Marey, Physiologie de la circulation, 1863, p
3. Senator, Untersuchungen uber den fieberhaften] Process und seine Behand/ung. Berlin, 1873.
modifiant : il y aurait, d'après lui, une faible augmentation dans la production de calorique, mais l'élévation thermique serait due à des diminutions périodiques dans la perte de chaleur.
Cette théorie de la fièvre par rétention de chaleur a contre elle presque toutes les observations faites à l'aide de méthodes diverses sur les fébricitants, — les modifications dans la production du calorique étant étudiées par le dosage des produits des oxydations génératrices de la chaleur (acide carbonique et urée) et les variations dans la déperdition par la méthode calorimétrique.
Le dosage de l'urée, résidu ultime de l'oxydation des albuminoïdes, a été entrepris par un certain nombre d'expérimentateurs \ Leyden, Ulrich, Rosenstein, Fouilloux, etc.
Les variations dans l'excrétion de l'azote ont une faible importance, puisque l'urée et les produits analogues n'indiquent que le dixième environ des oxydations totales. Les chiffres obtenus sont du reste contradictoires, et les divergences s'expliquent en ce que l'on peut admettre que l'urée produite ne s'élimine pas aussitôt, ou bien que l'oxydation des matières albuminoïdes n'atteint pas immédiatement son maximum, et qu'il existe des produits d'oxydations intermédiaires qui ne se transforment que plus tard en urée.
Pour étudier comparativement les quantités d'urée émises par l'homme sain et le fébricitant,il est nécessaire de se placer dans des conditions identiques de régime ; l'urée, en effet, étant un produit de la combustion des matières albuminoïdes, il suffit chez l'homme sain de modifier son alimentation pour amener des variations du simple au double dans l'excrétion de l'urée.
En comparant les chiffres d'urée excrétée par un homme sain observant une diète rigoureuse et un fiévreux, on trouve généralement une augmentation parfois considérable pour ce dernier ^
1. Récapitulation des travaux antérieurs à 1870, dans la thèse de Hirtz : Essai sur la fièvre, Strasbourg, 1870.
2. Malgré les nombreux travaux entrepris sur ce sujet, nous avons repris.
I Tandis que l'homme sain élimine 0,50 en vingt-quatre heures par kilogramme, Hirtz trouve que le féhricitant élimine 1,10, 1,50, 1,80 ^
Les variations dans l'absorption de l'oxygène et dans , l'excrétion de l'acide carbonique ont donné lieu à de nomj breux travaux. Parmi les plus importants on peut citer ceux
de LiEBERMEISTER, ReGNARD , GoLASANTI, SenATOR, AYeRTHEIM, BUTTE^
LiEBERMEISTER, daus SCS obscrvatious sur un malade atteint de fièvre intermittente, a trouvé que le contenu proportionnel d'acide carbonique dans Tair est diminué.
Cette diminution de 10 p. 100 environ est due à la plus grande fréquence des mouvements respiratoires; ]a quantité absolue pour une période donnée est au contraire augmentée de 20 à 30 p. 100.
Nous citons une de ses observations sur un homme de 62 kilogrammes atteint de fièvre tierce. Les chiffres indiquent Facide carbonique en grammes.
M. Ch. Richet et moi, cette étude des variations de Turée d'après les modifications apportées dans le régime alimentaire. Ces recherches ont été poursuivies pendant deux mois sur un nommé S..., sur lequel MM. Ch. Richet et Hanriot étudiaient les variations des échanges respiratoires.
Parmi les causes diverses agissant sur l'excrétion de l'urée, une des plus puissantes est la quantité de boisson ingérée. C'est ainsi que S..., soumis à un jeûne absolu d'aliments et de liquides, excrète en 24 heures 6 grammes d'urée, soit Oer^i par kilogramme, chiffre inférieur à ceux qu'ont donnés les auteurs. Mais le lendemain il absorbe 2 100 grammes d'eau et rend 32 grammes d'urée, soit 15 grammes d'azote, tandis que les aliments pris dans les 24 heures ne représentent que 12 grammes d'azote. Il s'est donc produit, sous l'influence du jeûne des boissons, une rétention passagère d'urée dans l'organisme, suivie d'une véritable débâcle d'urée à la suite de l'absorption d'une quantité considérable de liquide.
Dans les expériences comparatives entre l'homme sain à jeun et le fébricitant, il faut tenir compte de ce fait que le malade boit beaucoup.