DE L'AN APHYLAXIE PAR LA DOSE ÉMÉTI S ANTE
Si l'on injecte de la mytilo-congestine en solution très diluée (3 gr. 3. par litre) dans la veine saphène d'un chien, on voit souvent le vomissement apparaître ; et, pour peu que l'injection soit faite avec lenteur, on peut connaître avec assez d'exactitude quelle est la dose émétisante.
Le plus souvent le vomissement est précédé d'une période de nausée. L'animal fait des mouvements de déglutition, se lèche, paraît préoccupé, absolument comme les individus qui souffrent du mal de mer. Mais je ne prends pas ces indices précurseurs, quelque nets qu'ils soient, comme indices du vomissement : je ne prends que le vomissement lui-même, qui est en général violent, répété, douloureux et intense. Gomme je n'expérimente que sur les animaux à jeun, il ne peut être question d'un vomissement alimentaire : ce sont des vomissements de mucosités gastriques et de bile.
Avec l'augmentation de la dose injectée, les vomissements n'augmentent pas. Au contraire, il semble qu'une période de calme succède à la période d'agitation : on peut même dire que le vomissement clôt la période d'agitation. Si la dose est plus forte encore, la période de calme devient une période de prostration, une sommolence demi-comateuse, dont l'animal ne se réveille que lorsqu'on l'excite.
Sur les chiens normaux, n'ayant jamais reçu d'injection intra-veineuse d'aucune sorte, la dose de mytilocongestine provoquant le vomissement est extrêmement variable.
Voici un tableau qui résume mes expériences à ce sujet. La dose est exprimée en centigrammes par kilogramme d'animal.
CHARLES RI C H ET
Chiens n'ayant pas vomi :
A la dose de
Plutarque. .
Aristippe. .
Laerte . . .
Cri ton . . .
Lysimaque .
Hésiode. . .
Eurylas. . .
11 ipp arque. .
Pausanias. .
Chiens ayant vomi :
A la dose de
Aristide.. .
Hécate . . .
Hermès. . .
Zenon . . .
Aristophane.
Pénélope. .
Télamon . .
Tiré si a?. . .
Timon . . .
Il ne faut pas être surpris de ces différences. Même avec d'autres poisons, avec un alcaloïde cristallisable et défini comme l'apomorphine, la dose émétisante est variable chez les divers chiens. J'ai montré en effet que certains chiens vomissent à la dose de 0,00018, tandis que d'autres ne vomissent pas à la dose de 0,0005 V.
Aussi la comparaison ne peut-elle être faite avec profit que sur les mêmes chiens.
1. Anaphylaxie par injections d'apomorphine, Bull, de la Soc. de Biol., 10 juin 1905, 9.j;i-957.
ANAPHYLAXIE.
J'ai donc dû établir quelle a été, pour les différents chiens expérimentés, la dose émétisante, dans la période d'anaphylaxie, en la comparant avec la dose émétisante de la première injection.
Pénélope. .
Calchas. . .
Hermès. . .
Aristophane.
Hercule. . .
Jours d'intervalle.
Dose émétisante absolue de la seconde injection.
Si 10O a été la dose émétisante
primitive, quelle fut la dose
émétisante après anaphylaxie?
Moy. = 25
Ces cinq expériences, très simples, sont suffisantes pour établir que la dose émétisante après anaphylaxie du 14e au 32e jour nest que le quart de la dose émétisante primitive.
Mais nous avons expérimenté sur d'autres chiens encore, dans des conditions assez diverses : 1° en mélangeant la mytilo-congestine à du sérum, lors de la première injection.
Chiens n'ayant pas vomi :
A la dose de :
Antisthène 6,5
Harmodius 6,9
Dioméda 7,0
Ulysse 7,0
Chiens ayant vomi :
A la dose de :
Chrysippe 0,6
Apelle 0,6
Nicias 0,7
Philippe 2,2
2° Chiens ayant reçu antérieurement d'autres injections (sérum, eau distillée, ou autres substances).