XII
Moyenne. 0,0995 12,55 10,82 1,72
CHARLES RICHET
En comparant ces chiffres à ceux du patient cTAtwater, nous voyons : 1° que les calories ingérées ont été en moyenne sensiblement égales : 12,55 pour 42,70; 2° que les calories dépensées ont été un peu moindres : 40,82 pour 41,98.
Il est donc permis de supposer que c'est au régime de la viande crue qu'est due cette moindre dépense en calories, se traduisant par la fixation sur l'organisme des calories ingérées. Les expériences faites sur les chiens tuberculeux, et mentionnées dans notre précédent mémoire (p. 458-487) nous autorisent à cette conclusion, très importante.
Sur ce point, les observations faites sur l'homme corroborent absolument les expériences sur la tuberculose du chien.
Le minimum de calories dépensées peut, avec ce régime spécial, descendre à un niveau très bas, comme sur le malade IX, soumis à un régime alimentaire peu abondant (40 cal. 5 par décimètre carré; 73 grammes de matières albuminoïdes).
Il est aussi très intéressant de comparer les améliorations de ces divers malades suivant l'état de leur tuberculose plus ou moins avancée.
A. Malades du troisième degré.
Calories Calories Calories de Calories de ingérées. dépensées. dénutrition. fixation.
Moyenne. 8,5 8,5 » »
B. Malades du deuxième degré.
Moyenne. 14 12,8 » 1,2
G. Malades du premier degré.
Calories
Calories
Calories de
Calories de
ingérées.
dépensées.
dénutrition.
fixation.
Moyenne
On voit par là que, comme il était facile de le prévoir, c'est surtout chez les malades du 1er degré que l'amélioration est éclatante par le fait du régime de la viande crue.
S'il est vrai, comme nous l'avons pensé dès le début de nos recherches sur ce point, que la viande crue agit sur l'élément infectieux de la tuberculose, on comprend que, lorsque il y a ramollissement pulmonaire et cavernes avec toute une flore microbienne infectieuse , le régime de la viande crue n'exerce que peu d'action. De sorte que c'est surtout dans la tuberculose du début que la viande crue agit efficacement. Le malade IX a cependant augmenté de 7 kilogrammes en 40 jours; de sorte qu'il ne dépensait que 7 cal. par décimètre carré et par jour. Pour se rendre compte de la faiblesse de ce chiffre, répondant à 1 066 calories pour un homme de 50 kilogrammes : c'est comme s'il avait eu pour toute alimentation 335 grammes de pain.
La moyenne de 10 cal. 82 pour les 12 malades est même un peu plus forte qu'elle ne devrait l'être, si nous éliminions les deux chiffres un peu aberrants de 14,9 (obs. I) et 15,1 (obs. IV). Alors cette moyenne ne serait plus que de 9,9; c'est-à-dire les 5/6 seulement des calories dépensées par le patient d'ATWATER à l'état de repos. A vrai dire, le repos pour un malade qui est à l'hôpital, et qui garde le lit, est bien plus complet que pour un individu bien portant, qui, tout en ne faisant pas de travail musculaire énergique, va et vient, et conserve, quoi qu'il fasse, toute son activité.
Il n'est guère possible d'établir un rapport entre la quantité d'azote ingéré et la quantité de calories fixées ou dépensées.
CHARLES RICHET
Les malades ont été sériés dans le tableau ci-dessus (p. 201) d'après la quantité d'azote ingéré; et on peut voir tout de suite que la quantité des calories fixées n'est guère en rapport avec la quantité de l'azote ingéré. Le malade qui a fixé le plus de calories n'ingérait que 0,077 d'azote; les deux malades qui n'ont pas augmenté de poids ingéraient 0,097 et 0,072 d'azote.
En les sériant d'après la quantité de viande crue ingérée, nous pouvons dresser le tableau suivant (en éliminant les malades VI et X, du troisième degré) :
Poids Calories Calories
Observations. de viande crue. de fixation. de consommation
II 294 2,7 10,o