‹ Physiologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 74 sur 204 · Dumont · texte numérisé non relu

Dumont

La moyenne des calories consommées a été dans ces cas

complexes, y compris les neuf chiens précédents, de 17 calories par décimètre carré. On doit rapprocher ce chiffre du chiffre de 16,9 que j'avais indiqué antérieurement pour les chiens tuberculeux; et cela d'autant plus que Dumont (46) et Raspail (43) ont reçu à quinze jours de distance l'un et l'autre une seconde injection de culture tuberculeuse; or, leurs chiffres en calories sont parmi les plus forts de la série.

Nous pouvons donc dire qu'en moyenne la dépense des calories par décimètre carré pour les chiens tuberculeux varie entre 12,4 [minimum) et 27,5 [maximum), oscillant autour d'une moyenne de 17 calories par décimètre carré.

En appliquant ces données à l'homme, ce que nous pouvons faire, grâce au principe de la proportionnalité à la surface, sachant que pour un homme de 70 kilogrammes (ayant une surface moyenne de 190 décimètres carrés) la quantité absolue de calories est au minimum de 2400 (repos), et au maximum de 3800 calories (travail), nous trouvons, par décimètre carré, un chiffre minimum de 12,5 et un chiffre maximum de 20 calories : ce qui concorde absolument avec les résultats obtenus sur le chien.

En apparence, ce chiffre de 18 calories parait concorder très bien avec le nombre des calories calculées d'après les quantités de carbone brûlé. Mais cette concordance n'est qu'apparente, comme je vais essayer de le montrer.

J'ai prouvé ( Travaux du Laboratoire, 1893, p. 563) que la proportion du CO2 exhalé est, pour un chien, de 27 centigrammes par décimètre carré et par heure; ce qui nous donne par 24 heures 13 cal. 92 pour la combustion de carbone. En supposant que l'oxygène combiné au carbone est la cinquième partie de l'oxygène combiué à l'hydrogène (quotient respiratoire 0,8), cela ferait 3 cal. 46 pour la formation de l'eau; au total 17 cal. 38, chiffre tout à fait voisin de celui qui représente la moyenne des calories dépensées par le chien tuberculeux.

1^2 CHARLES RIGHET.

Toutefois cette assimilation serait bien inexacte; car le chiffre de GO2 de 0,27 (et par conséquent de 17 cal. 38) s'applique à des chiens éveillés et en état de grande activité musculaire; état qui ne peut être comparé à celui d'un chien à la niche pendant 24 heures, qui dort une bonne partie de ce temps et qui a des échanges bien plus faibles.

Il vaut mieux comparer ce chiffre à ceux que j'ai obtenus, par la méthode calorimétrique indirecte, sur des chiens normaux (voir, plus haut, le mémoire de A. Perret, p. 60, et Travaux du Laboratoire , V, 1902, p. 521).

Nous avons eu les chiffres suivants pour les chiens nourris à la viande cuite et pâtée.

Été (IV) Moyenne = 12,1 5

Automne (XII). . . Moyenne = 15,10 Hiver (IV). .... Moyenne = 14,80

Or, chez nos chiens tuberculeux, nous trouvons une moyenne bien différente; c'est-à-dire 18,6. Et encore faut-il remarquer :

1° Que la plupart de ces chiens ont été observés en été (juin, juillet, août 1904);

2° Que le minimum de consommation, sauf le cas de Marseille (11,4), a été de 12,4 pour Bordeaux, c'est-àrdire supérieur à la moyenne de consommation des chiens normaux.

Nous croyons donc avoir le droit de conclure ce fait très important, que À. Perret a bien indiqué plus haut, à savoir que la consommation des chiens t uberculeux, par rapport à celle des chiens normaux, passe de 13,5 à 18,5 (en chiffres ronds), soit s élève de 25 p. 100, à peu près.

Il semble qu'on ait le droit de conclure de là que, dans la tuberculose du chien, la suralimentation est nécessaire.

La conclusion générale de ces premières considérations est qu'il faudra donner à un chien tuberculeux {à tuberculose de modérée toxicité), pour le maintenir en bon état de santé, au moins 18 calories par décimètre carré.

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