‹ Physiologie du système nerveux, ou Recherches et expériences sur les diverses classes d'appareils nerveux, les mouvemens, la voix, la parole, les sens et les facultés intellectuellesChapitre 40 sur 136 · POIDS PODR RELACHER LES CORDES VOCALES · texte numérisé non relu

POIDS PODR RELACHER LES CORDES VOCALES

3/10 loth

Le même larynx , dont les sons pouvaient être poussés jusqu'à re'i^g par tension , était susceptible , par le maxinuim de la délente, d'abaisser ses sons jusqu'à si^. Je n'en ai jamais rencontré de meilleur dans mes nombreuses expériences. Ainsi , tous les sons de la voix des individus masculins peuvent être imités avec le larynx détaché du corps, et Ton va

même plus loin dans le baut. Si le larynx de Thomme vivant

ne monte pas autant, l'explication , aussi simple que vraisemblable , en est que les muscles ne sont pas capables de produire une tension aussi considérable que celle qu'on obtient , $ur le cadavre , avec des poids.

J ai prouvé que Torgane vocal de l'homme et des Mammifères est une anche à languettes membraneuses. Jadis on se faisait une idée trop restreinite des anches , en supposant qu'il

fallait de toute nécessité que le courant de l'air fût complétempnt interrompu à chaque double impulsion ou vibration de cet air. Le même instrument à languettes membraneuses ne perd point le caractère de ses sons, que l'interruption soit complète ou incomplète , et les vibrations d'une lame membraneuse conservent le même caractère lorsqu'elles ont lieu librement dans l'air, comme je l'ai é{;alement démontré. Les condiiions exigibles dans un instrument à anche , outre la colonne d'air co-vibrante et modifiant le son de la languette , qui peut exister, mais qui peut aussi manquer, ces conditions sont au nombre de trois : 1° une lame de métal , de bois , de membrane , susceptible d'être mise en vibration , et qui peut être large ou étroite, qui peut même n'être qu'un ruban analogue à une corde ; 2** un courant d'air qui , d'après lu force du choc , modifie l'élévation du son primitif de la lame ; 3° une interruption partielle ou totale du courant d'air entre les vibrations ouïes chocs. L'interruption partielle du courant d'air a lieu même encore alors qu'on fait parier librement dans l'air une langueile membraneuse par un courant d'air délié qui vient la frapper ; car ce courant la repousse , et en revenant sur elle-même , en vertu d(; son élasticité , elle l'interrompt partiellement jusqu'à ce qu'elle soit de nouveau repoussée. Plus l'interruption du courant d'air est complète , plus les sons de l'anche ont d'éclat.

J'ai fait remarquer que les vibrations de la lame contribuent autant que les interruptions du courant d'air à l'éclat des sons des instrumens à anche. Dans ceux de cesinstrumens qui ont des languettes membianeuses, le timbre puriiculier du son de la nK^mbrane , qui est fort dififérent de celui de l'air seul, dépend beaucoup des vibrations de la languette. On peut se convaincre, fiar des expériences directes, de la part qui , dans les sons des instrumens à anche , revient à la languette et de celle qui appartient à l'air. Lorsqu'on se bouche les oreilles avec des tampons de papier mâché , et

CHEZ l'homme et LES ANIMAUX. l8l

qu'on lient une verf^e appliquée au tampon , cette verge est apte à recevoir parfaitement les vibrations de parties solides , et à les transmettre aux parties solides de l'organe auditif , avec lesquelles elle communique. Mais, en sa qualité de corps solide , elle n'est point aussi propre à bien conduire les vibrations de l'air lui même. Ainsi , en se servant de la xerge comme d'un conducteur entre une anche vibrante et le bouchon de l'oreille , on entendra les vibrations de l'anche elle-même. Si Ton se sert d'un larynx artificiel à l;inguettes en caoutchouc , on applique celte verge à l'anneau ou au tuyau sur lequel les languettes sont tendues ; si Ton opère sur un larynx naturel , on la met en contact avec un cartilage. On perçoit très bien les vibrations de celte manière. Au contraire , sans la ver^^e et le bouchon dans l'oreille , les vibrations de l'air de l'instrument sont celles qu'on entend le mieux, parce que l'air est le meilleur conducteur pour les vibrations de l'air.

Dans une expérience comparative pour entendre avec une verge les covibrations du tuyau d'une flûte , instrument où l'air seul produit le son , on entend bien aussi ce dernier, mais faible proportionnellement , et dans ♦ous les cas on le perçoit plus faiblement que les vibrations des parties solides d'un instrument à anche.

Page 1