COMME APPAREIL D OPTIQUE. S^S
à une moindre distance que celui des autres , se réunissent au devant de la membrane , sur laquelle ils projettent des cercles de diffusion. Un verre concave fait disparaître ce défaut , en dispersant davantage les rayons lumineux , d'où résulte qu'ils se réunissent plus lard , et par conséquent sur la rétine.
Fig. 32. La figure 22 re-
® présente les mi-
lieux' réfringens j'^'d'un œil myope.
Les rayons lumineux de l'objet rapproché a se réunissent sur la rétine a' ; ceux de l'objet éloigné h convergent au devant de cette membrane , en h'. Tin verre concave B ramène les rayons A h\ A h' dans la direction de Ao' et A o', ce qui fait que l'objet éloigné l se trouve vu distinctement en a'.
Fig. 33. Supposons
que fig. 33 A A soient les fe,,----^-=* * milieux réfringens d'un œil presbyte :
l'objet éloigné « réunira sa lumière en a', c'est-à-dire sur la rétine; mais celle de l'objet rapproché /» convergera en h', derrière cette membrane. Le verre convexe B fait converger davantage les rayons de l'objet rapproché h , de manière qu'ils se réunissent , non plus en ^, mais en a\ c'est-à-dire sur la rétine. L'optomètre, instrument fondé sur l'expérience de Scheiner, sert à déterminer la portée moyenne de la vue de l'homme. On voit, en effet, à quelle distance un petit objet peut être aperçu simple , d'un seul œil , à travers deux trous de carie dont l'éloignement est moindre que la largeur de la pupille. Ou bien on voit à quelle distance la double image d'un fil aperçu à travers les deux trous se croise ou se réunit. C'est
3^4 ^^ l'oeil,
là ce qu'on appelle la portée moyenne de la vue. En avant comme en arrière , un objet qu'on regarde à travers les deux ouvertures , paraît double , c'est-à-dire que son image tombe devant ou derrière la rétine. Cependant l'oplomètre de Young ne procure jamais qu'un résultat imparfait , parce que la diffraction que la lumière éprouve en passant sur les bords des petites ouvertures, donne lieu à des phénomènes d'inflexion.
3. Changement de la portée de la vue par les verres grossissans.
Examinons maintenant l'influence que les verres propres à grossir l'image exercent sur la portée de la vue. Les plus simples de ces instrumens sont les loupes ou microscopes. Lorsqu'on tient un petit objet très-près de Tœil , il paraît fort gros, mais tout est confus, parce que la convergence des rayons lumineux a lieu derrière la rétine. L'effet d'une lentille placée entre Tobjet et l'œil est de raccourcir la distance à laquelle ces rayons se réunissent. Si , en plaçant convenablement la lentille , on parvient à les faire converger sur la rétine , tous les détails deviennent nets , et l'objet apparaît sous le volume qu'il semblait avoir lorsqu'on le tenait , sans loupe , immédiament devant l'œil. Dans ce cas , le grossissement n'est qu'apparent; il résulte uniquement du grand voisinage de l'objet, et l'eff'et de la lentille se réduit à rendre la vue distincte malgré un rapprochement qui augmente le volume. Avec le télescope et le microscope , l'image ne tombe plus dans l'œil, mais au devant de lui -. les rayons lumineux se réunissent là pour la produire j mais comme ils n'y sont pas reçus, ils continuent leur route en divergeant , absolument comme si l'objet d'où ils sont partis en divergeant se trouvait sur ce point. C'est là-dessus que reposent et le grossissement et la netteté des images. Car l'angle optique d'une image qui flotte devant l'œil est plus grand que celui de l'objet lui-même. Si l'image flottant devant l'œil occupe la distance de la vision distincte (8 lignes), l'objet , en même temps qu'il est grossi, se dessine
COMME APPAKEII d'opTIQUE. O'jS
avec autant de netteté qu'en peuvent avoir les objets vus à la distance de la vision distincte la plus naturelle.
Les télescopes servent à grossir et faire apercevoir plus nettement les objets fort éloignés ; les microscopes remplissent le même objet à l'égard des objets rapprochés. Le nombre des verres qui entrent dans leur composition varie beaucoup. Si , derrière le premier, il s'en trouve un second , celui-ci change l'image et son lieu , ou bien , quand l'image du premier verre tombe devant le second, elle tient la place d'un objet pour le second verre. L'image du second peut également être changée par un troisième , ou lui servir d'objet. Le verre qui reçoit la luuiière de l'objet même se nomme objectif , et celui qui est tourné vers l'œil porte le nom d'oculaire. Dans le microscope, l'image physique produite par une ou plusieurs lentilles est vue à travers l'oculaire , comme un objet l'est à travers une loupe. La clarté de l'image dépend de la quantité de lumière que l'objectif reçoit de l'objet, ou, dans le microscope, de celle qui esî projetée sur l'objet par l'éclairage artificiel (1). Si cette quantité de lumière avec laquelle l'image de Tobjet apparaît dans le télescope et le microscope , est plus grande ou plus petite que celle que l'objet projette dans la pupille de l'œil sans l'instrument, la clarté de l'image est plus grande ou plus petite que quand on voit l'objet à nu. Le télescope rend 1 image plus claire que l'objet lui-même, parce que l'objectif reçoit de celui-ci, et emploie pour former l'image , plus de lumière qu'il n'en arrive à la pupille quand on regarde l'objet à la vue simple.