I. Mouvemens apparens des objets après que le corps a tourné
en rond.
Il a déjà été fait mention de ce phénomène. Sous le rapport de ses causes , que j'ai également indiquées, on doit bien le distinguer des mouvemens apparens qu'on aperçoit lorsqu'on a précédemment observé des mouvemens réels ; car ceux-ci dépendent de l'extinction successive des images consécutives. Le mouvement apparent après l'action de tourner en rond a lieu aussi dans le cas où celle-ci a été exécutée les yeux fermés.
J. absence de la faculté d'apercevoir les couleurs.
Il y a beaucoup de personnes qui, par une disposition innée de leur rétine, distinguent malles couleurs. Les nombreuses observations du jeune Seebeck sur ce phénomène ont fourni les résultais suivans. Outre les hommes qui ont de la peine à déterminer les couleurs, sans cependant regarder comme identiques celles qui diffèrent entre elles , il y en a d'autres qui confondent plus ou moins ensemble des couleurs totalement différentes. On remarque des nuances eu égard , non seulement au degré , mais encore au mode de la confusion. Sous ce dernier rapport , les sujets examinés par Seebeck formaient deux classes , en négligeant les différences peu importantes.
Chez les individus de la première classe il y avait des différences assez considérables relativement au degré où la con-
fusion était portée par eux ; mais on en remarquait peu sous le rapport du mode de celte confusion. Les couleurs qu'ils confondent facilement ensemble sont l'orangé clair et le jaune pur ; l'orangé foncé , le vert jaunâtre ou brunâtre et le brun jaune ; le vert clair pur , le gris brun et la couleur de chair ; le rose , le vert ( plus bleuâtre que jaunâtre ) et le gris ; le cramoisi , le vert foncé , et le brun châtain ; le vert bleuâtre et le violet sale ; le lilas et le gris bleu ; le bleu de ciel, le gris bleu et le hlas gris. Ces personnes sont très-peu sensibles à l'impression spécifique de toutes les couleurs en général -. ce qu'elles sentent le moins, c'est le rouge et le vert complémentaire , couleurs qu'elles distinguent peu ou point du gris ; vient ensuite le bleu , qu'elles ont assez de peine à distinguer du gris. C'est pour le jaune qu'elles ont pour la plupart le plus de sensibilité ; cependant elles le distinguent beaucoup moins du blanc que ne le fait un œil réunissant toutes les conditions normales.
Quant aux sujets de la seconde classe , c'est le jaune qu'ils discernent le mieux. Ils distinguent le rouge un peu mieux et le bleu moins bien que ceux de la précédente ; mais ils sont surtout moins aptes à établir la distinction entre le rouge et le bleu. Les couleurs qu'ils confondent ensemble sont : l'orangé clair, le jaune verdâlre, le jaune brunâtre et le jaune pur; l'orangé vif, le brun jaune et le vert herbacé; le rouge briqueté , le brun couleur de rouille et le vert olive foncé ; le rouge de cinabre et le brun foncé ; le carmin foncé et le vert bleu-noirâtre ; la couleur de chair, le brun gris et le vert bleuâtre ; le vert bleuâtre mat et le gris ( un peu brunâtre) ; le rose sale (un peu jaunâtre) et le gris pur; le rose, le hlas, le bleu de ciel et le gris (tirant un peu sur le lilas) ; lecramoisi et le violet ; le violet foncé et le bleu foncé. Ce qui les différencie des sujets de la classe précédente , c'est qu'ils n'ont qu'une faculté sensilive plus faible pour les rayons les moins réfringens.
^ » DANS LA VISION. ;in ÔJ'.' 449
11 faut exclure des phénomènes subjectifs de vision les images d'objets qui se trouvent dans l'intérieur de l'œil même , et qui projettent une ombre sur la réiine. Telles sont les fifjures Hliformes et contournées, dans lesquelles semblent être conienues des séries de globules. Ces figures sont mobiles; leurs parties ne conservent pas la même situation les unes à l'ég'ird des liuires , et elles-mêmes changent de place dans le champ visuel. A l'aide d un mouvement énergique de ^'œil, on peut les transporter un peu de côté ou vers le haut, muis elles reparaissent bientôt, et quand on les a fait monter, elles redescendent peu à peu. Chez certains individus, elles sont en grand nombre dans le champ visuel , quoiqu'on n'aperçoive bien nettement que celles qui en occupent la partie moyenne. 11 leur arrive souvent , dans les observations microscopiques , de se placer au devant de Tobjet qu'on examine, et de contrarier jusqu'à un certain point les recherches : j'ai coutume de me débarrasser d'elles en portant l'œil de côté. Beaucoup de peisonnes ne les connaissent pas, tandis qu'elles deviennent pour d'autres un véritable sujet de tourment. Quelques écrivains les désignent sous le nom impropre de mouches volantes , et les confondent à tort avec certains phénomènes subjectifs de vision qui accompagnent la formation de la cataracie; car elles sont fort innocentes, et n'inttnent en rien sur la bonté de la vue. On ignore encore si elles tiennent ou non à des particules flottantes dans l'humeur aqueuse ou dans le corps vitré.
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45o DES CONDITIONS PHYSIQUES
Section seconde.
Du sens de inouïe.