ACADÉMIE ROYALE DE MDSIQUE
Si M. Debret, architecte de la salle de la rue Lepelletier , n'a pas réussi à reproduire un des beaux morceaux d'architecture qui fait le plus d'honneur à l'Italie, par la façade de l'Opéra, il a été plus heureux dans la construction intérieure de ce monument, quoiqu'il ait été obligé de faire servir les matériaux de la salle de la rue de Ri* chelieu, et particulièrement les colonnes et la coupole. L'architecte s'est habilement tiré de ces entraves , d'ailleurs fort honorables pour lui, puisque cette belle décoration était son ouvrage. En
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replaçant les huit colonnes aux mêmes distance^) que dans ^ancien théâtre, il a rendu les côtés entièrement circulaires ^ de manière quUl a considérablement agrandi la salle. Elle a soixante-dix pieds de diamètre , mesurée à nu des premiè-* res. Pour donner plus de splendeur à la'décoration y M. Debret a fait de ses colonnes ioniques un ordre corinthien , en y ajoutant à la naissance du fût des feuilles d acanthe. L'ordonnance a vingt-six pieds de hauteur, y compris l'entablement. La hauteui* totale de la salle est de soixante^ trois pieds.
Une partie retranchée du parterre , un peu plus élevée, forme au fond de la. salle un amphithéâtre. Des loges de rez-de-chaussée occupent les deux côtés du parterre. Elles sont seulement séparées à hauteur d'appui. Les premières loges forment le stylobate de l'ordonnance ; deux rangs sont compris dans la hauteur de l'ordre. Les quatrièmes sont au-dessus de l'entablement , et forment, dans la partie du fond^ un vaste amphithéâtre , capable de contenir deux cents spectateurs.
Les banquettes du parterre sont convenahlemetit espacées , et le public y est fort à son aise. L'orchestre est partagé en stalles. Les premières
loges sont décorées de bas-reliefs en pâte dorée sur un fond blanc ; les trois rangs supérieurs sont également fort riches. Toutes ces loges sont séparées à hauteur d'appui ; elles sont spacieuses , on y est assis commodément. Quarante et une loges forment le pourtour de chaque rang , non compris l'avant- scène.
Des arcs surbaissés portent la coupole, habilement peinte par M. Ciceri.
Le plan tout à fait circulaire de cette salle la rend d'un coup d'œil fort agréable. Si l'on n'y voit pas également bien de toutes les parties de la salle, les lois de l'acoustique ont été si habilement étudiées qu'on y entend de partout : c'est une des salles les plus sonores et les plus favorables à l'exprès* sion musicale qui aient été construites ; et quels c[ue soient les reproches qu'on puisse faire à ce raonument, dans son intérieur, c'est le plus éléganty le plus majestueux de tous ceux qui ont été construits en France. Quelques salles d'Italie sont plus vastes , aucune n'est plus propre à la représentation d'un opéra.
Depuis quelques années la mode s'est introduite d'orner les loges louées à l'année par quelques riches particuliers : du moment que ce lux« ne nuit pas à l'ensemble de l'aspect et à l'ordon-
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nance générale , c'est un ridicule sans conséquence. Il faut bien laisser aux gens heureux la liberté que nous réclaraoïis pour ceux qui souffrent.