‹ Physiologie [electronic resource]Chapitre 140 sur 202 · Ch. Richet, Bull, de la Soc. de biol., 1883, p · texte numérisé non relu

Ch. Richet, Bull, de la Soc. de biol., 1883, p

1 Tout autre est le mode d'action de l'antipyrine et du lactate de quinine. On n'observe pas, avec ces substances, de phénomènes d'inhibition, et la sensibilité est conservée jusqu'à la mort. Ainsi, par exemple, si Ion injecte à une grenouille 0"'',50 d'antipyrine et qu'on la place à 32°, 5, on voit I d'abord une période d'hyperesthésie, dans laquelle les mouvements réflexes sont très vifs, et qui dure environ 3 ou 4 minutes. Au bout de ce temps la grenouille paraît fatiguée, elle se laisse renverser sur le dos, sans essayer de se relever; elle réagit faiblement si on la pince. Gela dure 20 minutes environ; alors les pattes deviennent rigides, elle ne peut faire aucun mouvement. Cependant, si on la pince, on voit les muscles abdominaux se contracter, ce qui montre bien que la sensibilité est conservée. Lorsque Fanimal doit survivre, on n'observe que la première période; la période d'excitation.

Avec le lactate de quinine les effets produits sont à peu ( près les mêmes : légère excitation, au début, puis affaissement, et enfin raideur des membres. Lorsque l'injection a été pratiquée dans les muscles de la cuisse, on observe dès le début une immobilité complète de la cuisse; puis, au fur et à mesure que l'intoxication progresse, le membre antérieur du côté où a été faite l'injection devient roide, puis la contracture gagne le côté opposé.

L'alcool et le chloroforme produisent au début une légère excitation, à la suite de laquelle survient une anesthésie plus ou moins complète, suivant le degré d'intoxication. Mais cette perte de la sensibilité n'annonce pas, comme avec le bromure de potassium et le chlorure de lithium, une mort imminente.

Ainsi donc ces substances agissent d'une façon différente, et cependant les actions toxiques des unes et des autres sont rendues plus rapides par la chaleur et ralenties par le froid. I Dans le tableau ci-joint, résumé de nos expériences, on peut voir que la chaleur exerce une influence des plus manij festes sur la durée des réactions toxiques qui sont d'autant plus rapides que la température est plus élevée. C'est un phé-

SATNT-HILAIRE.

uomène constant, et nous n'avons pas eu un seul fait contradictoire. Toujours la mort survient plus vite à 32° qu'à 28" et à 18° qu'à 4"". Certaines doses limites peuvent amener la mort à 32°, et ne produire aucun effet toxique à 18° ou à 4°; ou bien encore tuer l'animal à 32° et à 18° et le laisser vivre à 4°. Dans ces cas les grenouilles ont eu le temps d'éliminer le poison avant que les réactions toxiques soient produites. Di- j liiif sons en passant que l'opinion de Cl. Bernard que les gre- ! -f nouilles, à 0° et un peu au-dessus, sont complètement réfrac- î ' taires aux poisons les plus énergiques, ne peut être admise pour 4° et pour les substances que nous avons employées. Car, i à à cette température, nous avons fait mourir les grenouilles 1 toutes les fois que la dose injectée n'a pu être éliminée avant ; % le temps nécessaire aux combinaisons. Il est cependant logique i p de penser qu'elle doit être admise pour certains poisons I même très violents, mais dont l'élimination serait rapide.

On peut voir en outre dans ce tableau que, à 32°, 2 grammes 1 de bromure de potassium^ 2 grammes d'antipyrine, 6 grammes it de lactate de quinine, ne produisent pas la mort plus rapide- % ment que l^^SO, 1 gramme de bromure de potassium; 1 gramme d'antipyrine; 4 grammes de lactate de quinine, à la même température. De plus pour le BrK, lorsque la mort doit [ survenir; à 32°, elle arrive à peu près constamment dans les lit vingt premières minutes; à 18% entre vingt et quarante minutes; à 4°, jamais avant une heure et demie ou deux heures, i quelle que soit la dose injectée ^ Un seul fait semble con- i tradictoire. Dans un cas, oO centigrammes de BrK(Exp. YI)à i 34°, 6 n'ont amené la mort qu'au bout de 35 minutes. Mais il faut remarquer que c'est une dose très faible, qui a laissé survivre les grenouilles à 14°, \ 8°, 30°, et, de plus, que cette température n'a été maintenue que IS minutes. Au bout de ce

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