LA FIGURANTE ET LE FIGURANT
Ce n'est pas sans motif cpie, dans le titre de cet article, nous avons donné au féminin la prééminence sur le masculin. Au point de vue de l’art, il n'y a aucune analogie à établir entre le figurant et la figurante, et l’une l'emporte incontestablement sur l’autre.
Le figurant est un honnête citoyen, père de famille, cordonnier, fabricant de boutons, tail-
leur ou serpent de paroisse, qui regarde le théâtre comme un accessoire et qui l’exploite en ouvrier.
La figurante est une jeune fille passionnée et sentimentale, qui s’est jetée sur la scène pour s’y faire un avenir, et qui comprend toute la poésie de sa profession.
Aussi n’existe-t-il presque point de relation d’amitié, ou même de simple politesse, entre le figurant et la figurante. Ils se méprisent mutuellement; l’une a trop d'indépendance dans le caractère, et l’autre a trop de vertu civique pour qu’ils puissent s’estimer et se comprendre.
La figurante a toujours un nom qui finit en o, Paméla, Lélia, Paula ou Lisa. Vous la reconnaîtrez facilement au châle vert-boiteux-sale qui couvre ses épaules, à son soulier traînant, à sa robe lâchée, à sa main qui dédaigne toute espèce de gant : c’est le rapin femelle du théâtre. La négligence de sa toilette tient d’abord à la nécessité qu’elle subit de changer plusieurs fois de costume dans la même soirée : à force de quitter sa robe, elle oublie de l’attacher ; ensuite la figurante n’a pas l’esprit calculateur de telle et telle de ces dames qui jouent de petits emplois. Elle n’a pas encore trouvé
jle secret de la Lisette de Béranger : personne ne lui paye sa toilette. Elle est, nous vous l’avons dit, sentimentale et passionnée : elle jette son amour au vent ; tantôt son Werther est un acteur, tantôt un petit journaliste, tantôt un étudiant en droit, tantôt un sous-lieutenant de dragons. Et que lui faut-il pour la satisfaire, elle, la pauvre fille? Eh! mon Dieu !.. une partie au bois de Romainville, un dîner sur l'herbe, un bouquet de lilas et le retour en citadine. Elle n’en demande pas davantage... elle n'a pas eu le temps d’oublier qu’hier encore elle était grisette. Ne cherchez donc chez elle ni falbalas, ni bijoux , ni chapeau à plumes , ni rentes sur l’état. Prenez-la telle qu’elle est, la chère fille. . ! Et croyez -moi, elle vaut plus que bien d’autres qui autrefois ont valu autant quelle.
Depuis dix heures du matin jusqu’à onze heures du soir, la figurante est au théâtre : les répétitions et le spectacle ne lui laissent pas un moment de répit. Elle est de toutes les pièces; pour elle pas d’indisposition, pas de relâche. Quel temps trouve- 1- elle donc pour faire ses parties de Montmorency et aller cueillir des bouquets de lilas ? Eh bien ! les jours de parties, elle manque à son devoir, suivant l’expression du régisseur, et elle se laisse mettre à l’amende.
Comme les amendes sont de deux francs et qu'elle- lie gagne que quinze sous par jour, il arrive souvent qu'à la fin du mois elle n’a rien à toucher à la caisse , et qu’elle lui doit même quelque chose. N’iiuporte... elle ne renonce point pour cela à ses excursions champêtres avec son amant du jour. — Dites... n’est-ce point là du véritable désintéressement?
La figurante donne aussi des rendez-vous pendant le temps qui sépare les répétitions du spectacle. Comme M. Léon ne sort de son bureau, ou de son magasin, qu’à quatre heures, la figurante, ne sachant comment l’avertir, écrit sur la porte de sa mansarde avec de la craie l’indication de l’heure et du lieu. Exemple :
« Ge ceré à eallre eur ai dmi ô pacaje de VAuppaira. Ni menke pa. »
Ou bien :
« Léon me trouvaira dever le schato do oprai la raipaithisioa. »
Et le lendemain ces mots disparaissent pour faire place à la suite de la correspondance.
La porte de la figurante fait absolument l’office du tableau noir d'une classe de mathématiques.
La figurante est bien jeune encore ; mais ses
traits sont déjà fatigués, son teint est pale et morbide. La fraîcheur passe vite sous le fard , au milieu de cette atmosphère chaude du théâtre, à la fumée de la rampe et du lustre.
La figurante est coquette; elle sait tirer excellent parti des costumes de pacotille que lui
jt fournit tous les soirs l'administration. Lorsque,
après avoir jeté un coup d’œil dans la glace du foyer, elle est contente de sa tenue, elle cherche devant le public à se séparer de la troupe de ses compagnes, et s’avance autant qu elle peut sur le bord de la scène . Elle espère que sa bonne tournure sera remarquée du directeur et des auteurs, et que l'on songera enfin à lui confier un petit rôle dans l’un des ouvrages en répétition. Un rôle, tel est l’objet de tous ses vœux ! Quand on a joué un rôle, on ne fait plus partie de la grosse cavalerie , et l’on a ses entrées dans le foyer des acteurs.
Nous venons d’esquisser le type de la figurante en général. A l’Opéra, il se subdivise en plusieurs catégories : la choriste, la danseuse, le rat ( élève-danseuse ), la figurante simple ou marcheuse. Il n’y a là que des nuances de la même couleur. — Passons.
Nez rouge, mains idem, chemise problématique, bottes grimacières, redingote ex-noire, pantalon à pièces de rapport et à dentelures par le bas : tel est le figurant à la ville, et trop souvent , hélas ! au théâtre.
Le figurant n’est beau sur la scène que lorsqu’il représente un personnage pour lequel l’administration l’a babillé de pied en cap , y
compris la chaussure ; car la chaussure est la partie vulnérable, ou plutôt vulnérée de la toilelte du figurant. Rien n’est si triste que de le voir, dans certaines pièces, avec une magnifique tunique de drap écarlate, parsemée de morceaux de papier doré , et avec des souliers malades et crottés : cela forme un coup d’œil des plus désagréables.
Dans ces circonstances- là , le pauvre figurant est honteux de ses pieds, comme le paon des siens lorsqu'il sort d’un ruisseau bourbeux. Il cherche à les dissimuler, il les cache l’un derrière l’autre, il voudrait les faire rentrer sous lui.
Mais aussi qu'il est heureux lorsque la direction lui fournit des souliers à la poulaine, ou des bottes à l’écuyère ! Comme alors il risque des pas larges ! comme il se pavane orgueilleusement ! comme il fait honneur à la chaussure administrative! On a vn même des figurants pousser alors la joie si loin, que le soir après le
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spectacle, ils oubliaient d’ôler les souliers à la poulaine et les bottes à l’écuyère, et qu’ils s’en servaient le lendemain pour marcher sur le vil pavé de la ville. O fanatisme de l’art !
Le figurant aime assez la liqueur de Bacchus (style antique). Pendant les entractes, il va boire un canon chez le marchand de vin du coin, tantôt avec l'un des pompiers de service, tantôt avec la grosse caisse de l’orchestre, tantôt enfin avec le brigadier des machinistes qui est toujours altéré. Et dans ces moments-là, il ne prend jamais la peine de se dépouiller de son costume. Si, entre huit ou dix heures du soir, vous avez quelquefois traverséla rue Bassedu-Temple, vous avez pu remarquer devant un comptoir chargé de brocs luisants, un chevalier trinquant avec un Turc, et un diable à cornes rouges payant la goutte à un vénérable capucin. — Ces petites réjouissances se renouvellent-elles trop souvent pendant le spectacle, le figurant sent ses jambes chanceler et sa raison danser la gavotte. Alors il oublie les ordres du metteur en scène, et commet les erreurs les plus grossières ; alors, officier français, il se mêle aux religieux défenseurs de Saragosse , et donne de grands coups de plat
de sabre à ses camarades de l'armée impériale; alors, musulman infidèle à Mahomet, il va por- : 1er son étendard à trois queues au milieu des rangs des chrétiens, et marche, turban en tête et yatagan à la main, à la conquête du tombeau du Christ, avec autant d’ardeur que le plus dévot des croisés.
Lorsqu’au Vaudeville ou au Gymnase, je vois, au milieu d’une fêle brillante, arriver les | conviés qui chantent :
Quel jour heureux !
Quel heureux jour !
Quel jour heureux !
Quel heureux jour !
el (pie, parmi ces conviés, j’aperçois le figurant
avec son habit écourté, sa cravate d’un blanc sale et ses gants vert-pomme, je me sens saisi d'une tristesse indicible. L’infortuné ! comme il doit souffrir, sachant que son accoutrement jure d’une manière si horrible avec ces salons dorés au milieu desquels il se trouve ! comme il doit souffrir, obligé qu’il est de feindre la joie et l’épanouissement du luxe, tandis qu’il est en proie à toutes les réalités de la misère ! Connaissez -vous un plus grand supplice que celui-là?
O figurant! c’est en vain que tu as fait des efforts inimaginables pour dissimuler ton malheur et pour pouvoir marcher de pair sur ce tapis à rosaces avec un Lafond, un Taigny, un Fradelle, à la toilette si élégante ; c’est en vain (pie ta main ingénieuse a pratiqué de savantes reprises sur tes bas de soie qui datent de dix ans, et frotté d’une épaisse couche de blanc d’Espagne cette partie de ta chemise qui doit s'étendre à découvert sur ta maigre poitrine ; c'est en vain que, pour donner à ton pantalon un air plus gaillard, tu l’as forcé à se soumettre à la tyrannie d’un sous-pied étroit qui le tiraille et le tourmente; c’est en vain que tes boutons ont reçu une couche épaisse d’encre,
et que ton chapeau a subi une légère couche d’eau fraîche... hélas! mon pauvre ami, tes quinze sous par jour éclatent par tous les pores de ta défroque théâtrale ; ils crient ta débine, ils demandent grâce pour toi. On te fait grâce, pauvre ami ! on compatit même à tes maux ! tu n’as donc pas besoin de secouer ainsi la tête comme un cheval fraîchement harnaché ! tu n’as pas besoin de faire le beau, et de te donner tant de peine pour paraître ce que tu n’es pas : tu ne saurais faire illusion. Reprends donc ton allure modeste et humble, l’allure d’un chétif laquais de Melpomène. Le public, en te voyant, ne te prendra jamais pour un dandy !
Et maintenant, ô figurant, adieu ! Je souhaite que tu aies assez de courage pour supporter jusqu’à la fin les rebuffades des premiers sujets, les brutalités du régisseur, les dédains de les compagnes, les figurantes, — et je forme des vœux bien sincères pour qu’au bout de ta carrière dramatique , tu parviennes à mettre quelques billets de mille francs de côté, grâce à ton état de cordonnier en vieux ou de débitant d’allumettes chimiques allemandes.
De quelques JHgures î»u second plan.
Cet homme.
jeune
^•encore, à la tournure élégante, aux cheveux bouclés , qui court çà et là , faisant des compliments aux dames et balançant la tête, comme s’il battait la mesure, c’est le chef d’orchestre. Il jouit d’une assez grande considé-
ration. Comme il est un peu compositeur et qu'il donne de la musique pour les pièces nouvelles, on lui fait la cour afin d'obtenir un joli air dans son rôle. C’est lui qui tient le sceptre de l’orchestre , et qui est chargé d^y faire régner la discipline la plus exacte : la corvée est difficile. Les musiciens forment une nation rude à conduire, et parmi eux, comme dans les harangues de MM. les maires et de MM. les sous- préfets, l’anarchie relève souvent sa tête hideuse. Le chef d’orchestre dit qu’il est plus aisé de faire régner l’harmonie dans une partition que dans un orchestre. — Le chef d’orchestre a un second, pauvre martyr, qu’il installe à sa place toutes les fois qu’il y a peu de monde dans la salle, ou qu’un ouvrage a atteint sa trentième représentation ; mais, lorsqu'il y a foule, lorsque surtout les loges sont garnies de jeunes et jolies femmes, notre Amphion est là ; il étale toutes ses grâces devant son pupitre, et fait belle main avec son archet.
Vous allez me demander peut-être ce que sont ces deux individus qui viennent d’entrer, bras dessus, bras dessous, au foyer, et dont l’un se frotte les mains, tandis que l’autre se
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frotte l'oreille. On s’est emparé deux, on leur
parle dans tous les coins. Vous entendez se croiser ces mots :
« Mon cher, ne m’abandon ne pas dans ce passage; j’y aurai ibesoin de la perfche. Mon cher, chauffe-moi bien k.*- ■*. ' à ma grande sortie. Voilà quatre places pour demain; je viens de les demander à ton intention. »
Ces individus sont le chef de claque et le souffleur : deux grandes puissances, je vous jure.
Gare ! gare î voilà le garçon d’accessoires qui passe... et il est toujours pressé, lui.
Le garçon d’acces- ^ soires est chargé de tous les menus détails de la boutique ^dramatique. Les ae-
cessoires : c'est la lettre, c'est le louis d’or en cuivre , c’est la bourse , c’est le bouquet , qui doivent figurer dans la pièce. Au moment où l’acteur va entrer en scène, il faut que le garçon d’accessoires lui remette l’objet dont il a besoin. 1 1 sait par cœur la bimbeloterie de tous les ouvrages du répertoire.
Si vous voulez avoir des détails curieux sur la toilette de ces dames, adressez-vous à cette femme entre deux âges, qui passe discrètement
à côté de vous, et qui ient à la fois , pour la tournure , de la femme de chambre et de l’ouvreuse de loges : c’est une habilleuse. Elle vous dira comment mademoiselle Julia est faite, si madame Pau¬
lette porte un tricot, et si les appas de mademoiselle Zéphyrine appartiennent à elle ou à son corset. Au besoin même, elle se chargera d’un billet doux pour la sylphide à laquelle vos soupirs s'adressent. Vous voyez bien qu il est bon de faire sa connaissance.
Enfin n’oublions pas ce soldat galant, leste et bien tourné, qui est placé en faction derrière le manteau d’arlequin. Vous avez reconnu le pompier. Dans les coulisses d’un théâtre, le pompier affecte un air grave. O11 dirait qu’il sent qu’un intérêt considérable est confié à sa vigilance : — le salut de toute cette vaste machine dramatique. Cependant de temps à autre le dieu redevient homme. Saint Antoine a bien été sur le point de faillir ! Lorsque quelque figurante au gentil corsage et au minois piquant passe devant lui en le serrant de près au mur, le pompier, malgré toute sa sagesse, ne peut s’empêcher de lui adresser un mot flatteur, et souvent même de lui prendre la taille. Il se lie tant qu’il peut avec le personnel des petits théâtres du boulevard. Il dit : « Mon ami Debureau ; » et, « ce bon garçon d’Auriol. »> Il est particulièrement bien avec la mère d’actrice, qui vient souvent s’asseoir à côté de lui pour tailler de longues bavettes. Les théâtres que le pompier affectionne le plus, sont : l’Ambigu, la Gaieté, le Palais-Royal et les Funambules. Il déteste le Gymnase, où, selon lui, on chuchote deux heures pour ne rien dire ; il a en horreur l’Opéra- Comique , qui n’est
| qu'un orgue de Barbarie monté sur un trèsgrand pied ; il appelle le Panthéon sa salle de police.
Puisque nous en sommes aux figures de second plan, nous allons emprunter la clef du ré- ] gisseur, ouvrir la porte de communication qui I conduit des coulisses à la salle, et passer dans la partie du théâtre réservée au public ; là nous j trouverons encore deux ou trois types bons à connaître.
L’ouvreuse de loges a été figurante ; elle a eu I ses beaux jours. Aujourd'hui elle est vieille et ridée. Lorsque le temps, d’une main cruelle, lui imprima deux pattes d’oie sur la physionomie, il fallut qu’elle cherchât à s'occuper pour vivre ; car elle n'avait pas mis à la ^aisse d’épargnes, la pauvre chère femme ! Que pouvaitelle faire ? Devenir bonne d’enfants ou gouvernante d'un homme seul ! Mais à cette idée ses cheveux se dressaient sur sa tête. Elle quitter le théâtre ! le théâtre qui l avait elevée, nourrie ! le théâtre qui avait vu le luxe et le brio de ses plus chères années ! Non ! non ! le théâtre avait été son berceau, il fallait qu’il fût sa tombe ! Elle s’arrangea pour ne pas sortir de sa patrie.. . seulement elle changea de place... Elle abandonne
les planches de la scène pour se transporter dans les corridors de la salle ! Au lieu de chanter en chœur:
Célébrons cethyménée,
Célébrons cet hyménée !
elle offrit, d’une voix chevrotante, le petit banc et le programme aux belles jeunes fdles de l’avant-scène. Enfin elle devint ouvreuse de loges !
Les appointements de l’ouvreuse ne sont pas bien gros, car ils se réduisent, je crois, à zéro ; mais elle tire quelque bénéfice de la location des petits bancs et de la vente de l 'Entracte. Un petit banc, quatre sous ; sur chaque journal, un sou : avec cela on n’amasse pas des rentes, mais on vivotte — Comme il y a des positions d'ouvreuses qui sont plus productives les unes que les autres ; comme le poste des premières rapporte plus par exemple, et cela se conçoit facilement, que celui du paradis , on a, dans un esprit de justice et d’équité, soumis les ouvreuses à un roulement mensuel qui les fait participer toutes d’une manière égale aux produits généraux de la contribution indirecte du petit banc et du programme. Ainsi l’ouvreuse qui, du 1C1 au 30 avril, est à la porte des loges des secondes, du 1er au 31 mai monte
aux quatrièmes et subit ainsi une sorte d’exil.
L’ouvreuse ressemble à plus d'up député et à plus d’un pair de France : elle cumule. Le matin elle fait des ménages ou ravaude des !bas, le soir elle est tout au théâtre. Je connais même des ouvreuses qui sont, pendant la journée, loueuses de chaises dans certaines églises, et ce ne sont pas celles des habituées du lieu qui vivent en moins bonne intelligence avec les hc mines de la sacristie, et dont la tenue est la | moins exemplaire.
L’ouvreuse entretient des relations fort sui- ! vies avec la portière des coulisses et les 'habil¬
leuses, et c’est par elle que les Lovelacesde l'or-
chestre font souvent parvenir des bouquets et des invitations à souper aux Clarisse Harlowe de la coulisse. ..
L’empire que le régisseur exerce dans l’intérieur du théâtre, le contrôleur en chef l’exerce dans la salle. C’est le roi de ce pays dont la population est si mobile, et il a pour aides de camp les inspecteurs delà salle et les placeurs. Son froncement de sourcil fait trembler les ouvreuses et les donneurs de contremarques. Mais il est particulièrement redouté par les pseudojournalistes et les pseudo-auteurs, qui jouissent de leurs entrées d’une façon équivoque. C’est lui qui les arrête au passage, qui leur fait décliner leurs titres, et qui, bien souvent, les chasse du temple comme des parias. Cependant sa perspicacité est quelquefois mise en défaut. Ainsi un farceur entra longtemps au Vaudeville sous le nom de feu Waflard, et un autre à l’Ambigu sous celui de Tivoli fils. Mais ce ne sont là que des exceptions, et le contrôleur en chef est un homme emunctæ uaris.
Retournons au théâtre , le directeur nous attend; mais nous ne renonçons pas à revenir ici croquer quelques caricatures.