‹ Physiologie du système nerveux, ou Recherches et expériences sur les diverses classes d'appareils nerveux, les mouvemens, la voix, la parole, les sens et les facultés intellectuellesChapitre 39 sur 136 · DE CHAQUE CÔTÉ · texte numérisé non relu

DE CHAQUE CÔTÉ

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6,25 lolh, y compris 0,25 poids du plateau et du cordon.

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Je crois avoir remarqué que l'élévation du son par suite de la compression des cordes vocales, arrivait toujours soit lorsque cette compression agissait en même temps sur la tension des ligamens, ou rétrécissait plus spécialement une partie de la glotte, et diminuait par-là la longueur des parties vibrantes, soit quand la pression de l'air augmentait. Plus la pression sur les ligamens devient considérable, plus aussi , en général, on est obligé de renforcer la pression de l'air, pour obtenir les sons. Mais il résulte de là que le ton hausse. Il y eut certains cas dans lesquels les sons s'élevèrent , bien que la pression de l'air mesurée à l'aide du manomètre ne changeât

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point ; mais alors cet effet paraissait dépendre d'une des causes que j'ai indiquées. Quoi qu'il en soit, j'ai quelquefois réussi à maintenir les sons à la même hauteur, en accroissant la compression des ligamens , bien que la pression moyenne de Tair demeurât la même, comme l'annonçait le manomètre. Le son resta le même , quant à Télévation, dans un cas où la compression s'éleva graduellement depuis le minimum jusqu'à six loth de chaque côté. Mais ce qui rend une forte compression toujours nécessaire pour produire les sons élevés de poitrine , c'est qu'en accroissant la pression de l'air par le souffle, on obtient des sons bien plus élevés quand la glotte est étroite que quand elle ne l'est pas. La tension ne suffit pas, comme je l'ai démontré , pour produire les sons élevés de poitrine. Plus les cordes vocales sont tendues , plus aussi les sons de fausset ont de facilité à sortir. Dans les cas où le son restait le même quant à la hauteur, la tension ne changeant pas, mais la compression des cordes vocales croissant, le son variait beuucoup eu égard à l'éclat, suivant le degré de cette compression. A un certain degré de pression, les sons de poitrine étaient aussi pleins qu'ils pouvaient l'être ; si l'on poussait plus loin la pression, ils perdaient de leur volume, et prenaient un caractère de faiblesse filée , que nous pouvons également leur donner, sur nous-même, par des moyens artificiels.

Sous ce rapport donc l'organe vocal de l'homme possède une nouvelle condition qui lui permet d'apporter de grandes variétés dans l'éclat de ses sons, et l'on est surpris de pouvoir pousser si loin l'appréciation physique des moyens que nous admirons dans la modulation des chanteurs. Cet organe peut donner les mêmes sons , pleins et filés , avec les nuances les plus diversifiées ; l'étude et l'exercice procurent au chanteur la conscience de tous ses moyens, et lui enseignent à les employer de manière à ne produire que les sons les plus agréables. Tous les faits dont il a été question jusqu'ici peuvent être

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observés sur des lafynx qui n'ont que les ligameas inférieurs de la glotte, auxquels on a enlevé les li{jamens supérieurs et les ventricules de Morgagni. C'est de cette manière qu'on doit faire! d'abord les expériences, dans toute leur étendue , avant d'aller plus loin. Car il faut connaître les effets de tous les élémens l'un après l'autre, avant d'étudier la part qu'ils prennent au mécanisme considéré dans son ensemble.

Je n'ai point négligé de rechercher la part qui revient aux parois élastiques situées au dessus des ligamens inférieurs de la glotte.

Le premier pas consiste à faire des expériences sur des larynx possédant encore l'épiglotte , les ligamens supérieurs et les ventricules deMorgagni. La marche à suivre est la même que pour les précédentes. Il faut attacher ensemble les bases des cartilages aryténoides , et les fixer comme paroi postérieure du larynx. On ne tarde pas à se convaincre que les sons sont absolument les mêmes , quant à Téclat , et qu'il n'y a là aucun élément nouveau à découvrir. Pour obtenir la voix de poitrine, il est également nécessaire de rapprocher les cordes vocales l'une de l'autre par une pression latérale. Je me suis demandé si les ligamens supérieurs de la glotte , qui tiennent aux inférieurs par le revêtement élastique des ventricules, ne seraient pas peut-être dans un tel rapport de compensation avec les cordes vocales, que par exemple les tensions inégales des uns et des autres se compensassent mutuellement ; car la théorie indique qu'un son correspondant à la tension des ligamens inférieurs serait rendu plus grave par une tension moindre des supérieurs , et viée versa. Pour éclaircir ce point, j'ai déterminé , sur un même larynx demeurant fixe , d'abord le son le plus élevé qu'il est possible d'obtenir par le maximum delà tension , lorsque les ligamens supérieurs et les ventricules de Morgagni existent , puis celui qu'on obtient après Tablaiion de* ces parties. Mais les ligamens supérieurs ne modifient pas sensiblement la hauteur du son. Ce qui prouve

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déjà que ni eux ni les ventricules ne sont nécessaires à la formation de la voix , c'est qu'ils manquent chez beaucoup de Mammifères, notamment les Ruminans. Mais ils doivent contribuer à renforcer l'éclat, et on les voit, ainsi que les parois des ventricules, vibrer fortement, surtout dans la voix de poitrine ; ce qui, du reste, leur est commun avec toutes les membranes élastiques du larynx etavecle ligament crico-thyroidien. Ce n'est que quand les ligamens supérieurs sont très-rapprochés, qu'ils donnent des sons propres. L'épiglotte. fait également entendre des sons bourdonnans , lorsqu'on la place dans une certaine situation par rapport au courant d'air ; ces sons différent beaucoup de ceux des ligamens inférieurs.

L'abaissement de l'éptiglotte change beaucoup le timbre de la voix , mais en altère à peine l'élévation. Il faut néanmoins éviter, en abaissant cet appendice , d'exercer aucune tension sur les membranes élastiques qui ont des connexions tant avec lui qu'avec les cordes vocales; autrement, et la chose est trèsfacile, le son s'élève, comme on le conçoit bien. Pour échapper à toute erreur, le mieux est d'exciser l'épiglotte , de la saisir avec des pinces , et de s'en servir alors pour couvrir et découvrir alternativement l'entrée du larynx. Dans les anches en caoutchouc, un obturateur placé au devant des rubans élève le son avec une grande facilité , ainsi que je l'ai montré ailleurs, et , d'après la théorie , on devrait s'attendre ici à un effet semblable de la part de l'épiglotte. Cependant à peine ai-je pu quelquefois reconnaître un changement appréciable. Du reste, l'ablation totale de l'épiglotte ne change pas la voix d'une manière essentielle. Cet appendice n'empêche pas que le son s'élève quand le souffle devient plus fort. Chez l'homme vivant, le rétrécissement de l'isthme supérieur de la glotte au moyen de la langue et avec le secours de l'épiglotte change le timbre de la voix jusqu'à la rendre nasillarde , et permet d'imiter la voix des animaux , ainsi que celles qui sont particulières à chaque individu.

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Dans les expériences sur la production de la voix de poitrine par des larynx préparés suivant la manière que j'ai indiquée, il sort des sons de poitrine qui ont une ressemblance parfaite avec ceux de la voix humaine , quoique toutes les parties situées au dessus des ligamens inférieurs de la glotte aient été retranchées. J'en ai fait d'autres aussi dans lesquelles je conservais non seulement les ventricules de Morgagni , les ligamens supérieurs et l'épiglotte, mais de plus Tarrière-gorge, avec le nez .et la bouche ; ici non plus je n'ai pu découvrir aucun nouvel élément ; mais le timbre devient plus semblable encore à celui de la voix humaine ; le ressemblance va même si loin , au moyen de dispositions dont je vais parler, qu'ils n'y a plus aucune différence entre la jïiachine et le corps vivant. Ces expériences présentent beaucoup plus de difficultés que les précédentes. Il s'agit également de fixer le larynx, et de le soumettre aux mesures et aux poids.

Voici comment je procède : •

Je coupe la tête d'un cadavre, de fhanière que l'appareil vocal entier et une partie de la trachée-artère y demeurent adhérentes. J'enlève alors les vertèbres ducou, comme pour la préparation du pharynx, je mets le larynx àdécouvert en avant, j'ouvre le pharynx derrière les cartilages aryténoides , et je traverse ceux-ci d'une forte épingle, sur laquelle jeles attache ; je fais passer la ligature par la fente pratiquée au pharynx , puis je recouds ce dernier, et je le ferme, par un lien, à son extrémité inférieure. Alors je suspends la tête ; je fixe, comme d'ordinaire(Pl.n,fe. 12), la paroi postérieure de l'organe vocal à un pilier, et j'attache surtout la partie de cette paroi, formée pari es cartilages aryténoides , au moyen de la ligature dont il a été parlé plus haut. Cela fait, j'excise le cartilage thyroïde jusqu'à l'insertion des cordes vocales, sans léser la membrane muqueuse du larynx ; j'attache à la portion restante de ce dernier cartilage un lien dont l'usage est de tendre horizon-

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talement les ligamens inférieurs de la glotte, et que je fais passer sur une poulie.

Pour comprimer les cordes vocales , j'emploie un appareil particulier représenté Pi. Il, fig. 11. Ce n'est qu'une modification du compresseur représenté PI. I, fiy, 7.

Des branches du compresseur parlent , en direction verticale, deux autres branches, qui sont arquées comme la figure Tindique. Le compresseur est disposé ainsi que le représente la PI. II, fig. 12, et il comprime les régions des cordes vocales. On ne peut rien dire de plus : chacun connaîtra bientôt la situation des pinces et la force de pression nécessaire pour produire un bon son, en variant 1^ circonstances.

Dans ces expériences, on voit avec quelle force le revêtement élastique des ventricules de Morgagni et la membrane obturatrice tendue entre Thyolde et le larynx , vibrent pendant les sons de poitrine.

On peut même, en faisant remuer les lèvres, amener la formation de quelques consonnes ; Vmei le v sortent très-facilement , comme aussi les voyelles m et a en imprimant le changement nécessaire à Touverlure de la bouche.

Une circonstance qui mérite encore d'être mentionnée , c'est rétendue de la voix sur les larynx préparés, comparée à celle de la voix des hommes vivans. J'ai déjà dit qu'en tendant davantage les ligamens, on peut obtenir, sur les larynx d'individus du sexe masculin , des sons beaucoup plus aigus que la voix de l'homme vivant n'est communément capable d'en produire. Dans les expériences que j'ai rapportées, il • fut possible d'atteindre, par la tension des ligamens, au-delà de deux octaves , depuis loj^^ jusqu'à ré^^. Il ne faut cependant pas croire que ce soit là une contradiction entre l'expérience faite sur des parties mortes et la nature vivante. Ce registre de la>^^ à ré^^ est assurément en pai lie beaucoup plus élevé que celui de la voix des individus appartenant au sexe masculin ; mais le larynx préparé donnait aussi les sons plus II. la

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graves delà voix d'homme, par une détente plus jurande encore des cordes vocales que celle qu'elles éprouvent dans rétat où elles semblent ne plus être tendues. Comme le ligament crico-ihyroidien , qui est élastique, tire encore sur le chevalet antérieur alors même que les cordes vocales paraissent être lâches, le maximum de détente ne peut naturellement être obtenu que par une traction en sens inverse , en rapprochant le cartilage thyroïde de la paroi postérieure du larynx par le moyen d'un lien chargé de poids, mouvement que le muscle tbyro-aryténoïdien a le pouvoir d'exécuter. Si, en même temps, les cordes vocales éprouvent une compression latérale , que ce muscle ex«rce également sur elles durant la vie , on obtient sans peine ut^ et «i^ , et par conséquent on arrive aux sons les plus graves de la voix de Thomme. C'est ce que prouve une expérience que j'ai rapportée précédemment , dans laquelle le larynx donnait , avec un poids de 3 loth tirant de haut en bas , poar tendre les cordes vocales , mi^ et avec un poids de 37 loth rê^^. La détente de l'état qui produisait wig fut opérée par un lien tendu de l'incisure du cartilage thyroïde à la panie postérieure , et passant sur une poulie. Plus on chargeait ce lien de poids , plus les sons devenaient graves.

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