‹ Physiologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 171 sur 204 · I. PRÉPARATION DE L ' A C T I N O - C 0 N G E S T 1 N E · texte numérisé non relu

I. PRÉPARATION DE L ' A C T I N O - C 0 N G E S T 1 N E

Les actinies, ou orties de mer, ou anémones, sont des Cœlentérés marins qui vivent fixés sur les rochers de faible profondeur. Ces animaux sont constitués par un corps, fixé au rocher, et une cavité gastro-intestinale n'ayant qu'un orifice bucco-anal. La paroi cavitaire est pourvue de glandes digestives, et l'orifice est muni de tentacules.

1. Je ne puis mentionner les divers travaux qui viennent de paraître. Ils portent en général sur les conséquences pratiques de l'anaphylaxie pour la préparation du sérum antitoxique. Notamment les physiologistes américains ont fait l'étude détaillée de ces conditions, non sans prétendre, un peu naïvement, avoir découvert le principe de l'anaphylaxie, comme par exemple P. -A. Lewis en 1903 (?), encore que sa première publication ne date que de 1908. (The induced susceptibility of the Guineapig to the toxic action of the hlood sérum of the horse, Journal of exp. Medicine, 1908, X, 1-29.) De même aussi Rosenai et Andersox (passim). Voir aussi Gay et Southard, Journ. of med. Researclt, 1907, XI, 143. Vaughan et Wheeler, Journ. of infections diseuses, 1907, IV, 476). 11 est évident qu'en 1907 l'anaphylaxie n'avait pas besoin d'être découverte. Au point de vue médical il faut citer les intéressants travaux de Marfan et de ses élèves. (II. Lemaire, Rech. clin, et expér. sur les accidents sérotoxiques. Th. de Paris, 1906, et Revue prat. des mal. de l'enfance, oct.nov. 1907.) Mais, je ne puis donner ici toute la bibliographie de l'anaphylaxie, car, depuis mes recherches de 1902, qui ont ouvert la voie à Arthus, ainsi qu'à Pirquet et Schick et à Th. Smith, le problème de l'anaphylaxie est devenu très complexe, revêtant les formes les plus diverses, s'étendant à des questions multiples, aussi importantes en pathologie qu'en physiologie.

Mes recherches ont été, faites au laboratoire expérimental de la Faculté de médecine de Paris (boulevard Brune).

CHARLES RICHET

Ces tentacules sont toujours rétractiles, ou plutôt contractiles, mais ils ne le sont pas au même degré. Les actinies qui ont servi à mes expériences étaient presque toujours Y Ac tinta equina et YAnemonia (Anthea) cereus, à pédoncules peu rétractiles. Elles provenaient tantôt de la Méditerranée (Carqueiranne), tantôt de la Manche (Roscoff). D'ailleurs, quoique je n'aie pas expérimenté avec d'autres actinies, il est probable que les diverses espèces, qui sont très voisines, ont les mêmes propriétés toxiques.

Il ne m'a pas paru qu'il y ait des différences, suivant les saisons, dans la toxicité des actinies.

Les parties contenant les éléments toxiques sont les tentacules. Ces tentacules sont pourvus de cellules urticantes, ou nématoblastes, que je n'ai pas à décrire ici. (Y. Delage. Traité de zoologie concrète, II, (2), 6-14.) Essentiellement, le nématoblaste est formé d'un pédoncule portant un nématocyste, ou vésicule urticante, composé lui-même de deux parties : la capsule et le filament urticant enroulé dans la capsule ; il y a encore extérieurement un cil, annexé à la capsule (enidoeil), qui transmet l'excitation périphérique et provoque l'explosion de l'appareil urticant, sans doute muni de liquide.

Aussi, selon toute vraisemblance, les substances toxiques que j'ai extraites du corps des actinies sont-elles le contenu de ces nématoblastes.

Pour préparer Factino-congestine, voici comment il a été procédé. Les tentacules des actinies, coupés au ras avec des ciseaux, étaient aussitôt plongés dans une solution de fluorure de sodium à 3 0/0, additionnée d'un excès de fluorure de sodium. Dans des flacons de deux litres on mettait 1 000 grammes de la solution de fluorure de sodium et 1 000 grammes de tentacules d'actinies. Puis les flacons, bouchés à l'émeri, et additionnés d'un peu de chloroforme et de benzine, étaient envoyés à mon laboratoire. Le liquide était filtré, et le résidu, agité et broyé avec du sable et de

Page 1