‹ Physiologie Du Theatre, Par Hippolyte AugerChapitre 12 sur 29 · CIRQUE-OLYMPIQUE · texte numérisé non relu

CIRQUE-OLYMPIQUE

Depuis que Tadniinistratiou du Cirque-Olympique a le privilège de ses exercices équestres aux Champs Élysées, pendant Tété, le Cirque n'est plus qu'un théâtre ordinaire pendant la saison la plus profitable aux entreprises théâtrales : il faut regretter que le pouvoir ne contraigne pas les entrepreneurs à se renfermer dans les conditions spéciales de leur privilège , et nous nous étonnons que les administrateurs des théâtres de la Porte Saint-Martin , de l'Ambigu-Comique et de la Gaieté, n'aient pas réclamé à ce sujet.

]^e Grque-Olympique devrait nous rappeler les jeux de l'antiquité : c'est là que les bétes féroces pourraient être offertes aux spectateurs, dans des drames où leur présence serait motivée. AvecTarène et MM. Van Amburg et Carter, comment n'a-t-on point dramatisé le poème des martyrs de M. de Chateaubriand ? Comment n'at-on pas songé à nous donner le spectacle terrible

et touchant de la fermeté des confesseurs ? il y aurait iàuneforce d'impression plus en rapport avec nous que celle qui s'exerce par tous les sujets bibliques mis à la scène ; ce ne serait plus là seulement une page historique pleine d'intérêt sans doute pour les juifs du quartier, mais un haut enseignement pour les chrétiens sceptiques de notre époque, mais un spectacle où les pères de famille cou* duiraient volontiers leurs enfants. Cependant , nous devons à la vérité de le dire, les pièces à grand spectacle et à transformation qu'on repré* sente sur cette scène, parlent plus aux yeux qu'à l'esprit, et c'est là leur mérite.

Le théâtre , grand et commode , se prête à l'introduction des animaux. Dans le drame, les chevaux y figurent d'ordinaire ; nous y avons vu des éléphants; c'est une ménagerie continuelle. La salle convient par sa forme aux exercices d'équitation pour lesquels elle fut construite; au-dessus de l'amphithéâtre du rez-de-chaussée s'élèvent ensuite des loges à hauteur d'appui, une galerie et deux autres amphithéâtres. C'est une soi^te de mélange assez bien entendu du systèmede l'antiquitéet du système moderne. La décoration actuelle a quelque chose de maiu*esque qui s'allie assez bien avec le style de Tédifice. L'arène se transforme en parterre ;

on y voit bien de partout, mais la voix de Tacteuf se perd dans les cavités des amphithéâtres et des loges j sans être réfléchie ; aussi y produit-elle peu d'efFet. Cependant, en somme, les spectacles du Cirque-Olympique méritent d'être bien accueillis du public.

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