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TH AL AS SINE

se débarrasse par un courant de GO2. (L'analyse de ce liquide a donné 0,38 p. 100 de matière organique.)

Ce liquide est injecté à Matalobos, qui reçoit 65 ce. Après injection de 25 ce, démangeaisons, éternûments violents, diarrhée. On injecte encore 40 ce; l'animal meurt par arrêt du cœur.

Cinq autres chiens sont tués par injection de ce même liquide, et toujours avec les mêmes symptômes : au début diarrhée, éternûments répétés, prurit intense; plus tard, à doses plus fortes, état misérable, immobilité, respiration laborieuse, et subitement mort par arrêt immédiat du cœur.

Voici d'ailleurs, évaluées en azote, les quantités de thalassine (impure) injectées à divers chiens :

Dose mortelle en poids d'azote (par kil. d'animal), gr.

Zacharie 0,009 Mort.

Boulatruelle 0,0063

Batambois 0,00358

Jaunet 0,0038

Bajazet 0,00256

Myriei 0,0027 —

Éponine 0,00225

Ont survécu :

Grantaire 0,0018

Gennaro 0,0018

Roxanio 0,00128

Montparnasse 0,00128

Glytemnestre 0,0009

J'ai cherché à voir ce que devenait la pression artérielle, et j'ai pu constater que, dès le début, avec des doses même très faibles, elle s'abaisse énormément. Dans un cas, avec 2 ce. seulement de la solution normale, elle tombe à 5 centimètres de Hg, L'injection préalable d'atropine ne modifie pas cet effet ; ce n'est donc pas par une action sur le cœur que la pression s'abaisse.

Toutes ces expériences peuvent être faites sur le lapin

CHARLES UIGHET

par injection veineuse. Mais les effets de prurit sont à peine sensibles. Le lapin qui a reçu une injection de thalassine secoue ses oreilles et se gratte le museau et la tête avec les pattes, comme s'il avait un corps étranger clans les fosses nasales. Toutefois l'expérience est loin d'être aussi saisissante que sur le chien.

Pour ce qui est de l'arrêt du cœur, comme il fallait s'y attendre par suite de la moindre résistance du cœur du chien, il faut des doses cinq fois plus fortes (par kilogramme) pour arrêter le cœur du lapin que pour arrêter le cœur du chien.

En définitive, toutes ces expériences sont concordantes pour établir que la thalassine est une substance bien définie par ses propriétés physiologiques ; encore que ses fonctions chimiques soient assez incertaines. Retenons seulement ceci c'est qu'elle agit à dose faible (0.0001 par kilogramme) pour provoquer du prurit, de l'éternûment et de l'érythème et qu'à dose forte (environ 0°' ,02 par kilogramme) elle amène la mort par arrêt du cœur.

Nous allons rapidement décrire quelques effets analogues obtenus avec d'autres organismes que l'actinie ordinaire (Anémone sulcatd).

Avec YAnthea Cer eus, autre actinie, assez commune, les effets sont identiques. Charon (de 18 kilogrammes) reçoit du liquide de l'extrait alcoolique de YAnthea Cereus. L'alcool est évaporé. Le produit, redissous dans l'eau, est filtré sur papier : on prend le magma qui est sur le filtre, et on le redissout dans de l'eau légèrement acidifiée. On filtre, et on précipite par un peu de carbonate de soude. Le précipité, très riche en matières minérales (sels de chaux), qui entraînent la thalassine, est redissous dans de l'eau chargée d'acide acétique, puis filtré. L'effet de prurit est éclatant, et certainement un des plus nets qui aient été obtenus.

Avec le liquide des kystes hydatiques les résultats sont très probants aussi.

THALASSJNE.

A) On extrait environ 2 500 grammes de liquide du kyste hydatique d'un bœuf (poumon). Ce liquide est évaporé au bain-marie jusqu'à être ramené à environ 250 ce. Alors on le précipite par son demi volume d'alcool, et on filtre. Le liquide filtré est évaporé, puis repris par l'eau, à volume égal. On injecte 5 centimètres de ce liquide à une chienne de 9 kilogrammes. Les phénomènes sont très marqués. Il y a des grattements, des démangeaisons, de l'éternuement. Mais l'injection d'une dose double n'en augmente pas l'effet.

B) Le liquide des kystes hydatiques d'un mouton est traité de la même manière. Evaporation, reprise par l'alcool dilué, etc. Après injection de 60 ce. à un chien de 19 kilogrammes, il y a des phénomènes tout à fait nets; l'animal s'ébroue, se gratte, se secoue avec force, éternue. Mais les symptômes sont fugaces.

G) Le liquide d'un kyste hydatique d'homme (foie) est mélangé à de l'alcool (son volume), puis porté à l'ébullition, filtré, puis évaporé, et finalement repris par l'eau. 11 en est injecté 5 ce. à Kysta (chienne de 6ksr,500). Aussitôt phénomènes d'excitation intense. Elle court le nez par terre; démangeaisons vives partout, surtout au museau, éternue, se fait gratter par les personnes présentes. (Il est à noter qu'elle meurt quelques jours après, encore que les symptômes, tout de suite après l'injection, n'aient pas semblé être bien graves.)

Ni les vélelles, ni les méduses ne nous ont donné des résultats nets; et cela ne laisse pas que d'être assez surprenant : car les vélelles sont, au point de vue zoologique, assez voisines des actinies; et d'autre part les méduses, (au moins certaines méduses) ont des propriétés urticantes évidentes. Mais l'occasion m'a manqué jusqu'ici d'expérimenter avec des méduses franchement urticantes.

Des algues traitées de la même manière (par l'alcool dilué) n'ont donné aucun résultat.

400 CHARLES RICHE T

En revanche, avec les crevettes, les moules, les écrevisses, les homards, j'ai observé des actions pruritantes énergiques.

Je vais rapidement énumérer quelques faits à cet égard.

A) Moules (Mytilus edulis). — Les moules détachées de leur coquille sont broyées avec de l'eau et du sable. On mélange le magma avec un volume égal d'alcool à 95°. On porte à l'ébullition et on filtre. Le liquide filtré est évaporé, et le résidu, bien moins abondant que lorsque le même traitement est appliqué aux actinies, est redissous dans de l'eau additionnée de carbonate de soude. Il reste une partie insoluble dans le carbonate de soude, qui est traitée par l'acide acétique dilué, et injectée à un chien (de 16 kil). Eternûments, démangeaisons très marquées.

A un autre chien plus petit, l'injection produit des démangeaisons frénétiques.

Sur d'autres chiens l'expérience a prouvé que la dose prnritante de moules répondait à environ 0^.25 de moules par kil. de chien.

La précipitation par l'alcool du liquide mytilique obtenu par broiement des moules avec l'eau, donne un précipité qui entraine de la thalassine.

On injecte à Lupa, chienne de 9 k.8 ; un centimètre cube d'une solution répondant à 10 gr. de moules. La dose de matière organique est minuscule; car ce produit est constitué presque uniquement par du carbonate de chaux, par suite du traitement successif par la chaux et le carbonate de soude. Avec cette dose minuscule, les démangeaisons sont éclatantes. La quantité de matière organique est certainement inférieure à 0*r. 00005.

B) Huîtres (Ostrea edulis). — Le liquide obtenu parle broyage des huîtres avec l'eau et l'alcool à l'ébullition est traité par de la baryte. Le liquide filtre assez limpide. On se débarrasse de l'excès de baryte par du sulfate de soude, et on injecte le liquide filtré, à la dose de lec (par kil.) re-

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