Annuaire de thérapeutique de Bouchardat, 18S9, p
dans quelles proportions le titre des solutions pourra être abaissé.
Conclusions.
On sait, depuis les découvertes de Cl. Bernard sur l'empoisonnement par l'oxyde de carbone, que les poisons portent leur action sur certains éléments anatomiques, et forment, avec les substances chimiques constituantes de ces éléments, des combinaisons qui abolissent leur fonction.
Ces combinaisons, ainsi qu'on pouvait le prévoir, se font suivant les lois de la chimie.
L'expérience directe a démontré d'ailleurs que, pour des substances qui portent leur action sur les mêmes éléments anatomiques, les doses mortelles sont proportionnelles non aux poids absolus, mais aux poids moléculaires ^ Nous avons essayé de pousser un peu plus loin l'étude de ce phénomène, combinaison chimique des tissus avec les poisons.
Des expériences que nous avons faites nous pouvons conclure que :
l*" Toute élévation de la température organique a pour effet d'accélérer les réactions toxiques ;
A partir du moment oit la dose de poison est suffisante, le temps nécessaire à la réaction toxique dépend de la température beaucoup plus que de la dose de poison employée. Ce temps est d'autant plus long que la température est plus basse, quelle que soit la dose;
T Pour les poisons qui s éliminent rapidement, tout abaissement de la température organique a pour effet d'élever la dose mortelle, probablement en augmentant le temps nécessaire à la
1. On. RiCHET. Aciiûu phjsiol. des sels alcalins ». Archives de physioL, 18S6. p. lOS.
SAINT-HILAIRE
réaction toxique et en permettant ainsi l'élimination dune partie du poison.
Ces faits s'observent avec une évidence complète chez les grenouilles, animaux à sang froid, et chez les microbes de la putréfaction de l'urine, auxquels on peut, à volonté, faire subir des variations thermiques étendues.
Ils s'observent aussi chez les animaux à sang chaud dont la température normale est constante ; mais ici les difficultés expérimentales sont plus grandes et les résultats moins tranchés, quoique non moins positifs.
k"" Ily a donc lieu de tenir compte^ en thérapeutique, de la température de V organisme dans l'emploi des médicaments.