qui vibre ; ces sons dépendent^ quant à leur élévation , de la tension des cordes vocales.
XX. V épiglotte , les liganiens supérieurs de la glotte , les ventricules de Morgagni^ la voûte du palais ^ en un mot toutes les parties situées au devant des ligamens inférieurs de la glotte^ ne sont nécessaires ni à la production des sons de poitrine , /li à celle des sons de fausset.
Celte proposition découle clairement des expériences précédentes.
XXL Les sons faciles à produire auec des larynx de femme ^ sont en général plus élevés.
Cependant on parvient aussi à en faire sortir de graves en détendant tout-à-faitja glotte , et rapprochant les bords de cette ouverture jusqu'à ce qu'ils se touchent , même lorsqu'elle a peu d'étendue en longueur. Les cordes vocales des larynx de femme sont généralement beaucoup plus courtes que celles des larynx d'homme , et c'est à cela surtout qu'il faut attribuer le caractère plus aigu de la voix des femmes. Ainsi les registres des voix d'homme (basse-taille , ténor) et
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des voix de femmes (alto , soprano) dériveraient priacipa'.ement et primitivement de la longueur diverse des cordes vocales , quoique la différence de capacité du larynx et la force de ses parois y prennent aussi une grande part. Si les parois forment un corps de résonnance faible et petit, il peut arriver que des sons graves soient encore possibles , mais ils n'ont pas d'éclat. Il est vrai que les cordes vocales plus longues de Ihomme peuvent suppléer jusqu'à un certain point , par la plus forte tension qui donne lieu aux sons de fausset , ce que les femmes avec des cordes vocales plus courtes produisent aisément à l'aide d'une moindre tension ; mais cet effet a nécessairement pour limite celle de la force contractile des muscles. Or Schwann assure que le maximum de la contraction des muscles ne les raccourcit que d'environ un tiers (1).
Comme la tension des cordes vocales peut être opérée simultanément en avant et en arrière pur des muscles différens, et que les pièces auxquelles s'insèrent ces cordes peuvent se mouvoir en quelque sorte à la manière de leviers , les moyens sont à la vérité un peu plus forts ; cependant l'ascension des sons ne doit point tarder à rencontrer sa limite sur cette voie. La^ tension une fois parvenue au plus haut point, il n'y a plus que le contact accidentel des cordes vocales sur des parties aliquotes de leur longueur qui puisse produire un son plus élevé , mais aussi plus faible. J'ai cherché à mesurer la longueur des cordes vocales de l'homme et de la femme, et leur proportion dans les deux sexes. Comme on ne doit avoir égard,
(1) Le faible degré de raccourcissement dont les muscles sont susceptibles a rendu nécessaire que, chez l'homme, ces organes s'insérassent partout à peu de distance du point d'appui du levier. Il y aurait économie de force à ce qu'ils fussent insérés plus loin , mais l'étendue du raonvement diminuerait à cause du peu de raccourcissement des muscles, et le biceps , par exemple , ne pourrait plus appliquer l'avaut-bras au bras , comme lui permet de le faire , malgré le peu d'étendue de son raccourcissement . son inseiUoa au voisinage du point d'appui.
pour les cas possibles , qu'à la seule longueur des cordes vocales elles-mêmes, et non à la longueur entière de la glotte jusqu'à la partie inter-aryténoidienne , je n'ai mesuré que la longueur de ces ligamens depuis leur insertion antérieure jusqu'à leur msertion postérieure à l'apophyse antérieure de !a base du cartilage aryténoide. Comme leur tension est variable , il est indispensable , pour établir des comparaisons , de se procurer une base déterminée. Je les mesure et dans l'état de repos et dans celui de tension extrême , par conséquent dans la plus grande longueur qu'on puisse leur donner en éloignant l'un de l'autre le cartilage thyroïde et les cartilages aryténoïdes. En général , les cordes vocales proprement dites sont, dans la plus grande tension possible, plus courtes d'un tiers chez la femme que chez l'homme ; cependant on rencontre de nombreuses variations , dont le tableau suivant donnera un aperçu. Pour comparer les larynx d'homme et de femme , je n'ai pris ces organes que sur des individus qui eussent dépassé l'âge de puberté. Une petite partie des fibres de la corde s'attache , un peu plus en arrière que l'extrémité de l'apophyse antérieure , au bord supérieur de celte apophyse , jusqu'auprès du bord antérieur du cartilage aryténoide ; cette portion a été comprise dans les mesures , et celles-ci sont en millimètres.