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Travaux du laboratoire de Liège ,1888, t. I, p

COMBUSTIONS RESPIRATOIRES CHEZ LES OISEAUX. o79

Ce chiffre concorde tout à fait avec celui que j'ai trouvé pour des pigeons de poids sensiblement égal (3^'', 360). On ne peut guère espérer de cliiffres plus voisins par des méthodes si différentes. Alors la moyenne générale donne pour les pigeons de 318 grammes une production de 3^%!298 de CO^

Sur des tourterelles et des crécerelles de 168 grammes (moyenne de onze expériences), Letellter a trouvé 4e''. 543.

Ce chiffre concorde absolument avec le chiffre obtenu par BoussiNGAULT dans onze expériences faites sur 3 tourterelles de 167 grammes ; chiffre qui est de 4s'-,o91.

La moyenne de ces vingt-deux expériences est de 4^%577.

Dans dix-neuf expériences faites sur des petits oiseaux pesant 21^'", 5 en moyenne, avec un maximum de 50 grammes et un minimum de 15,5, Leïellieu a trouvé 13e'',164.

Ce chifïre concorde avec celui de mes trois expériences faites sur des chardonnerets pesant 20^"", 2 ën moyenne et produisant 12e%582 de COI

En faisant la moyenne de ces deux séries d'expériences, nous avons \ pour des oiseaux de 21s%3, 13'^'",085.

Ajoutons à ces chiffres cinq expériences de Regnault et Reiset portant sur verdiers et moineaux, pesant SS^^^Ô (moyenne) et ayant produit lle^869 de CO'.

Le total sera pour des oiseaux pesant 21^'", 8 une production de CO" égale à 128%860.

1. Pour faire une moyenne équitable, il ne suffit pas do totaliser les chiffres des divers observateurs, il faut tenir compte du nombre des exjDériences. Ainsi le chifîi'c de Letellier aura un coefficient de 19, tandis que mon chiffre n'aura qu'un coefficient de 3; celui de Regnault et Reiset un coefficient de 5. Assurément c'est une méthode qui paraît simple et juste. Elle a pourtant quelques inconvénients, sur lesquels, brevitatis causa, je ne puis insister.

580 CHARLES RIGHET.

L'ensemble sera représenté par le tableau suivant :

NOMBRE d'expérie>;ces.

ESPÈCES

POIDS

PAR KILOGRAMME

et pax- heure.

kilog.

grammes.

Tourterelles, crécerelles. . .

Moineaux , verdiers , serins ,

§ III. — Des écarts de la moijenne.

Quelles que soient les précautions prises pour avoir des chiffres concordants, on constate toujours des écarts considérables entre les chiffres.

J'ai cité antérieurement, à propos des mensurations de CO^ faites sur des chiens (normaux), les chiffres extrêmes de 06%400 (Senator) et 5^^830 (Bauer et Beck).

Avec les oiseaux, il y a aussi des différences notables, parfois sur le même animal. Ainsi la même oie m'a donné une fois ls%627, et une autre fois 0-'",60i, soit un rapport de 1 à 3. Les mêmes poules m'ont donné une fois 2^^,372, et une autre fois 1^'',232, soit un rapport de 1 à 2. Les canards ont donné une fois S^', 791 et une autre fois 1^'',308, soit un rapport de 1 à 2. Pour les pigeons, l'écart maximum a été de 4^'', 377 à Is^GBl, soit un rapport de 1 à 2,5.

Ces mêmes écarts se retrouvent dans les chiffres des autres observateurs, et même parfois ils sont plus accentués. Ainsi, dans les expériences de MM. Corin et Van Beneden, je note un maximum de 6^'',032 et un minimum de 1^'",702, soit un rapport de 1 à 3,5. Dans les expériences de Regnault et Reiset, le maximum a été de 2^', 269 et le minimum de l^'', 122, soit un rapport de i à 2.

Dans les expériences de Letellier et de Boussingault les écarts sont moindres.

Pour les expériences sur des petits oiseaux, pesant de quinze à vingt-cinq grammes, le maximum a été de 17s',419 et le minimum de 10^', 999. Pour des tourterelles et crécerelles de 168 grammes, le maximum a été de 4^%974, et le minimum de S^^S^S.

Ces écarts ne sont certes pas attribuables aux méthodes, mais seulement aux diiïérences dans l'état de l'animal, alimentation variée, repos ou agitation, température extérieure, toutes causes qui modifient énormément les conditions respiratoires.

§ IV. — Rapport des combustions respiratoires avec la surface

dit corps.

Les procédés employés pour mesurer directement la surface du corps des animaux sont évidemment très imparfaits. Je cherche en ce moment à en trouver un qui soit d'un emploi facile.

Provisoirement je me contenterai d'adopter une formule théorique simple : c'est la racine cubique du carré du volume. Soit P le poids de Tanimal, son volume pourra être évalué par son poids.

En supposant la densité moyenne du corps très léger des oiseaux (munis de sacs aériens et de poches pneumatiques) égale à 0,8, on aura pour la surface :

K VP^xO.8.

K est une constante, variable sans doute avec chaque animal, non déterminée pour l'oiseau, mais qui, d'après MM. Mech et RiiBNER, oscillant chez les mammifères entre 11 et 13, sera, assez arbitrairement, évaluée ici à 12 pour l'oiseau.

CHARLES RIGHET.

Cela étant posé, les surfaces des oiseaux pesant 5^'^, 100, 2^^850, etc., seront :

Poids des oiseaux.

kilog.

Si alors nous calculons la quantilé de CO^ fixée par les animaux divers observés ici, en la rapportant à un centimètre carré de surface, nous trouvons sinon une parfaite identité, au moins une grande ressemblance dans les chilTrcs.

ce- joar unité

Poids de surface,

des oiseaux. CO - par kilogr. 1000 cent, carrés.

kilog. grammes. grammes.

En rapportant la production de CO- aux surfaces, entre les oiseaux de tailles différentes, les divergences sont dans la proportion de 1 à 3, tandis que, si l'on rapporte le CO" produit aux poids, les divergences sont de l à 18.

Il est à remarquer que les petits oiseaux mis dans Fapparoil sont dans un état d'agitation perpétuelle, voltigeant de place en place, tandis que les gros oiseaux sont à peu près immobiles. C'est là une différence essentielle. On ne peut guère comparer un oiseau comme un pigeon, qui ne bouge pas, à un chardonneret, qui ne cesse pas de s'agiter. En laissant donc de côté les chiffres relatifs aux petits oiseaux, on voit que la moyenne du CO^ par 1,000 centimètres

Surlacc totale en cent, carrés.

carrés de surface est voisine de 1^',30, avec un écart de 1 à2.

Il est intéressant de comparer ce chiffre à celui qu'ont donné les chiens, qui est de S^' JO pour la môme surface, par conséquent bien plus élevé. Mais les chiens ont un pelage très imparfait qui les protège contre la radiation extérieure beaucoup moins que Texcellent plumage des oiseaux, le plus parfait assurément de tous les téguments, comme protecteur contre le froid.

A la vérité, ces chiffres sont quelque peu factices, caria mesure de la surface par une formule applicable à tous les animaux est singulièrement défectueuse, de sorte qu'il faudrait avoir la formule spéciale aux oies, canards, poules, pigeons, pour conclure en toute rigueur. On peut regarder comme certain qu'à poids égal, une oie, un canard, un poulet et une cigogne n'ont pas la mémo surface.

Mais, malgré cette grave lacune, il n'en est pas moins prouvé, ou tout au moins rendu très vraisemblable, que les quantités de CO^ produites sont proportionnelles non au jjoids du corps, mais à rétendue de la surface técjmnentaire.

Cette loi, démontrée précédemment pour les chiens de tailles différentes, paraît vraie aussi pour les oiseaux de tailles et d'espèces différentes.

§ Y. — Conclusions relatives au travail musculaire de F oiseau

dans le vol.

La connaissance exacte des combustions respiratoires de l'oiseau n'est pas seulement intéressante pour la physiologie générale et la physiologie conjparée; elle comporte une application immédiate à l'étude du vol de l'oiseau.

Il est d'abord certain que l'oiseau — et tout ce que nous allons dire de l'oiseau s'appliquera au pigeon de 320 grammes — peut voler pendant plusieurs heures sans se fatiguer. Un pigeon peut fournir une course de deux heures, à raison de

80 kilomètres par heure, sans se reposer. Par conséquent Felfort qu'il fait est médiocre, et les contractions musculaires qu'il fournit ne Fépuisent pas.

Supposons toutefois qu'il s'agisse d'un travail musculaire énergique, et comparons ]a production de CO' dans le cas de repos et dans le cas de mouvement.

Nous venons de voir que, dans le repos, cette production est, pour un pigeon, de 320 grammes, égale à 3^'",298 par kilogramme, ou en chiffres ronds à 3*'''",300.

Voyons la production de GO^ pendant le mouvement.

Des expériences que j'ai faites avec M, Hanriot sur le chien ' nous ont appris que, par le fait d'un travail musculaire intense, la production de CO^ croissait de 1 à 4. C'est le cas du tétanos électrique, oii tous les muscles du chien sont violemment excités. Cet accroissement de 1 à 4 a été retrouvé très rigoureusement par M. Grandis ^ qui, faisant travailler des chiens dans une roue, mesurait leurs échanges respiratoires pendant ce dur travail. Il a trouvé, par kilogramme et par heure, 0^'',883 de CO' pendant le repos, et 3s'',3o0 pendant l'activité musculaire ; soit la proportion de 1 pendant le repos et 4 par le travail musculaire ^

Or, chez les chiens qui travaillent ainsi, il y a certainement un travail musculaire bien plus énergique que dans le cas du vol de l'oiseau, qui, presque sans se fatiguer, peut parcourir de longues distances pendant plusieurs heures. Nous aurons donc, en quadruplant le chiffre du repos, un chiffre maximum pour représenter la production de GO^ pendant le vol. Ge

1 . Comptes i^endus'de la Soc. de BioL, 28 janvier 1888, p. 73.

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